‹ Des Synovites Infectieuses SecondairesChapitre 8 sur 11 · EXT |: UE · texte numérisé non relu

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localise dans les synoviales affectées de lésions auciennes chroniques. Quand on cherche à immuniscr de vieux chevaux contre ce streptocoque, on voit queiquefois éclater des synovites et arthrites, des articulations souffrantes atteintes d’hydarthroses où de lésions chroniques diverses.

Les synovites comme d’ailleurs les arthrites méfapneumoniques doivent être regardées comme le résultat de la fixation et de la répullulation dans les articulations et les synoviales des diplocoques de la pneumonie ou de tout autre germe inconnu. On pourrait les croire sous la dépendance des toxines engendrées dans la pneumonie s’il n’était pas possible de découvrir le streptocoque dans l’exsudat synovial. Les streptocoques demeurent dans l’économie prêts à frapper toutes les séreuses, simultanément ou successivement. À l’infection de la séreuse des alvéoles pulmonaires, peut succéder, à échéance variable, l’infection des séreuses synoviales et exceptionnellement, en dernière analyse, l’infection de la séreuse pleurale. On peut affirmer que pneumonies contagieuses, gourme et synovites infectieuses sont trois chaînons d’une même chaîne, la chaîne streptococcique.

Le travail, le froid, l'humidité peuvent être des causes occasionnelles; mais leur action spéciale est douteuse, ou tout au moins mal définie.

Epoque d'apparition

En tenant compte de ce fait que les synovites infectieuses sont chronologiquement chez nos animaux des synovites secondaires, il y a lieu de déterminer l’époque de leur apparition. A ce sujet, les avis sont partagés. Aïnsi Bouley jeune dit que « c’est ordinai- « rement quinze à vingt jours après l’apparition de « la pleurésie, lorsque les chevaux sont en convales- « cence, que cette singulière claudication se mani- « feste, quelquefois cependant, elle ne se montre « qu’au bout de trente à quarante jours et par con- « séquent après le plus complet rétablissement. »

Palat les a vu apparaître pendant la première semaine, quelquefois aussi entre le dix-septième et le cent-huitième jour après l’invasion de la maladie de poitrine. Trasbot leur assigne la deuxième ou la troisième semaine, soit vingt à vingt-cinq jours. Mitaut prétend qu’elles peuvent se montrer après six mois. Rossignol fait observer que chez l'espèce bovine leur apparition est beaucoup plus tardive que chez le cheval et peut se faire attendre plusieurs mois.

Quand il s’agit d’une maladie de poitrine, c’est ordinairement pendant la convalescence que les syno-

vites font leur aparition et du vingtième au vingt-cinquième jour. Pour les autres maladies nos connaissances sont loin d’être aussi précises. Cependant on peut affirmer que les synovites constatées six mois après la guérison d’une maladie quelle qu’elle soit,

lui sont absolument étrangères.

Fréquence

La fréquence de ces synovites est sujette à de grandes variations. Exceptionnelles dans certaines épidémies, elles se montrent en série dans d’autres. Palat dit qu’elles surviennent une fois sur dix, dans le cas de pneumonie grave. D’autres auteurs en ont observé de véritables séries. Quelquefois elles ne se montrent que de loin en loin. Elles sont soumises aux fluctuations de toutes les autres maladies.

Trasbot s’est appliqué à découvrir la cause de ces différences et il paraît y avoir réussi après une observation de plusieurs années.

De ses études, il résulte que les différences constatées dans la fréquence des synovites infectieuses dépendent « du traitement institué pour régulariser la « marche de la pneumonie. Elle est, en effet, très rare « si on ajoute à la thérapeutique classique de la « pneumonie, une médication en quelque sorte dépu- « rative, ayant pour but de faire éliminer plus rapide- « ment les produits de désassimilation. » On les voit apparaître quand la médication est insuffisante, comme il l’a observé deux fois à la suite de l’admi-

nistration d’émétique à la dose ordinaire et pendant

on

quatre ou cinq jours seulement. À Neufbrisach, Palat a observé que sur soixante-huit maladies de poitrine à caractère typhoïde pendant l’espace de trois mois, cinq ont offert cette complication. Rougieux, Girard, Vilain et bien d’autres signalent après cette affection les synovites dont il s’agit. Le professeur C. Cadéac a observé un cas où cette complication s’est montrée consécutivement à une fièvre iyphoïde sans localisation.

Les synovites infectieuses, qui ont dans leur développement une sorte de prédilection pour les grandes gaines des extrémités, n’offrent pas de siège fixe, contrairement à l’opinion formulée par Bouley jeune. Cet auteur, pensant que la gaine grande sésamoidienne était exclusivement affectée, leur avait donné le nom de synovites sésamoïdiennes. L'observation ultérieure des faits a démontré que les autres synoviales peuvent aussi être atteintes, quoique exceptionnellement. C’est ainsi que la synoviale de glissement du coraco-radial, la gaine carpienne et toutes les synoviales tendineuses peuvent être frappées au même titre que la gaine précitée.

