‹ Des Synovites Infectieuses SecondairesChapitre 11 sur 11 · D FAST ES · texte numérisé non relu

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un aspect légèrement rayonné. On a quelquefois constaté la suppuration de la synoviale, la nécrose des tendons et des abcès sous-cutanés procédant de fusées purulentes ayant leur origine dans la synoviale.

Traitement

Les synovites infectieuses n’étant qu’une manifestation locale d’un état morbide général, le mode de traitement qui leur convient doit, pour être efficace, exercer sur l'organisme une action locale et une action dynamique générale. Nous étudierons successivement le traitement local et le traitement général.

a) Traitement local

Lorsque ces maladies n’atteignent qu’un seul membre, et qu’elles sont limitées, peu étendues, le repos, les bains et les cataplasmes émollients d’abord, et quelques frictions irritantes, avec un bandage immobilisant la région, suffisent ordinairement pour les faire disparaître dans l’espace de douze à quinze jours.

Quand, au bout de vingt à vingt-cinq jours, malgré l'emploi de ces moyens simples et rationnels, la claudication et l’engorgement persistent et la douleur diminue, il est à craindre que ces maladies passent à

l'état chronique, et qu’elles deviennent sinon incurables, du moins difficiles à guérir. Pour combattre, dans ce cas, fructueusement ces affections, on doit, par une médication des plus actives, se hâter de changer le mode inflammatoire pour lui donner un nouveau degré d’acuité sans lequel la résolution deviendrait impossible. La teinture de cantharides, la pommade au biiodure de mercure, l’essence de térébenthine, l’onguent vésicatoire, sont les médicaments les plus usités et les plus efficaces.

| Si ces remèdes échouent, en dernière ressource, on doit recourir à la cautérisation de la région. Souvent on obtient un bon résultat de ce moyen. Mauri a obtenu la guérison d’une synovite d’origine gourmeuse par la cautérisation en pointes fines. Malgré tout, ce moyen est loin d’être infaillible ; et dans certains cas, rares cependant, malgré son emploi, l’engorgement et la claudication persistent et rendent les animaux impropres à toute espèce de service.

M. le Professeur C. Cadéac a combattu quelques synovites sésamoïdiennes métapneumoniques par la névrotomie du médian. La douleur déterminée par les synovites consécutives à la pneumonie est quelquefois tellement prononcé que les animaux ne peuvent pas se tenir debout et qu'ils sont condamnés à périr si on ne diminue pas leurs souffrances. La section du médian, pratiquée sur le membre le plus souffrant, provoque une amélioration immédiate. Elle permet à l'animal de résister aux synovites, de se lever, de manger, de guérir,

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b) Traitement général

Les synovites symptomatiques de maladies infectieuses guérissent ou sont incurables suivant la gravité de ces maladies. Ainsi les synovites morveuses ne réclament aucun traitement, la morve occasionnant labatage des animaux qui en sont atteints. Mais quand les synovites sont l’expression d’une maladie curable, un traitement général s'impose. Pendant longtemps, les moyens étaient exclusivement locaux. Plus tard, Palat, par une observation suivie de faits, acquiert la certitude que les sétons, les vésicatoires et les sinapismes appliqués loin du mal, dans la région de la poitrine, produisent une amélioration notable et quelquefois même la disparition de ces maladies.

C’est là un grand progrès sur le passé, car cette méthode de traitement guérit la boiterie, prévient l’exsudation de la synoviale et la déformation ultérieure de la région. Trasbot fait mieux. Il prévient le développement de la maladie sinon toujours, au moins dans un grand nombre de cas, en stimulant les organes glandulaires, le rein et le foie chargés de les éliminer. Dans ce but, il administre cinq à dix grammes de bicarbonate de soude et dix à vingt grammes de nitrate de potasse. L’essence de térébenthine à la dose de cinq à dix grammes est aussi employée avec succès. Selon toute probabilité, les divers diurétiques et cholagogues administrés pendant la même période de temps, soit pendant huit à douze jours, donneraient les mêmes résultats.

Mégnin et d'autres auteurs ont essayé l'acide arsénieux à titre de modificateur dynamique. Ils emploient un gramme par jour d’acide arsénieux mélangé intimement avec du barbotage, et ils prolongent le traitement un mois à six semaines pour éviter les récidives, et même plus, dans certains cas rebelles.

