CHAPITRE V
Pronostic.
L'on voit maintenant tout l'intérêt que peut présenter la recherche d’un souffle cardio-pulmonaire au niveau du cœur d’une chlorotique. Il ne s’agit point là d’une simple curiosité scientifique, mais bien d'un élément clinique important.
Le traitement curatif de la chlorose repose en grande partie sur la médication martiale. Un des grands iuconvénients du fer, c’est d’être très souvent mal toléré par les. voies digestives. Dans la chlorose compliquée de dyspepsie, l’on éprouve souvent une grande difficulté à faire supporter le fer, qui donne lieu à des vomissements, de la gastralgie, de la constipation opiniâtre.
Du bon fonctionnement des voies digestives, dépend donc en grande partie l’heureuse influence du traitement spécifique de la chlorose.
La présence d’un bruit anormal au cœur, sera donc de bon augure pour nous, elle nous indiquera une chlorose pure, sans aucune complication et nous permettra de prévoir une prompte guérison sous l'influence du repos, d’une alimentation convenable et des préparations ferrugineuses, si rien ne vient contrarier nos efforts.
Son absence au contraire devra nous rendre plus réservés, attirera notre attention vers les voies digestives,
nous y fera rechercher toute trace de prédisposition aux troubles dyspeptiques. Il nous faudra d'abord nous en occuper, les améliorer, les guérir si possible et, c'est une fois seulement ce résultat obtenu, que nous serons autorisés à aborder le traitementspécifique, mais avec prudence, en tâtant la susceptibilité de notre malade, dans le but d'éviter toute rechute qui retarderait la guérison en la com: promettant.
Nous pouvons maintenant nb Pite avec notre vénéré maître : « Notre attention doit être mise en éveil toutes les fois que nous constatons l'absence de tout souffle au niveau du cœur chez une chlorotique. Il nous faut alors rechercher derrière la chlorose, s'il n y a pas quelqu'affection la compliquant ou la provoquant. De même que l'absence de souffle jugulaire chez unechlorotique suppose le plus souvent une cause cachée de faiblesse circulatoire et de cachexie ; de même, l’absence absolue de souffle cardiaque peut faire présumer quelque désordre digestif.
En sorte que à ce double point de vue on peut dire: « Toute chlorose sans souffle est une chlorose suspecte. »
OBSER VATIONS
Les observations personnelles sont intercalées dans les chapitres auxquels elles se rapportent.
OBSERVATIONS TIRÉES DES ARCHIVES DU SERVICE DU PROFESSEUR POTAIN. (Résumées.)
4° Observations relatant la coïncidence d'un petit cœur et d'un souffle.
OBsERvATION XII. ;
Suzanne L..., 19 ans, entrée le 44 juin 4897, salle Piorry, n° 16.
A partir de 16 ans, à son arrivée à Paris, pâleur des téguments, palpitations, dyspnée, fatigue continuelle, règles irrégulières ; P : 442, PA : 18, pas d’albumine dans les ürines.
Cœur, 97 centimètres.
Souffle mésosystolique préventriculaire gauche, autre souffle systolique préaortique, disparaissant dans la station assise, ne se propageant pas dans les vaisseaux du cou, tend à se transformer dans les grandes inspirations en bruit respiratoire saccadé.
Souffle jugulaire intense avec frémissement.
Examen du sang, globules rouges : 2.670.000 ; hémoglobine : 45.
Traitement ferrugineux.
ÿ Ogservarion XIII.
Marie G.., 17 ans, entre le 3 mai 1897, salle Piorry, n° 44, avec des douleurs rhumatismales, est réglée irrégulièrement, teinte jaune cire. . Cœur: 88 centimètres? ; la pointe est complètement découverte
Mr pee
et présente un choc diastolique sourd sans bruit perceptible au stéthoscope.
A 3 centimètres de la pointe, souffle systolique parapexien. Dédoublement physiologique du 2 bruit à la base se produisant à la fin de l'inspiration.
Souffle léger dans les jugulaires.
Ogservarron XIV.
Léontine G..., 18 ans, entre le 14 octobre 189%, salle Piorry, no 11.
Réglée à 16 ans régulièrement, se plaint d’essoufflement, de fatigue, de constipation.
Cœur : 73 centimètres.
Souffle superficiel, intense, grave, parapexien et systolique, sans propagation à maximum à 3 centimètres en dehors de la pointe.
Souffle à renforcement dans les jugulaires.
OgservaTIoN XV.
Louise B..., 17 ans, entre le 7 avril 1895, salle Piorry, n° 28.
Réglée à 11 ans irrégulièrement, se plaint de palpitations d’inappétence, de constipation, couleur jaune cire des téguments,
Cœur : 58 centimètres.
Souffle intense méso-systolique préinfundibulaire, au-dessus de la limite supérieure de la partie découverte du cœur.
Souffle intense dans les jugulaires.
OgservarTIoN X VI.
L... Jeanne, 19 ans, entre le 3 avril 1895, au n° 7, salle Piorry. réglée à 11 ans régulièrement, mal réglée depuis 3 ans, palpitations, fatigue continuelle, vertiges, inappétence, embonpoint, coloration jaune cire. P: 108 ; PA : 16.
Cœur : 64. Partie découverte petite, pointe dans le 46 espace.
Souffle mésosystolique préventriculaire faible.
Souffle à renforcement dans les jugulaires.
Ogservarion X VII.
Marie V..., 49 ans, entre le 24 octobre 1896, salle Piorry, n° 49 ;
RONA PES
depuis 14 mois est mal réglée, souvent étourdie, coloration jaune cire des téguments.
Cœur : 76.
Souffle mésosystolique préventriculaire gauche très intense, souffle mésosystolique apexien faible.
Souffle dans les jugulaires.
OgservaTion X VIII.
Marthe W..., 15 ans, entre le 27 août 4896, salle Piorry, n° 27. Se plaint dons & mois d’irrégularité dans ses époques, de vertiges, de fatigue, les téguments sont jaune cire.
Cœur normal.
Souffle mésosystolique préventriculaire.
Souffle dans les jugulaires.