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« légitime que le malade n’est pas régulièrement libéré, « C’est un devoir pour elle d'agir. Et pourtant, elle s’y « refuse parfois, créant ainsi pour le médecin qui s’est « dévoué et s’est compromis pour son malade, une situa- « tion pleine de périls, bien peu faite pour encourager « la mesure humanitaire des sorties d'essai. »
D'autres voient la tutelle menacée par toutes sortes de dangers. MM. Legrand du Saulle et Espiau de Lamaëstre s'étaient déjà effrayés des extorcations de signatures engageant les intérêts du malade, actes délietueux dont l’aliéné serait à la fois le complice et la victime.
M. Lunier a déjà répondu que des signatures données en de semblables conditions étaient entachées de nullité. IL y a là, à n'en pas douter, matière à discussion ; mais il faut convenir que si ces maîtres excipaient de raisons vraiment fortes, ils les étayaient sur des faits que
nous n’avons pas l'occasion de voir journellement se
produire.
S 2. — Il résulte en somme de cet exposé qu’il n’y a rien là de foncièrement compromettant pour la libre pratique des sorties d'essai, pour qui s'ouvre également la bonne porte (1). Mais elles ne seront bonnes, elles n’exerceront toute leur utilité, qu’entourées d’un luxe
de garanties dont le médecin seul peut être l'artisan.
1. M. LrcranD pu SAuLLE qui ne voulait pas entendre parler des sorties d'essai avait une fois déclaré : « Désormais mes malades ne sortiront plus que par la bonne porte, voulant ainsi affirmer qu’il ne ferait plus de sorties que définitives. »
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Une première considération sur laquelle nous avons déjà insisté et sur laquelle il nous plaît de revenir encore, parce qu’elle nous paraît de premier plan, c’est la suivante : le médecin traitant seul peut décider de l'opportunité de la sortie ; seul il peut l’imposer à la famille, dans un profond souci de la cure. Il est dans le fait de cette détermination, l’arbitre suprême, parce que seul, il est à même d’apprécier l’état du malade confié à ses soins. Ainsi que le revendique le D' Hospital(1) : «C’est au médecin traitant seul que revient le « droit et le devoir d'employer curativement les sorties « et les congés ; lui imposer à cet égard des restric- « tions, c’est empiéter sur ses prérogatives, douter de « SON Savoir... »
C’est pour s'être laissé aller à trop de condescendance, que le D° Giraud a eu à enregistrer un suicide : « J’ai pour ces sorties à titre d’essai une expérience de « près de trente ans, j'en ai, pour ma part, fait accor- < der plus de mille et je n’ai à regretter qu'un accident: «le suicide d’une femme au cours d’un congé que
« j'avais demandé à contre-cœur, cédant aux sollicita- « tions du mari. »
Avant de prendre une décision en faveur de la sortie
d'essai, le médecin doit satisfaire à cette double condition :
1° IL doit connaître son malade ;
2° Il doit connaître la famille du malade, sous peine