X . est âgé de quatre ans ; il est pétulent
irascible au plus haut point ; ses oreilles , le cuir chevelu offrent souvent une sécrétion séreuse , âcre , abondante ; les ganglions lymphatiques du cou sont souvent engorgés. Jouant avec un de ses camarades , il reçoit un violent coup de bâton sur la tête et perd connaissance ; revenu à lui , il se plaint de douleur et de pesanteur de tête ; on applique deux fois six sangsues derrière chaque oreille ; le malade est bien pendant trois jours , au bout desquels il se plaint encore de pesanteur de tête , de propension
au sommeil ; l’on s’assure que l’excrétion n’a plus lieu sur la tête et derrière les oreilles depuis plusieurs mois ; des vésicatoires sont placés derrière les oreilles ; une barrette de toile cirée recouvre le crâne : on répète l’administration de huit grains de calomel à quatre jours d’intervalle , et tous les symptômes disparaissent.
7me OBSERVATION.
État bilieux tenant sous sa dépendance le développement de la pourriture d’hôpital. Pourriture d’hôpital indépendante des
causes qui lui ont donné lieu.
En 1814, Fages et Estor pères prévenaient et souvent arrêtaient la pourriture d’hôpital , dans le service chirurgical dont ils étaient chargés à l’hôpital provisoire des casernes de Montpellier , en prescrivant des évacuants, notamment des émétiques. Ces médicaments n’étaient administrés et n’avaient du succès qu’autant que le développement de la pourriture d’hôpital était subordonné à un état bilieux (1) ,
(i) Voyez Stoli , Dussaussoy. Voyez aussi, pour l’influence que les épidémies exercent sur les maladies chirurgicales :
Baglivi , opéra omnia , dissertaüo de usa et abusa vesicantium.
Sarcone, histoire des maladies observées à Naples, 1764.
Rœderer et Wagler, de morbo mucoso.
Fouquet, observations sur la constitution des six premiers mois de l’an VII.
et que l’infection était à son début ou au moment
Hippocrate , de capitis vulneribus , dit que les fâcheux symptômes, clans les plaies de tête, se développent , en été, avant le septième jour, et, en hiver seulement, avant le quatorzième ( saison ).
On a observé ( chirurgia Guidonis de cauliaco , edit. i53y ) que les solutions de continuité ( plaies de tête ) étaient plus graves à Paris, qu’à Avignon.
Ambroise Paré a vu au siège de Rouen , et Fodéré à celui de Mantoue, les blessures suivies de gangrène. .
Plusieurs observateurs ont noté que la syphilis reçoit une influence de la constitution régnante, soit sous le rapport des modes de manifestation [ blennorrhagie , chancre] , soit sous le rapport de la gravité des symptômes.
Rœderer et Wagler, par exemple , ont noté que , pendant le règne de la fièvre muqueuse qu’ils ont observée à Gœttingue, les maladies vénériennes résistaient au traitement antisyphilitique, et qu’elles se terminaient d’une manière funeste en s’accompagnant de symptômes de la fièvre hectique, pareils à ceux qui suivaient la maladie régnante.
Samoïlovitz a vu que les individus qui portaient des cautères étaient plus spécialement atteints de la peste qu’il a observée; tandis que Fabrice de Hilden a fait une remarque opposée, dans une maladie épidémique.
Enfin, en 1821, nous avons observé, à l’hôpital St.- Éloi , que tous les opérés étaient victimes d’une fièvre rémittente pernicieuse ; et dernièrement on a pu constater que les opérés , et même beaucoup de vaccinés , étaient pris d’érysipèle , de préférence à tout autre individu.
de l’incubation (prodromes, prédisposition). A la même époque , le professeur Delpech, de son côté , obtenait des succès nombreux de l’application du cautère actuel lorsque la pourriture était bien établie , ou contre cet état morbide et ses conséquences.
8me OBSERVATION.
Marche défavorable du mal vertébral de Pott , subordonnée à un
état bilieux.
M. X . d’une constitution très-forte , d’un tem¬
pérament bilieux très-prononcé , était atteint du mal de Pott , dont le succès de traitement a été souvent enrayé , et parfois même dont les symptômes ont été aggravés par un état bilieux que les évacuants ont toujours fait heureusement disparaître, et qui ont par suite favorisé la guérison de ce malade.
9m8 OBSERVATION.
Dégénérescence recevant une influence fâcheuse d’un état bilieux, provoqué par le caractère de la saison.
