‹ Des suites éloignées de la Myomectomie AbdominaleChapitre 25 sur 30 · STORE · texte numérisé non relu

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OBs. XXXVI. — Mme A... de Q.…, 36 ans, mariée à 35 ans, pas de grossesse, règles abondantes durant quatre ou cinq jours douloureuses, métrorragies et leucorrhée.

5 juin 1907. Myomectomie : grosse masse fibromateuse du poids de 1.000 gr. |

11 avril 1908. — Mme de Q.. va très bien au point de vue de l’état général, très bien aussi au point de vue de l'utérus qui a un volume sensiblment normal, en bonne position, bien. réglée.

2 mai 1914. — Rentre à l’hôpital pour se faire opérer d’un kyste du sein gauche. La malade se dit très bien réglée, sans douleurs pendant trois jours seulement. Utérus en position normale, pas de récidive.

11 décembre 1920. — Règles un peu plus abondantes, mais non incommodantes.

10 janvier 1921. — Rentre, pour tumeur du sein droit, à l’hôpital ; les dernières règles ont été un peu plus fortes. L’utérus a le volume d’un utérus gravide de trois mois, on sent au palper un petit fibrome en avant et à droite de l’utérus. Mme de Q.. arrivant à la ménopause, on fera une application de radium.

21 janvier. — Radium 120 milligr. pendant quarante-huit heures ; hystérométrie : 12 cm.

1922. — On apprend qu’à la suite de chagrins de famille la malade est devenue neurasthénique.

Ogs. XXXVII. — Mlle V..., 36 ans, douleur dans le basventre depuis cinq ou six ans, règles régulières et de durée normale ; la tumeur, qui remonte à l’ombilic, gène la malade pour se baisser et aller à la selle (constipation).

10 février 1904. — Myomectomie : trois fibromes sousséreux du poids total de 2.230 ‘gr.

25 mai 1908. — Menstruations parfaites, normales en durée et en quantité. Au toucher rectal : utérus nullement augmenté de volume,

Mars 1911. -—— Les règles sont très régulières, pas de métrorragies mais utérus remontant à trois doigts au-dessus

du pubis. On sent au toucher un petit fibrome, les annexes

sont douloureux à droite comme à gauche.

30 mars 1911. — Hystérectomie totale pour fibrome: et

ovaires polykystiques, hystérométrie : 13 cm. 5.

Janvier 1914. — La malade va bien.

Cas de grossesse suivis de récidive.

O8. XI (déjà publiée au chapitre II). — Mme'G..., 25 ans, -myomectomie en 1905, fausse-couche et récidive en 1906.

Os. XIV (citée chapitre II). — Mme P.., 27 ans, myomectomie le 21 mars 1901, un enfant en 1906, récidive en 1922.

Ogs. XV (citée chapitre ID). — Mme R.…, âgée de 27 ans, myomectomie en 1904, deux grossesses ultérieures, récidive

en 1913.

Les récidives sont admises, mais il y a lieu de les étudier.

Leur symptomatologie est celle du fibrome. Mais cest surtout par la réapparition des hémorragies qu'elles se manifestent : hémorragies beaucoup moins graves, beaucoup plus modérées.

La ‘ou les tumeurs sont en général aussi beaucoup moins volumineuses, de petit ou de moyen volume.

Mais ces récidives vraies sont pour la plupart tardives, c’est en moyenne 10 ans après la myomectomie

qu’on les voit apparaître. Dix ans pendant lesquels

la femme a joui d’une vie génitale normale et parfois féconde.

M. Villard, en 1903, présenta une observation de récidive 11 ans après une myomectomie. À ce mo-

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ment, il en concluait que cette opération était mauvaise puisqu'elle exposait à la récidive et à une réintervention. Mais depuis, ses idées ont changées : dans une des dernières discussions à la Société de Chirurgie de Lyon, et dans son enseignements, il est devenu un partisan convaincu de la myomectomie. Son observation, comme les nôtres, témoigne en faveur de la réapparition tardive des récidives.

M. Goullioud a fait trois hystérectomies secondaires pour retour de pertes ou réapparition de tumeurs.

Une de nos malades a pu avoir deux enfants dans l’intervalle des deux opérations ; aussi, cette femme, heureuse de sa double maternité, n’a-t-elle pas tenu rigueur à son chirurgien de l’avoir exposée à une réintervention. D'ailleurs, le cas n’était pas favorable à la myomectomie : il s’agissait d’un utérus enclavé dans le bassin et bourré de petits fibromes ; les tumeurs enlevées ne pesaient que 212 grammes. La seconde tumeur fut plus importante, du poids de 1.200 grammes, et formée aussi de fibromes multiples (obs. XV).

Une autre, institutrice, myomectomisée à 36 ans, en 1906, fut réopérée en 1916 et présenta, à la suite des troubles mentaux qui la firent entrer pour plusieurs mois dans une clinique ; elle est heureusement guérie actuellement.

Aujourd’hui, ce ne serait pas d'hystérectomie qu’il s'agirait en cas de récidive, mais d’un simple traitement par curiethérapie ou radiothérapie. Ce fut le cas d’une autre malade qui, mariée à 27 ans, et ayant déjà un fibrome dans la corne utérine, eut deux en-

fants vivants et trois fausses-couches, fut myomectomisée, eut encore une fausse-couche après son opération, enfin fut soumise à la radiothérapie qui amena

la cessation de ses règles à 42 ans (obs. XIX).

En résumé, les récidives après myomectomie sont dues parfois au développement de masses non enlevées (récidives prévues) ou ignorées (utérus bourrés de fibromes minuscules). Elles sont fonctions aussi de l’âge de la malade et de stérilité volontaire ou

involontaire.

Il est bien évident qu'après l’hystérectomie, le chirurgien a l'esprit plus tranquille ; il sait qu'il n’y aura plus à y revenir. Mais, est-ce bien l'intérêt de la femme ? Toute la chirurgie conservatrice est dans ce dilemme. .

Qu'il nous soit permis, à la fin de ce chapitre, de soulever une question qui sort un peu de notre sujet ; c’est celle de la myomectomie faite par erreur dans un cas de myome malin.

M. Tixier, à propos d’une communication de MM. Fabre et Barbier (Réunion obstr. et gynéc., févr. 1920), insiste sur l’évolution maligne toujours à redouter pour des fibromes volumineux chez des femmes jeunes et rappelle une observation où, deux mois après une hystérectomie, la malade présentait une fracture pathologique du fémur et des phénomènes de généralisation comme on en constate rarement.

Nous n’avons pas observé de cas analogue à la suite de nos myomectomies, mais notre observation I est

très intéressante car le chirurgien avait été effrayé par l’examen histologique. Empêché de réintervenir de suite par une phlébite, il eut le temps de voir son utérus conserver toujours le même volume. Une grossesse ne débuta qu'après une année d’observation. Dans les cas douteux, il faudra donc observer ces malades avec grand soin pour réintervenir s’il y avait

lieu.

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