‹ Des syphilides vulvairesChapitre 6 sur 18 · IS · texte numérisé non relu

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tuent de simples taches rubéoliqùes ou papuleuses, La même surface érosive, dans certaines conditions de malpropreté, se recouvre de détritus épithéliaux desquames, et d'exudats solidifiés qui, fermentant dans les liquides vulvaires, deviennent une cause nouvelle, surajoutée, d'irritation chronique. C'est dans ces conditions que sur de simples érosions ou papulesvul vaires naissent et s'accroissentces masses papillaires que Ton considérait autrefois comme des lésions syphilitiiques. On aurait peine à croire quel volume ces masses en chou-fleur, ces crêtes de coq, peuvent atteindre sans que les femmes qui les portent s'en préoccupent, et chose plus inconcevable, sans qu'elles deviennent repoussantes pour leurs amants. — On voit arriver à Lourcine des malades qui ne réclament les secours de Fart que lorsque l'entrée de leurs parties sexuelles est complètement obstruée par des tumeurs papillaires fétides et imprégnées de pus, et qui opposent aux rapports sexuels un obstacle mécanique insurmontable.

Nous verrons ces conditions (firriialion locale nullement spécifique, jouer un très-grand rôle dans la production des variétés de syphilides vulvaires, surtout pour les formes papuleuses exagérées, que nous avons appelées, d'après M. Fournier, syphilide papulo-hypertrophique.

La structure des papules est mieux connue, surtout dans leur forme exubérante. Virchow (1) con-

{\) Virchow, Trailë des tumeurs, vol. iï.

sidère ces accidents comme de simples hyperplasies de la peau. Voici, du reste, la description qu'il donne à ce sujet : a Une portion tout entière delà peau se soulève sous forme de gonflement arrondi et aplati, à l'intérieur duquel les papilles sont plus ou moins g^randes, quoique en g^énéral modérément aug^mentées de volume, et par-dessus lequel, au début du moins, passe Fépiderme lisse. Peu à peu la prolifération aug^men te dans le derme; son tissu connectif donne naissance à une prolifération prog^ressive, qui conserve d'abord le caractère du tissu même. Jusqu'à ce moment le condylome n'est g-uère non plus qu'une hyperplasie simple de la peau.

«Mais bien souvent ce développement continue à prog^resser. La tumeur, qui jusque-là était sèche, se tuméfie^ par une g'ranulation plus active, les papilles se remplissent de jeunes cellules, il se fait une transsudation humide ; Tépiderme se détaehe, il en résulte une surface dénudée, mouillée, qui fournit d'abord une véritable suppuration, et dont plus tard le tissu tombe en déliquium. Tel est le tubercule muqueux proprement dit, qui n'est autre chose qu'une tumeur g»ommeuse peu développée ; il conserve encore quelques propriétés particulières au tissu qui lui a donné naissance, il est surtout plus compacte et plus cohérent que beaucoup d'autres tumeurs du même genre. »

Il existe donc, comme nous venons de le voir, dans les papules un épaississement du tissu dermique, une hypertrophie du corps papillaire qui

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peut aller jusqu'à la vég'étation. Mais ce processus a-t-il quelque chose de spécial à la vérole : nous ne le pensons pas. Toutes les irrîtiations des muqueuses donnent lieu a ces excroissances papillaires^ et Ton peut remarquer que dans la syphilis ces néoformations exubérantes surviennent toujours sous Fempire d'une simple irritation locale.

Nous verrons, en effet, dans la description clinique de toutes ces lésions que leur orig»ine et leur développement se rattachent à Tincurie extrême dans laquelle vivent les malades,

La syphilide ulcéreuse est une lésion plus tardive chronolog*iquement et semble se rapprocher de la g-ommepar ses caractères anatomîques et cliniques.

Le processus irritatif local qui, dans les syphilides plus précoces, donne lieu à une s\mp\e hypertrophie du tissu ancien, semble ici acquérir une intensité plus g^rande et aboutir à la destruction du derme. Cette tendance destructive varie en intensité depuis la simple ulcération stationnaire, jusqu'au véritable phagédénisme.

Les g'ommes sont, sous tous les rapports, des accidents tellement distincts des syphilides secondaires, que nous avons préféré réunir dans un seul chapitre tout ce que nous avions à dire à leur sujet. Ces accidents offrent des caractères spéciaux tant au point de vue deFanatomie patholog^ique, des caractères cliniques et diag'nostiques, que des indications thérapeutiques. Qu'il nous suffise donc ici de dire qu'on

trouvera dans le Manuel d'histologie pathologique (1) de MM. Ranvier etCornil une description détaillée de la structure histologique des g'ommes avec une analyse des opinions des auteurs à ce sujet.

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