Mad. X porte une lésion organique de l’utérus
qui depuis long-temps est aggravée à l’époque des
fortes chaleurs par le développement d’un embarras abdominal ; les évacuants le font disparaître ainsi que l’exaspération de la lésion organique.
I0me OBSERVATION.
Guérison d’un anus contre nature , suspendue par un état bilieux .
M. *** portait un anus contre nature , dont la guérison, déjà fort avancée, a été d’abord arrêtée et a ensuite rétrogradé sous l’influence d’un état bilieux , accompagné de violentes coliques , que des évacuations par le haut et par le bas ont fait disparaître , et qui ont amené par suite la guérison de l’anus contre nature.
I lme OBSERVATION.
Retour d'affections catarrhales , subordonné à une coarctation
uré traie.
M. V . éprouvait des sueurs abondantes toutes
les nuits , maigrissait beaucoup , gagnait des affections catarrhales avec la plus grande facilité , et était tourmenté par une fièvre intermittente qui souvent avait été combattue en vain par diverses préparations de quinquina ; la dilatation du canal de l’urètre fit disparaître tous ces symptômes.
I 2m c OBSERVATION .
Catarrhe exerçant une influence sur une coarctation urétrale.
M. * était pris d affections catarrhales diverses lorsqu il s’exposait au plus léger refroidissement , au plus faible courant d’air ; alors une coarctation urétrale qu il porte depuis long-temps était toujours exaspérée ; mais depuis qu’il a usé des bains de Lamalou , il est bien moins sujet aux catarrhes , et il n’éprouve plus des exaspérations de sa maladie urétrale.
Ï3me OBSERVATION.
Effets consécutifs d’une commotion cérébrale , subordonnés à une prédisposition , ou plutôt à un état rhumatique.
Mllc *** montée sur un tabouret, fait une chute à la renverse , et éprouve une forte commotion cérébrale dont les effets sont avantageusement combattus par des émissions sanguines ; au bout de six jours , une douleur violente se déclare sur le point de la tête percuté , et paraît annoncer la récrudescence des symptômes primitifs de la commotion. Cette douleur , dont Mllc *** avait été plusieurs fois atteinte , offre les caractères rhumatismaux, et cède bientôt aux évacuants et à l’application d’un vésicatoire à la nuque.
I4me OBSERVATION.
Douleur, suite d'une chute, subordonnée à une prédisposition rhumatique héréditaire , et à l'irrégularité de la menstruation.
Depuis une chute faite , il y a cinq ans , sur la partie postérieure de la tête , Mme X.....se plaignait d'une douleur fatigante à la nuque , offrant des caractères obscurs de rhumatisme ( ses parents avaient éprouvé des affections rhumatismales graves ) : cette douleur s’exaspérait aux époques menstruelles devenues irrégulières. Les bains des Pyrénées ne l’ayant pas soulagée , ou ne l’ayant soulagée que momentanément , elle a été guérie de sa douleur, sous l’influence d’un traitement dirigé de manière à régulariser la menstruation et à combattre le principe rhumatique héréditaire.
I5m0 OBSERVATION.
Rhumatisme tenant sous sa dépendance une sciatique , une coxalgie , une diarrhée colliquative , dont la valeur est remplacée par le génie périodique.
Mlle ** est prise d’une douleur sciatique, bientôt après de symptômes de coxalgie qui amènent un allongement bien prononcé de l’extrémité affectée : ces symptômes sont remplacés par une diarrhée qui paraît
prendre les caractères colliquatifs , mais qui , revenant d’une manière périodique , cède au quinquina.
I6me OBSERVATION.
Symptômes de tumeur blanche subordonnés au génie intermittent .
M. **% cultivateur, est atteint, depuis plusieurs années, d’une maladie de l’articulation du genou droit, qui offre les caractères de la maladie appelée tumeur blanche ; les actes morbides qui la caractérisent éprouvent des exaspérations , d’abord à des époques indéterminées , qui aggravent considérablement la maladie ; ces symptômes prennent ensuite le caractère périodique intermittent , et cèdent au quinquina; de sorte que tous les phénomènes morbides rétrogradent au point que le malade peut reprendre ses occupations ordinaires et revenir à la campagne.
I7me OBSERVATION.
Embarras abdominal et scorbut , tenant sous leur dépendance V exaspération d'une maladie à caractères cancéreux.