Wiart emploie l’acide arsénieux isolément ou de concert avec l’iodure de potassium. Les résultats obtenus n’ont pas été favorables.

Quand ces moyens n’ont pu suffire à contrebalancer la cause provocatrice et que celle-ci a déterminé des synovites multiples, on ne doit pas pour cela cesser leur emploi. Au contraire, il faut augmenter leur dose et appliquer localement les vésicants dont il a été question. En outre, on pourra administrer à nos animaux du salicylate de soude regardé comme héroïque contre le rhumatisme de l’homme.

Observation clinique

L’année dernière, alors que nous faisions un remplacement à Nîmes, nous avons eu l’occasion d’observer une synovite sésamoïdienne consécutive à une pneumonie gourmeuse.

Le 25 août 1928, M. X..., agriculteur, nous fait appeler pour un cheval breton, aubère, âgé de quatre ans, qui boite d’une facon très accusée du membre antérieur gauche. Le propriétaire nous apprend que son cheval, qui avait été traité à la fin du mois de juillet pour une pneumonie gourmeuse, n’a presque rien mangé depuis la veille. L’animal nous paraît triste, hébété, et le thermomètre accuse une température de 39°5. L’examen du membre malade nous révèle une tuméfaction chaude et très douloureuse en arrière du boulet.

Les symptômes généraux, le siège et l’état de la lésion nous font porter le diagnostic de synovite aiguë de la grande gaine sésamoïdienne, synovite qui, selon nous, est secondaire à la pneumonie gourmeuse.

Nous prescrivons une application du mélange :

Pommade à l’oxyde rouge de mercure ....

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sur toute l’étendue de la tuméfaction. Nous croyons utile de joindre au traitement local un traitement général. Nous conseillons le salicylate de soude (dix grammes par jour pendant dix jours). Nous avons revu plusieurs fois à deux ou trois jours d’intervalle l'animal, et nous avons enregistré une nette amélioration dès le dixième jour de traitement. La guérison était parfaite trois semaines après le début de la claudication.

Conclusions

I. — Les synovites secondaires sont celles.dont l’apparition est subordonnée à des conditions pathologiques préexistantes, locales ou générales. t

II. —— La morve, la dourine, la tuberculose, l’infection purulente et la péripneumonie contagieuse peuvent leur donner naissance. Mais ces synovites symptomatiques résultant de maladies incurables sont les moins intéressantes de toutes.

III. — Il n’en est pas de même des synovites qui compliquent la pleurésie, l’endocardite, la péritonite, la pneumonie franche, la pneumonie infectieuse, la fièvre typhoïde, la gourme, la congestion intestinale, l’entérite, la métrite, la fièvre aphteuse. Ce sont les plus communes et les plus importantes.

IV. — Ces synovites secondaires sont généralement dues à la fixation, précoce ou tardive, des microbes de ces maladies dans les synoviales des membres.

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V. — C'est ordinairement entre le quinzième et le quarantième jour après l’évolution de la maladie primitive que cette infection secondaire se produit.

VI. — Ce sont généralement, par ordre de fréquence, la grande gaine sésamoïdienne, puis la gaine carpienne, la synoviale de la corde du jarret et la coulisse tendineuse du coraco radial qui sont atteintes.

Ces infections se localisent généralement aux membres antérieurs.

VII. — Elles se traduisent par des symptômes généraux, fonctionnels et locaux ; elles sont d’autant plus graves que la synoviale atteinte est plus vaste, ou qu’un plus grand nombre de synoviales sont frappées.

VIII — Elles guérissent généralement, mais laissent souvent aussi des déformations incurables.

Vu : Le Directeur Le Professeur de l'Ecole Vétérinaire de Lyon de l'Ecole Vétérinaire, par inlérim, C: CADEAC:

DHL BE ML Vu : Le Doyen, Le Président de la Thèse, HO BEPINE D' ARLOING.

Vu el permis d'imprimer Lyon, le 28 Novembre 1929.

Le Recteur, Président du Conseil de l’Université. J. GHEUSI:

Bibliographie

BOULEY jeune. — Recueil de Médecine vétérinaire, 1840. C. CADÉAC. — Recueil de Médecine vétérinaire, 1885. — Journal de Médecine vétérinaire, 1911.

— Pathologie interne des animaux domestiques.

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FLORIOT. — Recueil de Médecine vétérinaire, 1911.

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