INTRODUCTION
L'histoire nous démontre qu'on trouvait chez les peuples anciens, chez les Grecs, dans la Rome antique, un régime plus ou moins parfait, plus ou moins coordonné d'assistance publique. De cette constatation de fait une conséquence de droit résulte : c’est que, dans notre civilisation moderne, où la lutte pour la vie s'aggrave avec le progrès, un organisme semblable à fortiori doit exister fortement constitué, minutieusement réglé. Au mal inévitable il faut opposer le remède nécessaire ; aux vaincus de la concurrence, distribuer les secours de la société. Cependant d’aucuns ont nié l'utilité de l’assistance, et l’on a soutenu, que la charité privée suffisait à elle seule, qu'il était superflu de la doubler d’une bienfaisance légale. Certes, je ne prétends pas discuter la charité. Loin de moi la pensée d’en contester les nobles aspirations et les sublimes bienfaits, et je proclame hautement la beauté de l'effort, comme la grandeur du résultat. Mais l’individualisme, ici comme ailleurs, a bien ses défauts : « La charité privée est nécessairement limitée dans ses ressources. Elle est sujette à s’égarer. Elle admet trop comme principe la bienfaisance pour elle-même, sans tenir compte de ses conséquences
sociales(1). » Tandis que théoriquement lPassistance ob-