Mad. *** portait depuis trente ans un cancer qui avait dévoré l’œil droit ; de temps en temps , des symptômes scorbutiques se montraient sur diverses
parties du corps, et la maladie (l’ensemble des phénomènes ) cancéreuse s’aggravait. Des évacuants et des toniques rendaient bientôt à Mad. ** son état habituel de santé ; de sorte que , par ces soins , Mad. ** a pu atteindre un âge avancé , et périr d’une maladie différente du cancer.
1 8,nc OBSERVATION.
Génie périodique tenant sous sa dépendance une douleur excessivement vive survenue à une plaie fortement contuse ; le malade étant prédisposé aux fièvres intermittentes.
Sur le pied de M. S passe une machine que
l’on estime peser mille livres ; des accidents généraux nerveux et réactifs sanguins sont avantageusement combattus par des saignées et par l’opium.
Le troisième jour de l’accident , M. S . éprouve
du malaise sur le soir ; le cinquième jour , à cinq heures du soir, il est pris d’une douleur dans le pied , qui augmente progressivement , devient intolérable à minuit , et cède à cinq heures du matin.
A huit heures, M. S est fatigué, accablé, sans
que le pied soit bien douloureux ; le quinquina prévient le retour de la douleur, et la plaie marche rapidement vers la guérison. Il y a cinq ans, M. S.... avait gardé des accès de fièvres pendant six mois ; depuis quinze jours avant son accident , il éprouvait de légers refroidissements suivis de quelques bouffées
de chaleur, et de malaise , et passait , tous les jours, dans un pays où régnent endémiquement les fièvres intermittentes.
I9m* OBSERVATION.
Guérison d'une plaie , enrayée par une fièvre intermittente obscure ou latente provenant de l’endémicité (1).
M...., habitant un pays où régnent des fièvres intermittentes , est atteint d’une contusion , avec plaie légère sur le gros orteil. Le quatrième jour, des frissons vagues se font sentir; la guérison de la plaie est suspendue ; le malade dort mal ; il est agité pendant la nuit. On apprend que des fièvres
(i) A propos de l’influence que l’endémicité exerce sur les maladies chirurgicales, je veux faire observer que, dans nos environs, à Puéchabon , à Caux ( village situé près de Pézenas), on a constaté que les scrophules se manifestent principalement , sinon exclusivement, sous forme de teigne.
A Aniane, on trouve des engorgements ganglionnaires du cou , et la phthisie pulmonaire.
A Roujan , des tumeurs blanches scrophuleuses.
A Péret , le rachitis.
APaulhan, des affections pulmonaires et abdominales de la même nature , associées à un état nerveux bientôt suivi de consomption. Dans tous ces pays, le carreau se présente souvent.
intermittentes régnent dans le pays : le quinquina est prescrit, et la guérison ne se fait pas longtemps attendre.
20me OBSERVATION.
Fièvre rémittente , erratique d’abord , ensuite ataxique , suite d’une commotion physique et morale ; quinquina de mauvaise qualité (1).
M. B fait une chute , et éprouve en même
temps une vive affection morale : pendant vingt jours environ, il se plaint de malaise, d’un état d’inquiétude indéfinissable, nullement en rapport avec son état habituel ( prédisposition , prodromes ) ; une fièvre rémittente, d’abord erratique (2) , ensuite irrégulière et ataxique (3) , apparaît : le quinquina est prescrit , et son administration ne répond pas à l’attente du médecin habile qui l’a ordonné : le malade suc-
(1) Quel est le médecin qui n’a pas été témoin de pareil malheur ? Quel est le praticien qui, voyant l’insuccès d’une méthode curative qui lui paraît fortement indiquée , n’en recherche pas le motif, chez le malade , hors du malade, et même dans l’inevactitude de son diagnostic ? Heureux lorsque ce motif est assez tôt connu pour l’annuler !
(2) A caractères vagues , mobiles , variables,
(5) Ou dont les exacerbations offrent des caractères prononcés ( réputés malins ) , constants , permanents.
combe , et l’on constate que la résine employée était de mauvaise qualité.
2lme OBSERVATION.
Fièvre rémittente avec anthrax ; résine de quinquina charbonnée remplacée avec succès par des lavements préparés avec la décoction de quinquina.
M. X.... porte un anthrax sur la face ; une fièvre rémittente pernicieuse se déclare : la résine de quinquina est prescrite ; la seconde exacerbation reparaît (la résine était charbonnée) : une très-forte décoction de quinquina est administrée en lavement : la fièvre se dissipe.
22mc OBSERVATION.
