‹ Des sociétés animales [electronic resource]Chapitre 47 sur 91 · RÉUNIONS VOLONTAIRES MOMENTANÉES · texte numérisé non relu

RÉUNIONS VOLONTAIRES MOMENTANÉES

triques les plus simples, c'est, comme en ce cas, parce qu'elle n'a pas de raison pour s'en affranchir. Les Scoly tes sont des coléoptères qui causent d'assez graves dégâts dans nos forêts. La femelle s'introduit sous l'écorce des arbres, y creuse un sillon longitudinal à bords nettement coupés, et de distance en distance dépose un œuf dans ce sillon. Puis elle s'envole et les larves naissent. Celles-ci vivent aux dépens du bois qu'elles entament facilement de leurs vigoureuses mandibules. Aussitôt nées, elles se mettent à cheminer sous l'écorce. Elles ne peuvent s'avancer dans le sens de la galerie maternelle où elles ne trouveraient que le vide ; elles s'avancent donc perpendiculairement à elle. Mais comme chaque larve, si elle dirigeait obliquement ses travaux, rencontrerait la rainure où travaille sa voisine, elle est amenée à suivre une voie parallèle ; toutes font de même ; si ce n'est que celles de chaque extrémité, étant moins serrées, divergent en rayonnant à partir de leur point de départ. Rien de plus nécessaire que toute cette géométrie. Cependant quand on découvre le bois où les scolytes ont travaillé, on est en présence d'une figure vraiment gracieuse dans sa simplicité, qui ressemble au dessin d'une main intelligente.

Le phénomène de l'agrégation prend un caractère différent quand il est manifesté par des animaux primitivement séparés et qu'il est déterminé par la recherche commune d'une commune utilité. Les migrations des Criquets présentent déjà à un certain degré ce caractère. Celles des oiseaux sont déterminées par des causes diverses, mais peuvent toutes se

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rattacher à la présente catégorie. Tantôt l'abaissement de la température les provoque, tantôt la disette Pourquoi elles se font en aussi grand nombre et réunissent d'abord tous les individus d'un même district puis tous ceux d'une contrée, puis tous ceux d'un même continent au bord d'une mer à traverser, c'est ce qui se conçoit facilement, si on veut admettre chez l'oiseau une idée confuse du long voyage qu'il se prépare à accomplir et des dangers dont le moindre est de s'égarer en route. Les incertaines lumières de l'individu font alors appel aux lumières plus sûres d'une bande considérable où les chances d'erreur se détruisent l'une par l'autre, l'ignorance des jeunes s'appuie sur les souvenirs des plus anciens. Les migrations des mammifères rongeurs ou ruminants s'expliquent de même. D'autres réunions ont pour causes le penchant sexuel agissant simultanément sur un grand nombre d'individus. Nous avons signalé ce fait chez plusieurs poissons et plusieurs oiseaux. Les mammifères nous montrent des rassemblements analogues ; le cerf par exemple a des « places de rut » où il revient d'année en année provoquer ses rivaux. D'autres groupes se forment pour un but déterminé de défense ou d'attaque. On sait quel effet produit sur les oiseaux de jour l'apparition d'un hibou, l'étonnement et l'indignation qu'ils ressentent à sa vue. Un très grand nombre d'oiseaux se réunissent comme le font chez les insectes les Nécrophores et les Ateuchus pour repousser un intrus, combattre un ennemi, s'emparer d'une proie. Les Corbeaux réunis attaquent des lièvres, des agneaux, de jeunes gazelles, qu'ils ne pourraient capturer seuls.

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