Les synovites sésamoïdiennes sont une des complications les plus apparentes des pneumonies ; mais on peut voir la gaine carpienne, la synoviale de la corde du jarret ou celles des quatre extrémités, s’enflammer à la fois ou successivement. Ainsi la synovite de la gaine carpienne a été observée chez le cheval par Rey en 1847, par Wiart en 1876, par Trasbot en 1877 et chez la vache par Rossignol. Quelquefois, elles en-

vahissent encore la coulisse tendineuse du coracoradial.

Ordinairement, ces affections envahissent les membres antérieurs, particulièrement le gauche. La station forcée, pendant l’affection de poitrine, est une cause de fatigue qui explique cette vulnérabilité. Rarement on a vu ces affections débuter par un membre

postérieur.

Symptomatologie

Le début des synovites secondaires présente quelques particularités intéressantes. Ordinairement, un membre antérieur, et particulièrement le gauche, est envahi ; rarement on les voit débuter par un membre postérieur ; mais, quel que soit le membre primitivement attaqué, c’est presque toujours la grande gaine sésamoïdienne qui est atteinte. C'est ce qui explique la dénomination de « synovites sésamoïdiennes » qui leur a été donnée par Bouley jeune. Actuellement, cette désignation est incomplète, attendu que les autres synoviales peuvent être frappées au même titre que la gaine précitée.

Dès que les conditions nécessaires à la détermination des synovites ont agi, celles-ci, qu’elles soient traumatiques ou infectieuses secondaires, se traduisent à peu de chose près par les mêmes symptômes.

Nous distinguerons des symptômes généraux, des symptômes fonctionnels et des symptômes locaux.

a) Symptômes généraux

Les synovites infectieuses secondaires ont un début soudain et caractérisé par un mouvement fébrile assez appréciable dans la plupart des circonstances et analogue à la fièvre d’invasion des maladies érup-

tives. Les symptômes généraux que présentent les animaux atteints de synovites infectieuses secondaires varient avec la gravité du mal et suivant le nombre des membres affectés : en effet, lorsque la maladie se borne à une extrémité ‘antérieure seulement, une claudication plus ou moins forte la caractérise, l’animal conserve sa gaieté et son appétit ordinaires, sa santé générale n’est nullement dérangée. Mais il n’en est pas de même si les deux membres thoraciques sont frappés en même temps, le cheval offre tous les signes de la fourbure, bien qu’il ne soit pas affecté de cette maladie ; il y a souvent fièvre et inappétence. La colonne vertébrale est voussée en contre-haut et les membres abdominaux sont rapprochés du centre de gravité pour soulager les membres antérieurs que le malade porte instinctivement en avant. Enfin, lorsque les quatre extrémités sont atteintes à la fois, l’animal est presque constamment couché et dans un état de souffrance difficile à décrire. Il ne se relève qu'avec beaucoup de peine et toujours pour retomber quelques instants après sur la litière où il s’agite sans cesse. S’il n’est pas alors soulagé par un traitement actif et rationnel, son corps se couvre de blessures plus ou moins profondes par suite de frottements réitérés et il finit quelquefois même par mourir de septicémie.

b) Symptômes fonctionnels

Lorsque l'animal est mis en mouvement, les synovites se dénoncent par une claudication plus ou moins intense, et dont la physionomie varie avec le

siège même de ces maladies. Cette claudication est très évidente dès le début de la maladie.

Au repos, le membre malade à demi-fléchi est porté autant que possible en avant de la ligne d’aplomb, et n’appuie sur le sol que par la pince. Quand la synovite envahit la gaine grande sésamoïdienne, l’articulation du boulet se fléchit et l’angle qu’elle forme tend à disparaître ou même à se reformer en sens inverse. Dans cette position toute instinctive, les fléchisseurs des phalanges sont relâchés et la gaine est moins sujette à s’endolorir. S'agit-il de la gaine carpienne et de celle du coraco radial, le genou devient arqué et l’extension de cette région comme celle du membre tout entier est difficile et en tout cas très restreinte. Dans ces diverses attitudes, l’animal se tient généralement immobile pendant des heures entières ; car tous les déplacements de la région malade se traduisent par une douleur excessive. Cependant, on voit le membre souffrant exécuter des mouvements isochrones, indices de lancinations quand la cause provocatrice engendre la formation de pus dans l’intérieur de la synoviale.

