‹ Des sociétés animalesChapitre 64 sur 75 · RÉUNIONS ACCIDENTELLES INVOLONTAIRES · texte numérisé non relu

RÉUNIONS ACCIDENTELLES INVOLONTAIRES

trois classes de sociétés ethniques ou de peuplades : 1'' Les réunions accidentelles involontaires; 2» les réunions volontaires momentanées; 3° les agrégats volontaires permanents.

Passons rapidement sur les premières. Elles sont dues à deux sortes de causes, soit à l'action simultanée des forces physiques sur des organismes simples, soit aux hasards de la naissance qui réunissent dans un même lieu un nombre considérable d'individus. La mer est fréquemment le théâtre de phénomènes de ce genre. Certains animaux dits pélagiques forment des bandes énormes. Elle n'ont pour raison d'être que la température des différentes couches d'eau qui convient à la fois à tous les individus de cette bande, la direction des courants qui les entraînent tous ensemble, et peutêtre aussi l'abondance en certains endroits d'aliments recherchés par eux. Les membres de telles agglomérations sont le plus souvent les Noctiluques, les Méduses, les Cténophores, les Sagitta, les Crustacés copépodes, les Mysis, les Mollusques ptéropodes, les Polycistines. Les tout jeunes poissons peuplent- les eaux de la mer par myriades et paraissent réunis par les mêmes causes. Les Actinies et plusieurs mollusques, parmi lesquels les plus connus sont les moules et les huîtres, vivent en bancs pressés les uns contre les autres. Le mode de reproduction de ces espèces explique une telle disposition. C'est encore à la naissance ici successive, là simultanée en un même lieu, qu'il faut attribuer les agglomérations des pucerons, des cochenilles, les paquets de chenilles du paon de jour sur nos orties, du bombyx sur nos arbres, les nuées

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rhiver en commun. Au printemps, toutes ces larves plus grandes et plus voraces ne sauraient trouver sur le même point une nourriture suffisante ; elles se séparent alors et chacune, se creusant une galerie particulière, remonte vers la surface du sol jusqu'à la région des racines » (M. de Quatrefages, Métamorph,, etc., p. 81). Nous trouvons donc dans ces agglomérations à l'origine fortuites quelque chose de volontaire et comme une conspiration intentionnelle. On a cherché des raisons métaphysiques à l'ordre géométrique observé par quelques-unes d'entre elles. La plupart du temps, cette régularité n'a pas d'autre cause que Tabsence de motifs qui pourraient justifier une disposition différente. La régularité des loges chez les abeilles est due, comme Buffon l'a bien vu, à cette même condition et, à ce titre, mérite beaucoup moins notre admiration que la liberté de plan que montrent dans leurs constructions d'autres hyménoptères comme les fourmis. Nous n'analyserons que deux exemples de ce fait. Au bord de la Manche, on trouve fréquemment des Patelles (Lépas) sur lesquels desBalanes forment des cercles réguliers montant le long du cône jusqu^au sommet. Tout d'abord le dessin de ces guirlandes concentriques étonne ; mais, en réfléchissant, on s'aperçoit que des larves de Balanes, glissant le long de la pente du cône, ont dû s'arrêter à son bord inférieur en aussi grand nombre que la place disponible l'a permis, que les suivantes, une fois le premier rang formé, n'ont 'pu s'empêcher de faire de même et d'en dessiner un second. Cette régularité n'a rien de mystérieux, et toutes les fois que la nature se plie aux figures géomé-

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trii-pies Lês pins Hmoleâ. c'est, comme eace cas^ parce 'jii'eile ai p:ia ie nism le 5'ea affiranchir. Les Scolyt»^ sont les coléoptères .pii causent d'assez graTes 'ii^^atâ ians nos fort^ts. Li femelle s'introdaït sous l'écocce «le^i arbres, y creose un sillon loogitndinal i bord:^ nettement* coupés, et «le distance en distance dépose un œuf <Lins ce sillon. Puis elle s'envole et les larve:5 naissent. Celles-ci vivent aux dépens da bois qu'elles entament facilement de leurs vigoureoses mandibules. Aussitôt nées, elles se mettent à cheminer sou.^ l'écorce. EHles ne peuvent s'avancer dans le sens de la ^^aierie maternelle où elles ne trouveraient que le vide: elles s'avancent donc perpendiculairement à elle. Mais comme chaipie larve, si elle dirigeait obliquement ses travaux, rencontrerait la rainure où travaille sa voisine, elle est amenée â suivre une voie parallèle ; toutes font de même ; si ce n'est que celles de chaque extrémité, étant moins serrées, divergent en rayonnant â partir de leur point de départ. Rien de plus nécessaire que toute cette géométrie. Cependant, quand on découvre le bois ou les Scolytes ont travaillé, on est en présence d'une figure vraiment gracieuse dans sa simplicité, qui ressemble au dessin d'une main intelligente (1).

I^e phénomène de l'agrégation prend un caractère diiïérent quand il est manifesté par des animaux primitivement séparés et qu'il est déterminé par la recherche commune d'une commune ulilité. Les mi-

'D On H\ippli4iue auâsi bien aux galeries des Hylésines el des Bo»ricliiM. f Atlas d'entomotof/ie foralière. Nancy, 1869, pi. xiv et xv.)

grations des criquets présentent déjà à un certain degré ce caractère. Celles des oiseaux sont déterminées par des causes diverses, mais peuvent toutes se rattacher à la présente catégorie. Tantôt rabaissement de la température les provoque, tantôt la disette. Pourquoi elles se font en aussi grand nombre et réunissent d'abord tous les individus d'un même district, puis tous ceux d'une contrée, puis tous ceux d'un même continent au bord d'une mer à traverser, c'est ce qui se conçoit facilement, si on veut admettre chez l'oiseau une idée confuse du long voyage qu'il se prépare à accomplir et des dangers dont le moindre est de s'égarer en route. Les incertaines lumières de l'individu font alors appel aux lumières plus sûres d'une bande considérable où les chances d'erreur se détruisent l'une par l'autre, où l'ignorance des jeunes s'appuie sur les souvenirs des plus anciens. Les migrations des mammifères rongeurs (lemmings), ou ruminants (bisons, antilopes), s'expliquent de même. D'autres réunions ont pour cause le penchant sexuel agissant simultanément sur un grand nombre d'individus. Nous avons signalé ce fait chez plusieurs poissons et plusieurs oiseaux. Les mammifères nous montrent des cassemblements analogues ; le cerf, par exemple, a des « places de rut » où il revient d'année en année provoquer ses rivaux. D'autres groupes se forment pour un but déterminé de défense ou d'attaque. On sait quel effet produit sur les oiseaux de jour l'apparition d'un hibou, l'étonnement et l'indignation qu'ils ressentent à sa vue. Un très grand nombre d'oiseaux se réunissent comme le font, chezles insectes, les nécrophores et les Ateuchus

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