‹ Des Sorties Provisoires a Titre D'EssaiChapitre 31 sur 44 · Farrer. Ann. méd. psych., 1884, p · texte numérisé non relu

Farrer. Ann. méd. psych., 1884, p

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Ces inconvénients n’ont rien à voir avec la sortie d'essai, ne portant nullement atteinte à son principe.

Ailleurs, des parents qui avaient promis de veiller avec sollicitude sur leur malade, s’empressent de ne pas tenir leurs engagements, au plus grand détriment de la convalescence. Des malades ne rentrent plus à l'asile, quel que soit leur état; comme nous l'avons dénoncé plus haut, la sortie provisoire n'était qu'un subterfuge; en ce dessein, les familles obtiennent de médecins complaisants ou de peu de compétence des certificats qui permettent à l’aliéné d’éluder l'asile.

Des malades soumettent, par leur conduite au dehors, la pratique des essais aux acerbes réflexions de la eritique. Tantôt c’est une tentative de suicide, un suicide mème que la famille pourrait habilement exploiter. Tantôt c’est une pensionnaire qui rentre à l’asile en état de grossesse.

Il y a évidemment là, imputable à l’entourage, un défaut de surveillance, à la faveur duquel de tels actes ont pu s’accomplir.

Des aliénistes ont pu invoquer, la contractation au dehors pendant le cours d’une sortie d'essai, de la rougeole par une malade qui à sa rentrée contamina quelques-unes de ses co-internées. Cette critique porte à faux, car il est bien certain que chaque admission fait courir les mêmes risques, eu égard aux affections contagieuses.

Nous avons déjà relaté l’objection diagonale qu'adressait à la méthode, le D: Legrand du Saulle : un grand

Hocquet 6

nombre d'enfants trouveront la vie dans une rencontre malsaine de leurs parents et cet accouplement sera des plus funestes à l’être créé dans de telles conditions.

Nous n'’insisterons pas davantage sur certaines remarques dont le néant ne saurait éehapper à qui les examine : on note au cours de l’épreuve des périodes alternantes d’excitation et de dépression, des scandales, des aggravations de l’état mental, des retours à la boisson.

De tels faits légitiment précisément la méthode, en ce qu'ils décèlent l’inaptitude actuelle du malade, à reprendre la vie courante.

Un plus grave inconvénient est le suivant : Le malade, surtout lorsqu'il habite à quelque distance de l'asile où il a été premièrement traité, est entièrement soustrait à l'influence du médecin dont les conseils, à ce moment de la convalescence lui serait du plus grand secours.

L'enquête du D’ Legrain (1) a révélé « l’attitude de « certaines autorités administratives qui pour des rai- « sons légales ou autres, se refusent à provoquer la « réintégration, non pas dans les cas où le malade reste « calme et lucide (ce n’est que regrettable, car au mé- « decin d'asile devrait toujours appartenir la constata- « tion suprême), mais dans les cas où les malades, au « lieu de s'améliorer, s’aggravent et refusent de revenir.

« Ici l’intervention de l’administration est d’autant plus

1. D' Lecrain. Rapport au Cons. Sup. de l'A. P. fasc. 87, p. 66, 1892.

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