Fièvre intermittente coïncidant avec des abcès, combattue avec avantage par le quinquina ; retour de la fièvre intermittente subordonnée à un foyer purulent.
Mad. *** éprouve une inflammation au genou gauche : des accès fébriles intenses et réguliers paraissent , et sont avantageusement combattus par le quinquina; l’inflammation est suivie d’un abcès qui est ouvert. Au bout de huit jours, les accès reparaissent : du quinquina est administré inutilement ; on donne issue à un foyer purulent peu étendu : la fièvre cesse pour ne plus revenir.
23mc OBSERVATION.
Abcès sous-aponévrotique simulant un érysipèle , et tenant sous sa dépendance une exacerbation fébrile et une exaltation morale voisine du délire.
Mad. **, d’une constitution très-irritable, se plaint, à la suite d’une contusion légère , d’une douleur dans la cuisse droite ; une rougeur érysipélateuse apparaît, ainsi que des exacerbations de symptômes fébriles et une exaltation morale très-forte : on discute , pour savoir si on doit combattre un érysipèle ou une fièvre rémittente ; un abcès sous-aponévrotique est ouvert à neuf heures du matin , et l’exacerbation , qui aurait dû paraître à dix heures , n’a pas lieu.
24me OBSERVATION.
Progrès d’une gangrène subordonnés à une habitude abandonnée .
M. . . . porte une gangrène qui fait des progrès malgré le traitement : on lui prescrit (1) à hautes
(1) Fages père. Lapeyronie a vu une gangrène, dont était atteint un ivrogne , céder à l’usage du lait : celte gangrène était subordonnée, sans doute, à une irritation abdominale ou de toute autre partie.
Marjolin a vu une gangrène subordonnée à une fièvre intermittente*-
doses l’usage du vin dont il a l’habitude d’user largement : la gangrène suspend ses progrès , et la plaie qui en résulte marche d’une manière continue vers sa solution heureuse.
25me OBSERVATION.
Prédisposition morbide ; crise par un mode insolite ( gangréneux).
Depuis quelque temps, la santé de M. *** est chancelante ; tout à coup un accès fébrile se déclare , et se termine par un point gangréneux sur la jambe droite ; le malade se trouve bien après son accès ; la gangrène ne fait pas de progrès ; bientôt commence le travail d’élimination.
2Ôme OBSERVATION.
Opération du bec-de-lièvre , suivie d’une hémorrhagie (1) subordonnée à un mouvement fluxionnaire.
M. X d’une forte constitution, d’un tempéra-
(i) Tout le monde connaît l’observation de Mejean , relative à un individu qui éprouva , à la suite de l’opération de la taille, une hémorrhagie périodique, combattue avec succès par le quinquina.
On connaît aussi une pareille observation de Delpech; mais ce que bien des gens igrforent , c’est que le malade succomba à un état consomptif .( suite , sans doute.
ment sanguin, est opéré d’un bec-de-lièvre congénital : une heure après l’opération , une hémorrhagie , assez forte pour remplir deux cuvettes , a lieu par la plaie ; mais le pouls est grand , plein et dur. Une saignée de seize onces est pratiquée : l’hémorrhagie est arrêtée , et le succès de l’opération n’est nullement compromis.
27mc OBSERVATION.
Hémorrhagie par le canal de l'urètre rétréci , subordonnée à un
mouvement fluxionnaire .
M. *** porte une coarctation du canal de l’urèlre, qu’on traite par la dilatation ; deux heures après avoir retiré une bougie, une hémorrhagie a lieu par le canal de l’urètre, et est assez abondante pour fournir plusieurs litres de sang; néanmoins le pouls est plein, grand , dur: une saignée est pratiquée au bras , et , pendant qu’elle est faite , l’hémorrhagie diminue , et s’arrête complètement bientôt après la saignée.
de la perte abondante de sang, de travaux et d’un état moral ) , surtout aggravé par un catarrhe survenu par l’imprudence que l’on eut délaisser ouverte , toute une nuit, la croisée de la chambre du malade. Tant il est vrai de dire que l’insuccès du traitement peut tenir une circonstance en apparence de peu de valeur.
28me OBSERVATION.
Hémorrhagie consécutive , subordonnée à la périodicité (obscure).
