TERMITES
particularités ; la première est des plus étranges et demeure inexpliquée : des larves aident des nymphes à se débarrasser de leur peau lors de l'éclosion ! L'instinct maternel paraît ici chez des neutres avant que ceux-ci aient revêtu la forme adulte ! La seconde leur est commune avec les fourmis Ecitones, les Atta cephalotes, les Pheidole et les Colobopsis; la différenciation morphologique aboutit chez eux à la création de quatre types concourant aux travaux de la communauté, à savoir : 1° les mâles; 2° les femelles (il y en a de deux tailles); 3° les ouvriers (1); 4° les soldats. La troisième particularité est propre aux Termites : tandis que chez les fourmis les efforts sont coordonnés , chez les Termites ils sont subordonnés ; les soldats jouent, sur le témoignage de M. de Quatrefages, le rôle de chefs et de surveillants. « Je les voyais, dit-il, en petit nombre, mêlés aux ouvriers , toujours isolés et ne travaillant jamais eux-mêmes. Par moments, ils faisaient avec le corps entier une sorte de trémoussement et frappaient le sol avec leurs pinces ; aussitôt, tous les ouvriers voisins exécutaient le même mouvement et redoublaient d'activité (2). » Nous renonçons à chercher la philosophie de ces faits, puisque l'ensemble de la vie des Termites n'est pas suffisamment exploré. Nulle synthèse ne peut avantageusement précéder l'analyse expérimentale. Contentons-nous de signaler ce qu'il y a d'extraordinaire à voir l'ordre le plus infime des
(1) Sic, et non ouvrières. Les neutres sont ici non plus des femelles, . mais des mâles dont les organes ont subi un arrêt de développement,
(2) Souvenirs cVun naturaliste, vol. II, p. 405.
234 SOCIÉTÉS DOMÉSTIQUES MATERNELLES
insectes offrir une société aussi complexe et aussi puissamment organisée.
Jetons enfin un coup d'œil sur l'industrie des Termites, mais en la comparant à celle des sociétés qui nous ont paru inférieures à la leur. Nous pouvons diviser les habitations des insectes sociaux en deux grandes classes : les édifices suspendus et les trous creusés dans le bois ou la terre. Les premiers nous montrent des nids peu complexes, ceux des Polistes, puis des nids qui le sont davantage, ayant une enveloppe, ceux des frelons. A une place intermédiaire entre les habitations aériennes et les demeures creusées, nous trouvons les guêpes communes, les bourdons et les abeilles, dont le nid est caché dans la terre ou dans le bois, mais construit avec des matériaux apportés d'ailleurs. Les gâteaux des abeilles n'offrent que deux sortes de cellules , complication à laquelle il faut ajouter les portes de propolis, organe accidentel. Vient ensuite la série des trous proprement dits. Les larves de plusieurs espèces s'en creusent de très simples. Les odynères, à demi sociales, ajoutent à leur trou un tube extérieur. Certaines araignées des bords de la Méditerranée ferment leur trou tapissé avec une trappe à charnière; quelques-unes dont le tube est recourbé, presque bifurqué, ajoutent une trappe intérieure à celle qui clot l'orifice. Les courtilières creusent des galeries souterraines au milieu desquelles s'étend une chambre d'incubation. Les fourmis mineuses ont, avec de nombreuses galeries, des chambres d'incubation, et savent fermer au besoin les ouvertures de leur nid avec de la terre, ou les défendre par des entonnoirs à pa-