SECTION II
SOCIÉTÉS NORMALES ENTRE ANIMAUX DE MÊME ESPÈCE InfiiaoirMi, ZoophytM. Tnniolers, Vers.
Sociétés nonnales , leur définition. Il y en a de troU sortes. De celles qui ont pour but raccomplissement en commun de la fonction de nutrition; leur caractère. — Question préalable: où commence le domaine de la sociologie? limites qui la séparent de la biologie. — § l«r. Sociétés de nutrition sans communications Tasculaires; les Infusoires; nature et cause de ces groupements. — § !2. Sociétés de nutrition présentant une communication vasculaire. A^ les Polypes;
* B, les Molluscoldes ; G, les Vers. Interprétation de ces diverses structures au point de vue sociologique. — De la Zygose et de la coucrescence ; passage aux sociétés de reproduction.
Nous appelons normales des sociétés telles que leurs membres ne peuvent, à la rigueur, exister sans l'aide les uns des autres. Le concours est ici réciproque à ce point que les êtres conspirants développent à vrai dire une seule vie à plusieurs. L'hôte du parasite se passerait de son importun visiteur ; et le parasite vivrait sans son hôte, puisqu'il en change.. Les commensaux peuvent sans inconvénient grave se séparer, et pourvu que la transition soit ménagée, la mutualité serait
rompue sans entraîner la perte^ des contractants. Au contraire, dès que deux êtres de la môme espèce exécutent en commun Tune des fonctions vitales essentielles, ils deviennent indispensables l'un à l'autre. La chair et le sang les unissent. De tels liens sont indissolubles.
J-es fonctions vitales vraiment essentielles à l'existence sont la nutrition et la reproduction. Il semblerait donc que nous ne devons reconnaître que deux sortes de sociétés normales. Mais nous verrons que les fonctions de relation sont le lien d'une troisième sorte de sociétés que noué avons placées, sous le nom de peuplades, au-dessus des sociétés domestiques. C'est que dans la peuplade, en effet, la sécurité est assurée et la vie sauvegardée par l'échange des services mutuels ; c'est que surtout tous les membres de la peuplade sont unis entre eux par les liens du sang, sinon actuellement, du moins dans le passé en tant qu'issus des mêmes ancêtres, et dans l'avenir en tant que membres possibles de sociétés domestiques. Tous ceux de sexe différent peuvent contracter et contractent en effet au sein du groupe des unions conjugales : chez les animaux, il est rare qu'aucune alliance se produise en dehors de la horde ; même dans Thumanité les mariages ont lieu au sein de la même nation en nombre incomparablement plus nombreux qu'au dehors. Et de même qu'une masse d'hommes d'origines diverses ne forme pas un groupe cohérent, organisé, avant que ces éléments disparates soient fondus par les alliances, avant que l'agglomération ait commencé à constituer une race (le Yankee par exemple aux