Grande Encyclopédie, V9 Bienfaisance
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tiendra facilement les recettes indispensables, notamment au moyen de l'impôt, distribuera entre les intéressés les secours nécessaires, n’en oubliera aucun, ne comblera personne. La faveur en sera exclue, le droit et la justice présideront seuls à la répartition. Enfin, n'y a-t-il pas une part de vrai dans le mot de Victor Hugo, suivant lequel il faut substituer à l’aumône qui dégrade l'assistance qui fortifie ? Tel est le tableau idéal de la bienfaisance publique ; si parfois la réalité ne répond point à la conception, c’est une preuve, non pas que le principe estfaux, mais que l'organisme est défectueux et qu'il faut chercher à le perfectionner.
Et c'est vers ce noble but que se sont tournées les préoccupations des pouvoirs publics et des penseurs, qui cherchent toujoursle bonheur du peuple, et n’ont, ajoutent les sceptiques, jamais trouvé que le leur. De là l’éclosion de ces propositions parlementaires, de ces projets gouvernementaux, de ces travaux instructifs, de ces nombreux volumes consatrés au paupérisme et aux moyens d'y apporter remède. Fouiller ces documents, les analyser, les dépouiller serait une tâche au-dessus de nos forces, nous n’étudierons qu’un des aspects de cette immense question : nous nous contenterons d'examiner la législation des secours à domicile, en insistant quelque peu sur les réformes les plus graves, les plus nécessaires à introduire, et notre travail se divisera en trois parties :