M. *** avait subi , depuis cinquante jours , l’amputation de la cuisse : la dernière ligature correspondant à l’artère crurale ne s’était détachée que le vingtième jour ; le moignon fournissait quelques gouttes de suppuration par le trajet qu’avait parcouru la ligature du principal vaisseau , ce qui n’empêchait pas le malade de se promener en voiture. Depuis plusieurs jours , M. *** éprouvait des frissons sur le soir , lorsque , au retour d’une promenade faite eu voiture et sans secousse , une hémorrhagie abondante s’effectue , vers trois heures de l’après-midi , par le trajet fisluleux correspondant à l’artère crurale ; le malade s’est plaint de frissons avant l’effusion sanguine; son pouls est vite, fréquent pendant l’hémorrhagie qui diminue peu à peu , alors que l’on applique sur le moignon des compresses trempées dans l’eau froide. Le malade éprouve de la moiteur dans la nuit. Le pouls de M. *** est encore fréquent , vile : du quinquina est prescrit ; l’hémorrhagie ne paraît plus, ni les frissons qui l’ont précédée pendant quelques jours.
29me OBSERVATION.
Pourriture d’hôpital , subordonnée à une cause en apparence peu
importante.
M. X.... avait subi une opération grave et insolite ; la plaie qui en était résultée marchait vers la guérison , lorsqu’apparaissent des symptômes de pourriture d’hôpital. On fait lessiver le linge avant d’en faire de la charpie , bien qu’il soit propre en apparence : la pourriture disparaît , et revient plus tard par l’usage de charpie provenant de linge lavé depuis long-temps, pour disparaître de nouveau par le même soin.
30me OBSERVATION.
Cause, diathèse cancéreuse tolérée par Vinfluence ou à la suite d’un traitement prescrit en vue de combattre le virus syphilitique présumé existant chez une malade.
Mad. *** avait été opérée quatre fois, par des hommes de premier mérite , d’un cancer au sein , qui , la quatrième fois , avait acquis un volume énorme : un traitement interne prescrit pendant six mois, en vue de combattre une cause syphilitique présumée, n’a pas empêché le retour d’une petite tumeur sur
la partie primitivement affectée ; mais pendant et après ce même traitement continué deux ans , la cause cancéreuse a été tolérée , au point que Mad. ** a acquis un embonpoint et une fraîcheur extraordinaires.
3 1 “e OBSERVATION.
Cause cancéreuse tolérée , le vice dartreux dont est atteinte Mad.
étant combattu.
Mad. *** , issue de parents qui ont porté des cancers , a été débarrassée d’une tumeur à caractères bien évidemment cancéreux , qui avait paru d’une manière rapide. Depuis six ans qu’elle a subi un traitement long-temps continué en vue de combattre un vice dartreux, elle tolère la cause, la diathèse cancéreuse.
32 me OBSERVATION.
Polype sarcomateux toléré d’abord , ensuite diminué sous l’influence d’un régime végétal et de saignées prescrites en vue de combattre un état sanguin congestif.
M. X porte depuis quinze ans, dans les fosses
nasales, un polype sarcomateux dont les progrès rapides ont été d’abord suspendus (tolérés) par des saignées répétées que réclamaient des symptômes
congestifs sanguins , et qui a diminué considérablement de volume depuis que M. X.... s’est soumis à un régime végétal et s’est fait pratiquer une saignée tous les trois mois.
Nous croyons devoir nous borner à l’exposition des faits dont nous venons d’offrir un résumé aussi succinct que possible , et par conséquent arrêter ici notre travail , sauf à le reprendre et à le compléter lorsque nous publierons notre traité de pathologie chirurgicale.
Qu’on nous permette de répéter que , si nous avons proclamé que la même méthode devait être appliquée à l’étude des sciences naturelles et à celle de la médecine , notamment à celle de la pathologie , nous avons été loin de confondre toutes ces sciences ; nous avons été loin surtout de penser un moment qu’un principe identique gouverne les objets dont s’occupent le physicien , le chimiste et le médecin : loin de nous une pareille idée. Nous voulons bien répéter , avec Leibnitz , que l’univers comprend l’unité dans la variété, et, avec les anatomistes de l’époque, que tous les animaux sont construits sur le même modèle ; mais nous voulons aussi reconnaître, avec le divin Vieillard, le quid divinum dans certaines maladies; rappeler qu’il se passe dans les êtres vivants , et surtout dans l’homme , des phénomènes dont la cause est hors de la portée de notre intelligence , et nous écrier avec le psalmiste : « Sei-
» gneur, je ne saurais connaître ta grandeur, péné- » trer ta nature , mais je ne puis m’empêcher d’étu- » dier, d’admirer tes merveilles!