‹ Des sueurs morbidesChapitre 1 sur 7 · DIVISION DU SUJET · texte numérisé non relu

DIVISION DU SUJET

La sueur peut devenir morbide dans beaucoup de conditions diverses, et souvent la limite est difficile à préciser entre l’état normal et l’état pathologique. Lorsque l’hypersécrétion sudorale existe seule, indépendante de toute maladie, on peut dire qu’elle devient morbide lorsqu’elle est durable, de quelque abondance et qu’elle se montre en dehors des causes qui la provoquent habituellement à l’état normal, l’exercice musculaire, la chaleur, l’ingestion des boissons chaudes, etc... Dans les maladies aiguës ou chroniques, l’hypersécrétion sudorale est souvent un trouble fonctionnel de peu d’importance, mais souvent aussi il mérite de fixer l’attention par sa persistance ou son intensité; c’est aussi une sueur morbide.

Sans adopter une base de classification bien rigoureuse, nous avons divisé ce travail en cinq chapitres.

Le premier est consacré à quelques considérations sur l’anatomie et la physiologie de l’appareil sudoripare; ces considérations sont nécessairement très-sommaires. Nous avons cherché seulement à présenter une analyse succincte des nombreux travaux récemment publiés sur cette question et dont la plupart intéressent la physiologie pathologique des sueurs morbides. Ainsi, il était indiqué d’insister particulièrement sur l’épithélium des glandes sudoripares, les terminai-

sons des nerfs dans ces glandes, et l’influence du système nerveux sur la sécrétion . sudorale. À cetle dernière question peut-être aurions-nous dû donner plus de développements; mais c’était là un travail de critique et d’expérimentation pour lequel nous manquaient le temps et l’autorité nécessaires.

Dans le deuxième chapitre, nous étudions les troubles de la sécrétion sudorale dans les maladies du système nerveux. Ce rapprochement paraîtra naturel; les expériences physiologiques viennent de démontrer l’influence prépondérante des nerfs sur la sécrétion de la sueur; or, les maladies des nerfs et des centres nerveux sont des expériences d’un autre genre, qui quelquefois ne sont pas moins démonstratives. En effet, dans beaucoup de ces maladies, il y a des troubles de la sécrétion sudorale. Nous avons étudié ces troubles fonctionnels dans les affections des nerfs cérébro-spinaux, du sympathique, de la moelle et des centres encéphaliques. Après cet exposé des données fournies par l’observation clinique, une comparaison sommaire des faits pathologiques et des faits physiologiques, termine ce deuxième chapitre.

Les hypersécrétions sudorales, locales ou générales, qu ne se rattachent à aucun état morbide antérieur et qu'on peut appeler protophatiques, puis la chromidrose ou sueur colorée, et l’hématidrose ou sueur de sang, forment le troisième chapitre. Dans toutes ces affections, l’influence pathogénique du système nerveux n’est pas contestable, bien qu’elle ne soit pas très-bien connue ; nous avons tenté un essai de physiologie pathologique, fondé sur les faits récemment acquis à l'innervation des glandes sudoripares.

Le chapitre quatrième comprend l’étude des sueurs dans les maladies aiguës. Ici les faits positifs sont peu nombreux. Les anciens, il est vrai, ont souvent et beaucoup parlé des sueurs dans les maladies, mais leur observation n'allait guère

au delà des altérations quantitatives de la sueur; et même aujourd’hui, les troubles de la sécrétion sudorale dans les maladies aiguës n’ont pas souvent fixé l’attention des observateurs. Ainsi, la composition chimique de beaucoup de sueurs morbides est très-peu connue. Dans ce chapitre, nous étudions l’influence sur la sueur de beaucoup d’états pathologiques cl particulièrement des fièvres.

Les formes sudorales des fièvres sont très-nombreuses ; il était nécessaire d’y introduire quelques divisions. Assurément ces divisions, fondées seulement sur les caractères que peut présenter la sueur, n’ont d’autre valeur que de faciliter cette étude des fièvres sudorales. Vient ensuite la description du syndrome sudoral ; question sur laquelle M. le professeur Renaut a bien voulu nous faire une importante communication. La diaphorèse abondante et soutenue imprime en effet une physionomie commune à beauconp de maladies fébriles ; elle modifie le pouls, l’urine, la température ; on est donc bien autorisé à donner à l’ensemble de ces modifications le nom de syndrome. Après quelques considérations sur la valeur pronostique des sueurs, surtout tirées des anciens, ce chapitre se termine par le traitement des sueurs morbides. Ce traitement présente aujourd’hui un nouvel intérêt: depuis quelques années on a. beaucoup étudié l’action antisudorifique de plusieurs médicaments, en particulier dn sulfate d’atropine; et d’autre part, beaucoup d’observations publiées soit à l’étranger, soit en France, démontrent que dans plusieurs maladies fébriles, le rhumatisme par exemple, il peut y avoir avantage à supprimer les sueurs abondantes.

Dans le dernier chapitre sont étudiées les sueurs dans quelques maladies chroniques, dans les intoxications et les affections cutanées. Nous avons insisté particulièrement sur les sueurs de la phthisie et le traitement qui leur convient,

sujet, sui' lequel beaucoup de travaux ont été récemment publiés.

Qu'il nous soit permis de remercier nos maîtres et nos amis qui ont bien voulu nous donner leurs conseils et nous aider à réunir les matériaux de ce travail.

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