Des soins consécutifs à la trachéotomie
»On a porté la démence au point de proposer la bronchotomie et d’avancer qu’elle était nécessaire ; elle n’est d’aucune utilRé. »
(ClIAMBON, 1784.)
tLa trachéotomie ne rencontre plus aujourd’hui de contradicteurs que parmi les esprits chagrins , mal intentionnés ou ignorants. » (Troüsseaü, 1861.)
La trachéotomie est, de l’avis de tous , la suprême tentative de l’art dans les cas désespérés de croup; la responsabilité de l’opérateur est donc considérable, et il doit donner tous ses soins au malade, non-seulement dans le but de le conserver à la vie, mais encore de dissiper, par le succès, les préventions fâcheuses répandues dans le public contre la trachéotomie.
En province , malgré les efforts de quelques chirurgiens habiles, la trachéotomie est pratiquée rarement; à Paris même, un certain nombre de médecins
en sont restés à l’opinion formulée par Albers et Royer-Collard au commencement de ce siècle (1). j
« La trachéotomie compte en sa faveur non des j
succès, mais des opinions et des analogies. Employée î
plusieurs fois, et en différents lieux, elle n’a jamais |
sauvé les malades sur lesquels on l’a pratiquée. Une ^
seule fois elle a réussi, à ce que l’on assure, entre les I
mains d’un chirurgien anglais, et cet unique exemple |
n’est même pas constaté d’une manière certaine. Non- 1
seulement cette opération est inutile dans le croup, mais elle peut encore y être suivie de graves inconvé- ] nients. Elle ne remplit point son but Tant de rai-
sons auxquelles il serait difficile d’opposer des réponses vraiment satisfaisantes, amènent l’auteur à conclure que la trachéotomie doit être entièrement bannie du traitement du croup. »
Certes, une partie des reproches avancés par Albers étalent fondés; mais les perfectionnements apportés au manuel opératoire, aux canules, l’hygiène des opérés, ont changé complètement la gravité de l’opération. Ainsi que nous le disions récemment (2),
« t succès sur 2,6 à Paris , 1 sur 3,6 en province, 1 sur 3,8 à l’hôpital des Enfants, tel est le bilan de la tra-
(1) Rapport sur les mémoires envoyés au concours de 1807, par Royer-Collard. — Mémoire n“ 80, par Albers, p. t29,
(2) Trailemcnl du croup, par Fischer et Bricheteau, 2® édit., p. 97; 1863.
chéotoinie clans le croup, lollc est la meilleure défense de l’opération. »
Eli bien, j’al la ferme conviction que l’on peut faire mieux encoi’e, et arriver à ce résultat que j’appelle de tous mes vœux : rendre la trachéotomie assez Innocente en elle-même pour qu’elle n’ajoute pas un danger de plus à celui qui menace l’opéré, par le fait seul de la maladie dont il est atteint.
C’est à l’hygiène des opérés c[u’il faut demander ce progrès; MM. Trousseau (1) et Mlllard (2) ont eu le mérite d’insister sur ce point, et je ne fais c[ue suivre leurs errements en exposant dans ce travail les enseignements que j’ai pris, soit dans les hôpitaux d’enfants durant mon internat, soit dans la pratique civile à lacjuelle j’al été initié sous les auspices de mon savant maître, M. le D'' Guersant.
(1) Clinique médicale, t. 1; I8f5t.
(2) 'l'Iièses de Paris, 1858.