OBSERVATION II
Constance V âgée de 7 ans, entre, le 30 avril
1801 , à l’hôpital des Enfants Malades (service de M. Giraldès). Le 22 avril, elle jouait en recevant à bouche ouverte un haricot qu’elle lançait en l’air, lorsqu’elle fut prise de suffocation. Cet état se dissipa en partie, mais la nuit fut agitée. Pendant deux jours, calme; l'etour des accidents le 25 avril. Pu 25 au 29, état satisfaisant; dans la nuit du 29 au 30, insomnie, dyspnée; le 30, la dyspnée cesse, l’enfant ne se plaint pas.
C’est dans cet état que je reçois la malade à l’hôpital : rien dans son aspect ne fait supposer la présence d’un corps étranger dans les bronches; mais, à l’auscultation, le murmure vésiculaire, distinct dans tout le poumon droit et la moitié supérieure du poumon gauche, est absent dans la moitié inférieure de celui-ci. La sonorité est conservée en bas et à gauche, pas de souffle.
Le diagnostic est donc extrêmement précis : corps étranger obturant la division inférieure de la bronche gauche, et remontant par moments dans la trachée, comme le prouvent les accès de suffocation alternant avec des journées de calme.
Du 30 avril au 9 mal, l’élat ne change guère, parfois de la toux et de l’agitation.
Le 9 mai, à deux heures et demie, à la suite de l’ingestion de quelques fragments de biscuit, la malade est prise d’une quinte de toux , bleuit subitement et asphyxie.
On m’envole chercher en toute hâte, et je procède sur-le-champ à la trachéotomie, malgré l’état de mort apparente de la malade, que l’incision de la trachée ne modifie pas. Pendant dix minutes la respiration artificielle est pratiquée; la muqueuse trachéale est Insensible à toute excitation. L’indication était pressante : ranimer la sensibilité éteinte et solliciter une expiration saccadée. Dans ce but, et tout en continuant la respiration ariificlelle, je pratique la flagellation et la succussion du thorax; des compresses vinaigrées sont placées sur le front, enfin une barbe de plume est introduite profondément dans la trachée.
Ces moyens réussissent enfin : deux expirations se font entendre, elles sont suivies d’une toux sifflante, et les mors de la pince de Guersant saisissent un haricot volumineux; dès lors la respiration devient libre.
Le 10. Fièvre, râle crépitant à gauche.
Le 11. Pouls à 140, souffle pneumonique à gauche.
Le 23. Convalescence de la pneumonie.
20 juin. La plaie est fermée.
Le 29. Fièvre, point de côté à gauche.
1"^ juillet. Epanchement pleurétique à gauche et en arrière.