SUR LE NOMBRE DES FEMMES
BMPLOTÉES EN ÀN&LETERRB COMMB &ARDBS-MALADES
25,466 femmes ont été enregistrées dans le recensement de 1851, comme gardes de profession; 39,139 comme gardes en service domestique* et 2,822 sages-femmes. On trouvera dans la table B le chiffre des différents âges, et dans la table A leur distribution dans toute l’étendue de la Grande- Bretagne.
Ce serait une œuvre véritablement nationale de travailler à augmenter la capacité de cette classe de personnes, et de leur enseigner, autant que possible, les doctrines de la santé.
Les matériaux existent, mais la question est de savoir s’ils seront employés pour guérir ou pour empoisonner le malade. Un homme, qui est peutêtre à la tête de notre corps médical, me disait un
1 La table que nous donnons ci-après fera connaître une circonstance singulière : c’est que sur les 39,139 gardes dans le service domestique, 18,122, c’est-à-dire près de la moitié, sont entre cmg et vingt ans, tandis que pour les gardes de profession et dans le service public, elles sont au-dessus de soixante ans.
NOTES
jour : « J’envoie une garde dans une famille^ pour soigner mon malade; mais je sais^ qu’en définitive/elle ne servira qu’à lui faire du mal. »
Le titre de garde signifie toute personne chargée du soin de la santé d’une autre^, et, dans les chapitres précédents, nous avons employé indistinctement ce nom pour désigner les amateurs et les gardes de profession; car, outre les gardes-malades et celles qui prennent soin des enfants, dans le nombre des personnes dont nous avons parlé, nous avons compris les amis ou les parents, même les mères de famille, qui prennent temporairement le soin d’un malade. Il est évident que ces gardes de circonstance ont un besoin aussi gran^ d’apprendre les lois de l’hygiène que les gardes de profession.
Il faut aussi compter, dans ce nombre, les maîtresses des écoles nationales ou des pensions privées; combien d’épidémies d’enfants naissent dans ces maisons! Il faudrait pouvoir établir la proportion des filles élevées dans ces écoles, qui deviennent mères de famille ou membres des 64,600 gardes mentionnées ci-dessus, ou qui tiennent à leur tour des écoles. Si les lois qui concernent la santé, relativement à la pureté de l’air, à la propreté, à la lumière, etc., leur étaient enseignées, ne sauverait-on pas la vie de beaucoup d’enfants? N’arrêterait-on pas la source de beaucoup de ma-
NOTES
ladies qui se perpétuent’ C’est sur les femmes que nous devons compter premièrement et finalement pour la salubrité des maisons et l’hygiène des personnes ; ce sont elles qui doivent prévenir l’abâtardissement des familles, autant, du moins, que ces choses y contribuent. Le véritable moyen d’instruire la race humaine dans l’art de préserver sa santé, n’est-ce pas de l’enseigner aux femmes, dans les écoles et dans les hôpitaux, par un enseignement pratique et par l’expérience, comme nous avons cherché à en exposer ici la théorie?