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CHAPITRE IV

FONCTION DE REPRODUCTION (suite)

Société domestique maternelle : la Famille chez les Insectes.

Importance croissante de la vie de relation dans l'organisme social domestique. — Discussion sur l'origine de l'amour maternel. — Ses manifestations chez les animaux inférieurs : soins donnés aux œufs par la femelle des mollusques, des annélides et des insectes autres que les hyménoptères. Hyménoptères non sociaux. — Familles où la fonction maternelle est partagée entre plusieurs individus : hyménoptères sociaux. — Généralités sur l'organisation sociale et sur l'industrie collective des hyménoptères. — Les guêpes et leurs sentinelles. — Les abeilles : explication de plusieurs détails de leur économie. — Les fourmis : la fourmilière est-elle un état ou une famille? Supériorité de leur constitution sociale et raisons de celte supériorité; leur industrie. Des fourmilières mixtes; comment le concours des individus est-il possible dans les expéditions et les travaux? Unité, continuité sociales qui en résultent. — Des fractionnements accidentels de l'individualité collective. Conclusion. — Des termites : constitution et industrie.

La société conjugale ainsi formée est la condition de la famille mais non la famille même. Germe de la société domestique, elle doit subir dans son développement les différenciations successives et la conden-

sation croissante qui conduit tout germe à son achèvement. Sans ces modifications, elle se dissoudrait rapidement ; car si les couples doués d'une haute faculté de représentation se trouvent par là disposés à un attachement réciproque et forment, grâce à cette faculté, une conscience unique quelque peu durable, les besoins de la vie individuelle ne tarderaient pas cependant à provoquer leur séparation lorsque le besoin serait satisfait, et à changer même leur concours en rivalité. La fonction qui consolide l'union des parents en spécialisant leurs activités et en rendant par là leur concours nécessaire, est l'éducation des jeunes issus de leur rencontre. Nous nous proposons d'étudier ici comment la famille animale est constituée sous l'influence de cette fonction.

Nous ne devons pas oublier tout d'abord que les jeunes sont une partie de l'organisme des parents. Le bourgeonnement se substitue peu à peu à la scissiparité, et l'oviparité au bourgeonnement; la fonction reproductrice apparaît dès lors comme une spécialisation de la fonction nutritive et le germe n'est qu'une colonie de cellules qui se développe en un point particulier de l'organisme, suivant les mêmes lois que les autres cellules bien que sous d'autres conditions. A ce point de vue le jeune est bien réellement une continuation, un prolongement des organismes producteurs, et une émanation du tout vivant momentané qu'ils forment par leur union. Mais cette communauté de substance, quelque essentielle qu'elle soit pour expliquer l'hérédité physiologique, ne suffit pas pour constituer la famille qui est un organisme moral. Il faut pour cela que

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