‹ Des Secours A Domicile: Dans ParisChapitre 5 sur 30 · moyenne générale, 80 fr · texte numérisé non relu

moyenne générale, 80 fr

Soit pour 100 indigents (2) :

(3.925 indigents), 8,90 0/0 ont touché 0,65 par jour

(7.875 indigents), 7,50 0/0 — 0,32 — (2.553 indigents), 5,80 0/0 — 0,26 — (30.000 indigents), 67,50 0/0 — 0,43 —

De plus chaque indigent inscrit a touché une allocation de 2 francs le jour de la fête nationale.

Ces secours mensuels sont uniquement accordés aux indigents inscrits sur la liste annuelle dont nous verrons plus tard l'établissement.

20 Secours représentatif de séjour à l'hospice. — Nous n’insistons pas davantage sur cette première catégorie de secours permanents, et nous passons à la seconde plus intéressante à étudier : le secours représentatif de séjour à l'hospice pour les vieillards et les infirmes. Ce secours est prévu par l’article 29 du décret de 1895. C’est la question même des secours!à domicile pour toute cette partie malheureusement trop nombreuse de la population indigente.

On conçoit deux moyens de venir en aide aux vieillards et aux infirmes: l’un l’Aospitalisation, l'autre l'assistance à domicile, c’est-à-dire l'allocation d’une pension qui permette au vieillard de rester chez lui, c’est le secours représentatif de séjour à l’hospice.

(1) Compte financier de l'administration de l’Assistance publique pour l'exercice 1897.

(2) Rapport sur les budgets et comptes de 1897, adressé au conseil de surveillance de l'Assistance publique.

Si nous suivions avec une rigoureuse exactitude le plan que nous avons adopté, nous devrions laisser de côté l'hospitalisation des vieillards et des infirmes puisque nous ne parlons que des secours à domicile. Mais nous pensons que les deux modes d’assistance étant employés, il nous est nécessaire, pour apprécier sainement et en toute connaissance de cause les secours représentatifs de séjour à l’hospice, d'indiquer en même temps les règles qui président à l’hospitalisation, pour être fixés sur son importance ou sa valeur en face de l’assistance à domicile proprement dite.

Avant de constater la situation présente, il est nécessaire de dire quelques mots du passé. Historiquement, c’est l’hospitalisation qui se présente la première. Elle est certainement fort ancienne, mais nous n’avons guère de documents précis sur la question qu’à la fin du siècle dernier. En 1788 Tenon nous apprend que sur Les 14.000 lits hospitaliers qui existaient alors à Paris, 6.000 étaient réservés aux vieillards, ce qui faisait 1 lit pour 87 habitants. la population de Paris étant à cette époque d'environ 520.000 habitants. En 1817, l’hospitalisation est encore le seul mode de secours que l'on emploie, mais dès ce moment le nombre de lits destinés aux vieillards devient insuffisant, la population augmentant sans cesse et Île nombre des lits restant à peu près le même. Au lieu de 6.000 lits, il y en a 6.750, et la proportion n’est plus que d’un lit pour 106 habitants (1). En 1850. la direction de l'Assistance publique, frappée de l'insuffisance de l'hospitalisation, inaugure timidement un nouveau mode de secours, dit secours d'hospice, pour les vieillards qui ne

(1) A cette époque la population de Paris était de 713.166 habitants.

42 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Il

peuvent trouver place dans les hospices : 800 secours de 271 francs sont accordés, et peu à peu à côté de l’hospitalisation, ce mode de secours prend une place considérable. En 1878 ce secours d’hospice est définitivement transformé en pension représentative de séjour à l’hospice et porté à 1 franc par jour, enfin le décret de 1886 consacre définitivement l'institution. Sous ce régime on créa deux classes de pension, l’une de 360 francs, l’autre de 180 francs par an. La répartition des secours représentatifs était faite entre les arrondissements d'après différents éléments fort compliqués. L'une des conséquences les plus graves de ce système était qu’un vieillard d’un arrondissement pouvait être admis au secours avant tel vieillard, appartenant à un autre arrondissementet infiniment plus malheureux, mais, où il n’y avait plus de crédits disponibles : il suffisait qu'une vacance se fût produite parmi les titulaires des secours attribués à la circonscription. La nécessité d’une réforme s’imposait; ce fut l'œuvre du décret de 1895. Son article 29 décide que les secours représentatifs de séjour à l’hospice seront accordés sur les fonds généraux du budget de l’Assistance publique, sans distinction d'arrondissement entre les vieillards et les infirmes. Désormais tous les vieillards et infirmes de Paris viennent en concurrence pour l’ensemble des secours vacants et le choix est fait en tenant compte des situations les plus malheureuses. Ces secours sont accordés par le directeur de l’Assistance publique, sur la proposition des bureaux de bienfaisance, après avis de la commission de placement dans les hospices ct suivant les règles d'admission dans ces établissements (1). Le dixième des secours repré-

(1) Art. 29,8 2, D. de 1895.

sentatifs peut cependant être accordé par le directeur sans présentation des bureaux. Nous verrons plus tard les formalités et la procédure, bornons-nous en ce moment à constater qu'actuellement, les vieillardsindigents de 70 ans révolus, et les individus d'au moins 20 ans atteints d'infirmités incurables, aux termes d’un arrêté directorial du 17 août 1860 encore en vigueur sur ce point, sont seuls hospitalisés ou reçoivent des secours de séjour représentatif à l’hospice. Ces secours peuvent du reste toujours être supprimés : si la situation du tilulaire vient à s'améliorer, il est naturel que sa pension lui soit retirée pour être attribuée à un vieillard où à un infirme plus malheureux.

Examinons maintenant quelle est la quotité des secours représentatifs actuellement distribués.

Le chiffre des vieillards qui touchent la pension représentative est budgétairement de 4.088, il s'élève en réalité aujourd'hui à 4.277, par suite de la nouvelle mesure prise par le directeur, d'inscrire les octogénaires expectants depuis un temps plus ou moins long, parmi les pensionnés. Le tableau ci-après va indiquer la situation des pensions représentatives en 1898 (1):

Sur la présentation des bureaux de

bienfaisance (crédit de 874.800 fr.) . . 2588 pensions Sur la disposition du directeur (crédit

TON INR Re Sur la subvention municipale spéciale

CR O0 DOTE nn AIT = Crédit total de 1.492.000 francs. —

Chiffre totalides pensions" " *% * 4277 ——

(1) Mémoire adressé au conseil de surveillance, sur l'assistance des vieillards de plus de 70 ans, par le Dr Napias, directeur de l’Assistance pu-

blique, p.31.

Sur ces 4.277 titulaires de pensions: 3.082 pensionnaires sont âgés de plus de 70 ans, 1.195 sont au-dessous de cet âge.

Les pensions de secours représentatif de séjour à l’hospice sont toutes, depuis 1895, de 360 francs, soit 1 franc par jour.

Mais le chiffre des titulaires des pensions représentatives ne donne pas la liste complète des vieillards assistés à Paris. Un grand nombre de vicillards, âgés de plus de 65 ans, sont inscrits sur la liste des indigents et secourus comme tels. Parmi les inscrits (1) des bureaux de bienfaisance, il y a actuellement 27.185 vieillards des deux sexes, qui ont plus de 65 ans et qui reçoivent une allocation mensuelle variant de 3 à 20 francs.

Voici le nombre et l’âge des vieillards de plus de 65 ans et titulaires de cartes mensuelles (2) :

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