MES FRÈRES , MES PREMIERS ÉLÈVES
J. -P. BAïIGNE
En général , toute méthode de traitement gui n est pas déduite d'une indication est dangereuse , toute indication qui ne repose pas sur la connaissance de la maladie est incertaine , ce qui renient à dire que , pour bien traiter une maladie , il faut la connaître.
Or , pour connaître une maladie , il faut avoir des notions aussi exactes que possible sur toutes les circonstances qui se rattachent à son existence.
Ces circonstances sont les suivantes :
1° Les prédispositions et les causes qui ont concouru à son développement , qui Vont déterminé , qui V entretiennent ou qui V aggravent ;
2° Les divers caractères qu’elle présente dans son cours ;
3° Les conséquences qu elle entraîne ;
4° L’action des remèdes.
Le jugement que l’on tire de la comparaison de ces diverses circonstances constitue la notion de la maladie.
D’où il résulte que la connaissance de l’indication
se puise aux mêmes sources que celle de la maladie , puisque V indication n est autre chose que le résultat de l’opération mentale par laquelle le médecin , après avoir étudié et comparé les circonstances qui se lient à une maladie , en établit la méthode de traitement.
On voit donc que le sujet que nous avons à traiter touche à toutes les grandes questions de la pathologie générale. Mais quoique bien pénétré de son importance , nous n’avons garde de l’exagérer , et nous reconnaissons
qu’une partie fort importante de la science reste en
dehors de notre sujet : nous voulons parler de la thérapeutique , dont la médecine opératoire n’est qu’une branche ; car , une maladie étant donnée , il ne suffit pas de déterminer les indications quelle présente, il faut encore trouver les moyens de remplir ces indications.