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SUR L’EMPLOI DES FEMMES

• On a immensément écrit, dans ces dernières années, sur la difficulté d’employer les femmes, sur la privation d’ouvrage, le défaut de demandes, le champ trop restreint pour l’industrie des femmes, etc., etc. Mon expérience m’a appris que les demandes sont beaucoup plus considérables que les ressources pour y répondre; que le champ ouvert à l’industrie des femmes est vaste, mais que les ouvrières sont rares. Je me borne à mon expérience personnelle, au terrain sur lequel j’ai travaillé, et au genre de travail salarié; je n’ai pas recueilli par moi-mêniicd’informations relatives à d’autres emplois, tels que celui de l’ensei-

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gnement dans les familles ou dans les écoles publiques, mais je sais que les résultats en sont semblables à ceux que j’ai recueillis dans ma propre pratique. Pour ma part donc, j’ai reçu, durant ces trois dernières années, plusieurs centaines de demandes, pour des matrones attitrées ou surintendantes d’institutions, qualifiées missionnaires ou gardes de paroisse (c’est-à-dire pour garder les malades dans une paroisse avec un salaire, provenant non pas du board’s-guardians, mais des propriétaires de la paroisse), gardes désignées pour les familles, les hôpitaux et les maisons de travail. Eh bien, ce qui manquait ici, c’étaient les gardes propres à remplir les emplois, et non pas les emplois pour les gardes, si elles avaient été propres à les remplir. A première vue, je pourrai dire qu’environ pour un tiers de ces demandes on offrait une ample rémunération; un autre tiers ne fixait aucun prix, et était disposé à entrer dans des arrangements convenables, proportionnés aux qualités de la garde, et le dernier tiers, principalement composé des hôpitaux de province et des maisons de travail, offrait un prix que n’auraient obtenu, dans aucun cas, les attributions que l’on imposait.

Je ne puis que répéter, relativement aux gardesmalades, ce que Fraser dit des instituteurs ou institutrices des écoles publiques, c’est-à-dire que

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la demande excède de beaucoup le nombre des personnes propres à remplir l’emploi.

Si, dans la multitude des femmes auteurs qui se sont donné carrière sur l’emploi des femmes, sur leur juste droit au travail, sur l’équilibre entre leurs salaires et leurs labeurs, chacune d’elles s’était occupée d’instruire, ou de mettre dans la voie de s’instruire, dix femmes, propres à répondre aux demandes qui sont adressées, nous ne pouvons douter qu’il n’en fût déjà résulté d’excellentes réformes.

J’ai reçu d’une amie qui, au lieu d’écrire sur ce sujet, a fait elle-même les expériences en faveur des femmes imprimeurs, la permission de dire : que l’expérience a pleinement réussi, que les femmes gagnent un bon salaire et même un salaire élevé (de 15 à 25 schellings par semaine), qu’on n’exige pas d’elles de fortes journées, qu’il leur reste du temps pour leurs occupations domestiques et que, cependant, l’entreprise fait ses frais.

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