RÉUNIONS ACCIDENTELLES INVOLONTAIRES
essentielles se trouvent dès lors soumises au développement de Tactivité psychique et la vie de relation prend le pas d'une manière de plus en plus décidée sur les besoins qu'elle a d'abord été appelée à satisfaire. C'est ainsi que nous avons vu la société domestique, bien que reposant toujours sur l'union des sexes et se proposant toujours pour but essentiel l'éducation des jeunes, trouver son unité dans un échange d'idées, d'affections et de services. A mesure que nous nous sommes élevés dans l'échelle des sociétés, à mesure aussi Tactivité physiologique s'est trouvée plus complètement engagée dans la sphère de l'activité psychique, à mesure le consensus organique a été subordonné à la conscience. Celle-ci a eu bientôt l'initiative et la garde des individualités collectives dont la fonction de reproduction était la fin essentielle, et elle a suscité une multitude d'habitudes et de tendances qui ont été enfin cultivées pour elles-mêmes indépendamment de leurs résultats. De ce nombre sont les deux penchants sans lesquels nulle société domestique complète ne serait possible : la sympalhie et le double instinct de domination et de subordination. Il n'est plus besoin, remarquons-le, pour que ces deux sortes de liens unissent différents individus, que ceux-ci difl'èrent physiologiquement et soient pourvus d'organes de reproduction correspondants, mais dissemblables. Entre des individus quelconques delà même espèce, ils peuvent former une société, pourvu qu'il y ait à cela une raison suffisante. Cette raison ne peut être qu'un intérêt, car nul être ne fait rien qui ne lui soit ou ne lui paraisse avantageux, et tous les intérêts se ramènent
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en dernière analyse au développement de la vie physiologique. Mais il n'en est pas moins vrai que dans ce cas d'abord ce ne sera pas pour vivre, mais pour défendre et améliorer la vie, pour la charmer surtout — Iç seul intérêt ressenti dans bien des cas est la satisfaction des besoins sympathiques — que les relations sociales seront entretenues; et qu'ensuite le point de départ du mouvement social ne se trouvera dans aucun organe spécial affecté à Tune ou à Pautre des fonctions biologiques essentielles. Les sociétés ainsi constituées formeront donc, en dépit des transitions nécessaires, un ordre nouveau qui se superposera aux ordres inférieurs, puisqu'il les embrassera en les dépassant. Il aura pour caractères propres de pouvoir se prêter à des combinaisons en quelque sorte indéfinies, puisque aucune particularité organique ne lui imposera une structure déterminée, et d'être susceptible d'accroissements très étendus, puisqu'il aura pour bornes en ce sens non la capacité du corps maternel, mais la faculté de représentation de l'espèce, très larji^ement perfectible. C'est ce nouvel ordre de sociétés, différent des deux autres en ce (lu'il ne suppose entre les membres composants aucune communication des tissus ni des cavités, mais seulement une correspondance des mouvements cérébraux, que nous allons étudier ici.
Mais si tels sont les caractères des plus élevées de ces sociétés, leur apparition est précédée et comme annoncée dans toute la série animale par une multitude de groupements analogues. Nous devons les comprendre dans notye exposition. Nous distinguerons