Au pas, la boiterie est très intense et l’animal marche quelquefois à trois jambes, de telle sorte qu’il devient inutile et même dangereux de le soumettre à

une allure plus rapide.

c) Symptômes locaux

Les symptômes obiectifs sont les plus importants. Ils consistent généralement dans la tuméfaction de la

région, la douleur provoquée par la pression, la chaleur anormale développée « loco dolenti », l’exagération dans le nombre et la force des pulsations artérielles ; et enfin dans la déformation qu’occasionne l'accumulation du liquide dans la gaine. Ordinairement, on observe en arrière du boulet et à la partie inférieure des tendons fléchisseurs un gonflement produit par l’'épanchement de liquide contenu dans la gaine grande sésamoïdienne et par l’infiltration périphérique. Celle-ci rend la région œdémateuse, mais l’œdème n'offre pas une étendue suffisante pour masquer l’épanchement. C’est à lui qu’est due principalement la distension de la synoviale et l’augmentation de volume de la région. Quoiqu'il en soit, la tuméfaction inflammatoire comble les dépressions, efface les reliefs des tendons, distend la synoviale qui fait hernie dans les points où elle est moins soutenue, sous forme de saillies ovoides où hémisphériques à peu près semblables aux molettes ; puis l’œdème s'étend peu à peu dans toutes les directions, la tension devient uniforme et la région prend un aspect empâté et arrondi.

Quand la synovite envahit la gaine carpienne, le gonflement s'étend au-dessus du genou. Quand elle siège dans la synoviale de la corde du jarret, la pointe de cette région est déformée et comme coiffée.

La région enflammée est toujours le siège d’une chaleur considérable et facile à constater, car la différence de température de la partie malade avec le reste du corps est très marquée.

La douleur est aussi très vive. Le moindre mouve-

ment, la plus légère pression exercée sur le siège du mal et particulièrement dans le point où la synoviale est superficielle, comme en avant des tendons fléchisseurs, la font manifester avec une intensité extrême. Tous ces phénomènes n’exigent pas plus de quatre à cinq jours pour se produire.

La synoviale peut suppurer sous l’influence d’une maladie contagieuse, comme la gourme. Dans ce cas, la boiterie est très intense, l’engorgement très chaud et très douloureux, occupant parfois toute la partie inférieure du membre jusqu’au sabot. Si on l’explore, on constate l'infiltration œdémateuse du tissu conjonctif sous-cutané, la tuméfaction des tendons et la fluctuation au-dessus du boulet et dans le pli du paturon.

Diverses complications peuvent résulter de la présence de pus dans la synoviale. Ce liquide macère les organes avec lesquels il est en contact, il amène la décortication ou l’exfoliation du petit sésamoïde, la nécrose des tendons, et devient le point de départ d’un javart tendineux. Il peut enfin s'étendre le long des tendons, se propager jusqu'aux synoviales articulaires ou produire des abcès sous-cutanés.

Marche - Durée - Terminaisons

Les synovites infectieuses ont des allures un peu vagabondes ; elles sont inconstantes dans leur marche comme dans leur intensité. Elles passent par des phases d’apaisement et de recrudescence qui leur donnent quelque ressemblance avec les affections rhumatismales.

La durée de ces maladies est très variable. Certains cas guérissent en trois semaines, un mois ou deux mois de traitement. Pendant ces divers laps de temps, ces maladies n’ont pas toujours conservé le même type ni la même acuité. Il est à remarquer qu'après la friction irritante, elles revêtent immédiatement un caractère subaigu, jusqu'à ce qu’une nouvelle poussée inflammatoire leur rende leur forme première. C’est qu’en effet chacune de ces poussées laisse après elle une sorte de substratum morbide, qui, sous l’influence du travail, de la fatigue, du froid, de l’humidité et d’autres causes inconnues, devient le point de départ d’un nouvel afflux sanguin. |

Tantôt ces maladies s’arrêtent, rétrogradent après l’exsudation et se terminent par la résolution ; tantôt elles persistent et deviennent chroniques. Dans ce cas,

Lu

l'inflammation s’atténue progressivement, amène l'épaississement de la membrane, et l’'adhérence des tendons entre eux. Au bout de vingt-cinq à trente jours, on constate une molette indurée semblable à celle qui procède d’une inflammation sourde et chronique avec une gêne notable des mouvements de Panimal.

Consécutivement, on voit les tendons fléchisseurs se rétracter et se raccourcir, et le membre devenir bouleté d’une manière définitive. Dans quelques cas ces maladies déterminent une boiterie persistante et incurable rendant les animaux inutilisables et nécessitant leur abatage.

Les synovites infectieuses peuvent aussi se terminer par la suppuration et entraîner la mort ou des complications telles que l’arthrite, le javart tendineux ou des abcès avoisinants.

On peut les voir se déplacer, à des époques variables de leur évolution, de la synoviale primitivement affectée. C’est ainsi qu’elles envahissent une deuxième ou une troisième synoviale lorsque dans le premier point l’inflammation est encore à la période aiguë. Dans ce cas, deux ou trois membres se trouvent envahis presque simultanément avec une intensité différente ou à peu près égale. D’autres fois, leur marche est plus lente, elles ne gagnent une autre membrane qu'après la résolution des phénomènes morbides dans la première synoviale envahie. Notre maître, le Professeur C. Cadéac, a pu suivre, pendant dix mois, un cheval chez lequel les quatre gaines grandes sésamoiïdiennes et les deux carpiennes successivement se

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