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D) BILAN MEDICAL ET SOCIAL DU TRAUMATISE CRANIEN

L'examen médical d’un ancien traumatisé cranien comprend deux phases :.

a) Porter le diagnostic d’encéphalopathie tr. : Ceci est faisable, avons-nous dit, dans 90 % des

cas au moins, par la collaboration de l’otologiste, de l’ophtalmologiste et du neurologue.

b) Fixer un taux d'incapacité :

Dans la plupart des cas, les renseignements que fournissent ces spécialistes ne donnent qu’une indication partielle du degré d’incapacité du blessé : ce sont en effet, comme nous l’avons vu, les troubles psychiques qui ont souvent la plus $rande part dans les divers facteurs de l’I. P. P.

Aussi deux concours nous semblent-ils indispensables pour que le bilan-du malade soit complet :

— Celui du psychiâtre, qui définira et extériorisera les perturbations apportées par le tr. er. à la personnalité du blessé.

— Celui du psycho-technicien, qui semble qualifé pour donner une idée du degré d’incapacité professionnelle, faire ressortir la gravité de telle. ou telle séquelle pour l’exercice de telle profession, aiguiller vers telle ou telle activité le blessé obligé de renoncer à son métier. (Rf. 4.)

Un de nos malades, adressé par le professeur PLANQUES au « Centre de Sélection Psycho-techniqe de Toulouse », a pu ainsi bénéficier des méthodes simples et précises qui permettent aujourd'hui de faire le bilan de la capacité de travail d’un sujet. s

Nous avons été frappés, dans les conclusions de cet examen, qui est fait par des ingénieurs spécialisés, de retrouver les termes mêmes que nous employons pour décrire le Parkinsonisme mental :

« L’efficience intellectuelle n’est pas constante et présente des trous périodiques à fréquence rapprochée. »

« La coordination neuro-musculaire est instable, on note des pertes périodiques du contrôle des mouvements. La main gauche, en particulier, ne peut assurer l’exécution continue d’un mouvement volontaire. »

« Sujet très fatigable, à réactivité très lente et très instable. »

« Déficience de l’attention dans ses deux formes, concentrée et diffusée. »

« Grande fatigue conditionnant presque une impossibilité lors d’une concentration sur une tâche. »

« Sujet instable avec perte périodique du contrôle volontaire et du contrôle profond. »

Suivent des Observations générales : « Sujet un peu fruste, docile et discipliné, sensible aux enseignements concrets, capable de retenir et d’appliquer des consignes simples. » Et un « Avis d’utilisation professionnelle » : poste simple, sans grande responsabilité, sans danger pour le sujet et, à fortiori pour des tiers. Exemple : Travaux de culture (jardinier), poste de planton. »

« Le charriot de tour » et la « réglette » (ou kinesthésiomètre) nous paraissent aussi utiles que le campimètre et le fauteuil tournant pour édifier le complexe bilan médical et social du traumatisé cranien,

A. REY (Rf. 16) a mis au point un grand nombre de méthodes qui permettent d’étudier séparément les différentes fonctions psychologiques d’un sujet. Il étudie la « mémoire immédiate » en faisant répéter après lecture une série de 15 mots, de 15 figures, et de 24 positions.

L’ «acquisition » est étudiée à l’aide du « labyrinthe manuel » de Rey, qui sert à fixer une série de 15 mots et une série de 4 positions. La « mémoire de conservation » est explorée en reprenant les mêmes épreuves au bout de quelques jours.

« L’attention » est testée par des épreuves verbales et visuelles : compter à rebour de 50 à 9, remarquer les modifications progressives d’une figure, etc.

Les différents aspects de la « perception » peuvent être mis en évidence par diverses méthodes :

L’aspect intellectuel par la « capacité à structurer des ensembles perceptifs mal définis » (points à relier selon certaines figures $géométriques, par exemple).

L'aspect « rapidité de perception », par la présentation de figures au « tachystoscope ». |

« L’hyperfatigabilité » est testée par des épreuves manuelles (tournevis) ou intellectuelles (positions présentées schématiquement à inverser).

REY recherche toujours le « niveau mental » du malade dont une atteinte pourrait expliquer ces troubles Mais il se révèle indemne chez les traumatisés craniens.

Enfin la prolongation, la finesse des épreuves permet d’objectiver les troubles caractériels : irritabilité, hyperémotivité.

REY décrit un procédé très utile pour dépister

les troubles vestibulaires au cours de l’examen : en commandant au malade de lire un texte inversé appuyé sur son ventre, ce qui oblige à abaisser la tête t le regard, on déclanche la pulsion de côté ou en arrière, allant jusqu’à la chute, avec quelquefois des nausées.

Ces divers moyens constituent une véritable étude expérimentale des fonctions psychiques et caractérielles et doivent faire partie de l’examen systématique d’un traumatisé cranien.

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