LIENS PSYCHOLOGIQUES
site pas et ne saurait se refuser, Il faut ajouter une autre raison à celle-ci. Il est impossible que la poursuite du mâle ne soit pas accompagnée chez la femelle d'une représentation plus ou moins confuse de l'union sexuelle qu'elle tend à provoquer. Cette poursuite est donc déjà par elle seule un plaisir, et nous ne manquons pas dans le règne animal d'exemples de plaisirs volontairement prolongés et même suspendus pour laisser place à une attente savoureuse. On sait comment le chat joue avec la souris, la loutre, le cormoran avec le poisson. S'ils renouvellent volontairement la poursuite de la proie, c'est qu'elle leur semble au moins pendant quelques instants aussi agréable que la déglutition même de cette proie. Pour la même raison la femelle repousse le mâle partout où elle est capable de sentir le plaisir d'être recherchée et de souhaiter la prolongation de ce plaisir. On peut donc dire qu'ici la pudeur touche de près à la coquetterie, pourvu qu'on entende ce dernier mot dans un sens sérieux et qu'on y reconnaisse l'une des voies les plus actives de la sélection. Gomme on va le voir en effet, si la femelle se refuse pour qu'on la recherche, cette recherche éveille chez les mâles une multitude de facultés qui seraient restées sans ces refus à jamais endormies. Tout ce processus est gouverné par des nécessités harmonieuses. Au point de vue social particulièrement, avec quelle puissance l'image des deux sexes n'est-elle pas gravée dans la conscience de l'un et de l'autre par la longueur de la poursuite et l'exaspération des désirs !
Cinq classes de phénomènes servent à préparer l'u-
nion sexuelle, et partant la société domestique; premièrement des attouchements excitateurs, les plus humbles de tous ces phénomènes, c'est-à-dire ceux qui se rapprochent le plus de l'ordre physiologique; secondement, les odeurs; troisièmement, les couleurs et les formes; quatrièmement, les bruits et les sons ; cinquièmement, les jeux ou mouvements de toutes sortes.
1° Des attouchements excitateurs. — Nous ne voulons point parler des organes par lesquels l'animal saisit et maintient sa femelle ; nous nous bornerons à signaler ces mouvements par lesquels il excite ses ardeurs d'une manière en quelque sorte mécanique, directe. Les colimaçons sont munis d'une sorte de dard ou appendice calcaire rigide que les deux hermaphrodites se fichent dans la peau près de la vulve avant leur double accouplement. Le dard reste souvent dans les tissus et y détermine l'excitation que l'imagination seule suffit à produire chez les animaux plus élevés. Sans entrer dans le détail quant aux autres embrancheraents, mentionnons les pelotes formées par certains reptiles et certains batraciens, les passades des poissons au moment du frai, les caresses enfin que se prodiguent certains vertébrés supérieurs; les oiseaux tels que lesperruches, lesDonacoles,lesLoxigelles, lesPanures, les Hédydipnes, les Colaptes, les pigeons, les Spatules, les Aïx de la Caroline, et beaucoup de mammifères.
2° Des odeurs. — L'odeur, joue certainement un rôle important dans le rapprochement d'un grand nombre d'insectes. C'est par l'odeur que sont guidés