‹ Des suites eloignees des traumatismes du crane et de leur traitement par la trepanationChapitre 22 sur 40 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

TROUBLES MENTAUX

Nous avons dit; dans notre historique, que la plupart dos auteurs sont aujourd’hui d’accord pour accorder aux traumatismes du crâne une part plus ou moins évidente dans l’apparition des troubles mentaux qui se développent à distance.

Les faits semblent le démontrer ; le raisonnement pouvait le faire prévoir. Est -il plus difficile d’admettre a priori l’intluence du traumatisme sur le système nerveux central, que sur le système musculaire, par exemple; et la pensée n’est- elle pas au cerveau ce que le mouvement est au muscle ? Le muscle étant lésé, le mouvement est compromis; la pensée, phénomène dont les rouages sont encore plus complexes, doit fatalement être modifiée dans ses manifestations et dans son équilibre, si des causes extérieures sont venues modifier aussi dans sa texture, dans les conditions de sa vitalité, l’organe important sans lequel les phénomènes intellectuels ne pourraient exister.

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Ces troubles peuvent être de deux ordres, et caractérisés soit par des symptômes d’excitation, soit par des symptômes de dépression. Gomment les expliquer ? Nous pouvons dire, sans vouloir nous étendre sur la pathogénie, que deux cas peuvent se présenter : ou le crâne a été lésé ; il reste alors des cicatrices extérieures visibles, auxquelles correspondent probablement des altérations internes (fausses membranes, adhérences, abcès, ostéophytes, etc., etc.). Si, au contraire, le crâne est resté intact, ou comprend moins bien le développement des accidents. Ou les explique parla commotion, la compression ; par des troubles de structure intime de la substance cérébrale G

Dans le premier cas, on peut espérer que l’intervention chirurgicale aura une heureuse influence sur la marche des symptômes constatés. Pour les faits de la deuxième catégorie, l’application du trépan paraît moins indiquée; les faits sont rares et, jusqu’à présent du moins, peu probants: j’en excepte toutefois certains cas d’épilepsie vraie d’origine traumatique.

Les chirurgiens, qui sont intervenus dans les troubles cérébraux sans lésion externe apparente, ont été guidés le plus souvent par des considérations théoriques. Les uns pensaient libérer un cerveau à l’étroit dans un crâne mal conformé (épilepsie essentielle); pour les autres, l’ouverture crânienne servirait à évacuer un trop plein de liquide céphalo-rachidien, pour faire baisser la pression.

Nous ne sommes pas éloigné de penser, en nous basant sur l’existence de phénomèmes congestifs du côté

‘ Voir Kœnig, Traité de chir. spéciale, trad. Comte.

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cIg la facG cliGz cGi'taiiis cérébraux, que 1g CGrveau luiiiiêmG GSt 1g siôgG (Ig cong'Gstions répétéGs qui pourraient être la cause des accidents qu’ils présentent; ceux-ci seraient dus à des phénomènes de compression. La trépanation agirait dans ces cas de trois façons ; en faisant une saignée crabord, en libérant la substance cérébrale, et peut-être en laissant à sa suite une cicatrice plus ou moins molle qui permettrait à la substance cérébrale de se développer davantage et d’échapper à la compression (?), En résumé, nous pourrions écrire en moditiant légèrement la comparaison saisissante d’Hoffmann: La trépanation est Cl la compression intra-cêrêbrale ce que V iridectomie est au glaucome^

Burckhardt (de Préfargier), au dernier Congrès de Berlin, a émis encore une autre hypothèse^. Il considère toutes les psychoses comme des lésions de l’écorce, non diffuses, mais en foyer, plus ou moins nombreuses. Il a présenté alors les résultats de leur traitement par un procédé qui consiste à enlever de petites portions de la couche corticale des circonvolutions. (( Dans deux cas, conclut-il, le but était d’intercepter les associations corticales qui transmettent à la région motrice des sollicitations pathologiques avec une facilité exagérée. Dans d’autres, l’indication était d’extirper la surface corticale verbale, auditive ou motrice, et d’empêcher par là les hallucinations de se produire. Dans ce but, j’ai enlevé à quatre malades des parties de l’écorce de la première temporale et de la troisième frontale. Il y a eu, après

* Hoffmann avait dit : La trépanation est à Vépilepsie... .

* Excision de l'écorce cérébrale comme traitement chirurgical des névroses. (Semaine médicale, 17 août 189d).

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