DIVISION
La classification des accidents syphilitiques qu'on adopte presque toujours dans nos traités est fondée sur V époque d' apparition des lésions; on étudie ainsi les accidents primitifs^ secondaires et tertiaires ; comme nous nous proposons ^e faire surtout une étude comparative des caractères diagnostiques des différentes syphihdes secondaires^ nous adopterons une division de celles-ci fondée sur leur constitution anatomique et leur aspect.
A propos de Tanatomie patholog*ique, nous verrous que l'érosion de la surface est un caractère commun à toutes les syphilides des membranes muqueuses ; ce qui les différencie surtout c'est l'intensité du processus irritatif qui aboutit tantôt à une hypertrophie plus ou moins saillante, tantôt à une prolifération destructive des éléments cellulaires du derme. De là des différences d'aspect suivant que nous avons : 1** une simple rougeur avec érosion ; 2® une augmentation d'épaisseur du derme ,
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plus ou moins étendue et saillante ^ toujours avec érosion superficielle; 3° perte de substance du derme constituant une ulcération plus ou moins déprimée. En partant par conséquent de Thypérémie nous pouvons établir, comme le propose M. Fournier, quatre degTés successifs auxquels répondent les quatre formes suivantes :
V Syphilide érosive ;
2"* Syphilide papuleuse;
3*" Syphilide papulo-hypertrophique;
4° Syphilide ulcéreuse (1).
Cette division des accidents offre plusieurs avantages considérables : d'abord elle est fondée d'une nianière rationnelle sur Tanatomie patholog^iqqe telle qu'on la connaît, et elle répond bien aux principaux types cliniques que fournit V aspect des accidents. Puis elle range les lésions dans un ordre qui est assez conforme à leur évolution chronologique. Enfin, cette classification est fort analogue à celles qu'on a adoptées pour les syphilides cutanées, notamment celle de Bassereau (2). Or nous espérons pouvoir montrer que, théoriquement et cliniquement, l'analogie entre ces deux ordres d'accidents de la peau et ceux des muqueuses, est complète pour
(1) Nous empruntons cette classification aux leçons cliniques faites cette année même à l'hôpital de Lourcine, par M. Fournier. ('2) Classification de Bassereau :
l® La forme érylhémateuse. 5*» La forme buUeuse.
2o — papuleuse. 6© — pustuleuse.
Bo — papuleuse humide 7» — tuberculeuse.
ou muqueuse. 8o — squammeuse.
i" — vésiculeuse.
toutes les variétés, et que les quelques dissem* blancesque Ton constate s'expliquent d'une manière très- physiologique par Tinfluenee des conditions locales.
Le parallèle des syphilides cutanées et muqueuses nous oblige à empiéter un peu sur des questions qui devront être soulevées plus loin; mais nous préférons l'entreprendre maintenant,» pendant que nous nous occupons à un point de vue général de la classification des lésions, quitte à l'appuyer plus tard par nos observations.
En prenant successivement chaque espèce de syphilide muqueuse^ nous allons les comparer aux formes cutanées admises par Bassereau.
La syphilide érosive de la vulve et des muqueuses est, selon nous, le pendant de la forme érythémateuse de Bassereau. La tache rubéolique cutanée, perdant son épithélium par l'action des liquides, devient humide ; on pourrait conserver pour cette lésion seulement la désignation de plaque muqueuse dont on a vraiment trop étendu l'application. Une circonstance qui prouve celte analogie est la conversion réciproqueTune dans l'autre de ces variétés d'accidents sous l'influence de conditions locales analogues à celles que nous invoquons pour la vulve. Ainsi, on voit la syphilide cutanée érythémateuse,chez certaines malades grasses, se transformer au-dessous des seins et dans les plis inguinaux, en véritables plaques muqueuses. D'autre part, lorsque les petites lèvres affectées de sclérême, ont atteint
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philîsdéjà un peu ancienne et qui étonnent soui^eut le médecin p^r leur résistance à la médicaîon. Nous avons plusieurs observations où ces deux sions: ecthyma cutané et syphilide ulcéreuse, se sont trouvées réunies chez le même sujet, sûr des ^parties du corps très-voisines, par exemple, sur l63 faces externe et interne des gprandes lèvres. Nous en donnerons des exemples tirés de nos observations, dans la description clinique de la variété $t/- ^jphilide ulcéreuse vulvaire.
En somme, si les syphîtidés cutanées présentent quelques variétés qui semblent ne pas exister sur les ^ muqueuses, celatientà ce qu'onles a divisées d'après ^ l'aspect de leur surface. Or celui-ci dépend tantôt - de Vétat de l'épithélium^ selon qu'il est accumulé en ^ masse ou à Tétat furfuracé (syphilide cornée, ^ squammeuse) ou bien soulevé par de la sérosité " ou' du pus (syphilide vésiculeuse et pustuleuse), ^ tantôt de l'accumulation de croûtes.
Ces états de la surface des lésions ne peuvent pas se constituer dans les régions humides.
Mais, d*autre part, si l'imbibition de la surface des lésions des muqueuses empêche ces formes de syphilide de s'y produire, d'autres formes spécialps aux réglions humides se rencontrent. Je veux parler des variétés de syphilides diphthérdides qui sont constituées par l'accumulation des détritus épithéliaux macérés et des exsudats fibrii\pux diversement coloriésqui remplacent les croûtes des réglions sèches, et donnent lieu parfois à des apparences très-sin-
gulières, dans certains cas où des malades malpropres laissent ces sécrétions s'accumuler et pourrir sur place«
Si cette étude comparative des lésions vulvaires semble minutieuse à un degré fastidieux, nous ren* voyons le lecteur au chapitre du diagnostic de chacune des variétés; on pourra voir combien son( différentes les exig^ences et les difficultés du dia* gnostic suivant les variétés que nous cherchons à établir.
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