‹ Des systèmes en médecine, et de leur influence sur le traitement des maladies. Discours servant d'introduction au cours de thérapeutique et de matière médicale, de la Faculté de Médecine de Montpellier, pour l'annee 1827Chapitre 5 sur 18 · PREMIER MÉMOIRE · texte numérisé non relu

PREMIER MÉMOIRE

Du traitement Méthodique de s fluxion, ,

qui sont des élemens essentiels dans divers genres de maladies.

T'fv- • .

tJ fluxion tout mouvement qui porte

le sang ou une autre humeur sur un organe particulier, avec plus de force, ou suivant un autre ordre que dans l’état naturel.

La fluxion peut être aiguë ou chronique.

Lile est un élément essentiel dans la formation d’un nombre indéfini de genres de maladies, tant aiguës que chroniques; particulièrement de celles qui constituent les obstructions , les inflammations , les ulcères et les divers flux.

Dans ces maladies, l’élément de la fluxion présente très-communément des indications distinctes et majeures. Par cette raison, il est avantageux, pour établir plus parfaitement les méthodes de traitement de ces maladies.

d’avoir bien déterminé les règles du traitement spécial qui convient à la fluxion considérée en elle-même.

Il me parait qu’une des principales causes des incertitudes que présente le traitement de ces maladies , dont la fluxion est une partie essentielle, est que Jes auteurs > tant anciens que modernes y et même les plus méthodiques , n ont point fixé avec la précision et les détails nécessaires , les lois du traitement de la fluxion en général, et les applications de ces lois.

Hippocrate , Galien , et leurs sectateurs , ont donné sur ce sujet beaucoup de préceptes épars ; mais seulement d’une maniéré incidente, et en parlant de divers genres de maladies particulières , inflammatoires ou autres. Cette manière a dû influer sur les contradictions qu’on remarque entre Hippocrate et Galien , par rapport au traitement des fluxions.

Cependant ces contradictions de ces deux auteurs ne sont quelquefois qu’apparentes. C’est pourquoi il n’est pas inutile de rechercher si leurs assertions qui semblent opposées, peuvent s’accorder ; et , dans ce cas , le seul

moyen solide de les concilier, est défaire voir qu'elles s’appliquent également à des faits établis par l’observation médicale.

C est ainsi que les plus Habiles commentateurs d’Hippocrate, tels que Duret et Prosper Mai tianus , ont bien vu que la meilleure manière d’éclaircir et de commenter Hippocrate , est d’en expliquer les textes difficiles, en les rapportant uniquement aux faits observés dans la médecine-pratique.

Les auteurs galéniques qui ont écrit fort au long sur le traitement des fluxions, tels que Mercatus (i) , sont aussi tombés dans le défaut de ramasser des observations partielles , qu’ils n’ont point rapportées à des principes fixes et uniformes : et ce vice fondamental les a conduits à donner sur le traitement des fluxions, des règles douteuses et incohérentes, qu’on ne peut réduire en un corps de doctrine solide.

Je me propose de faire voir comment ce vide, qui a subsiste jusqu’à présent dans la doctrine médicale, peut et doit être rempli , en ne faisant usage que des faits constatés

(i) Dans ses deux livres de recto prcesidiorum arti* medicœ usu «

par des observateurs éclairés et exempts de préjugés, et en rapportant ces faits. à des principes généraux, qui en sont les résultats

simples et nécessaires.

Je vais exposer d’abord ces principes généraux, et j’en donnerai ensuite de nombreuses applications.

Je donne aux évacuations et aux irritalions attractives f épispases J considérées par rapport à un organe particulier ( d’où naît la fluxion, ou bien auquel elle se termine) le nom de révulsives , lorsqu’elles se font dans des parties éloignées de eet organe ; et le nom de dérivatives , lorsqu'elles se font dans des parties voisines de cet organe.

I Y. Premier Principe .

Lorsque dans une maladie, la fluxion sur •un organe est imminente , qu’elle s’y forme et s'y continue avec activité ; comme aussi lorsqu’elle s’y renouvelle par reprises périodiques ou autres ; on doit lui opposer des évacuations et des attractions révulsives par rapport à cet organe. Dans tous ces cas, les dérivations auraient peu d’effet pour détourner et affaiblir la tendance de la fluxion. Il faut la combattre puissamment par de grandes distractions des forces de la nature $

à qui Ton imprime des ensembles de mouvemens ( synergies J qui tendent vers des organes éloignés ÿ et qui sont perturbateurs des mouvemens qu’affecte la fluxion.

Y. S econd Principe •

Lorsque la fluxion est parvenue à Fétat fixe , dans lequel elle se continue avec une activité beaucoup moindre qu’auparavant ( dans les maladies aiguës ) ; ou lorsqu’elle est devenue faible et habituelle ( dans les maladies chroniques ) ; on doit en général , préférer les attractions et les évacuations dérivatives qui se font dans les parties voisines de l’organe qui est le terme de la fluxion.

Les mouvemens de la fluxion étant alors concentrés auprès de l’organe qui en est le terme , il sympathise d’autant plus faiblement avec les parties éloignées : et la nature ne peut ressentir utilement que l’influence sympathique qu’exercent sur cet organe les affections excitées dans les parties qui en sont voisines,,

Il est un grand nombre de maladies ou la fluxion totale est composée de plusieurs reprises particulières de fluxion ; .de sorte qu’il est difficile de déterminer dans les divers temps de la fluxion totale , si on doit

la traiter comme étant parvenue à son état fixe, ou comme étant dans l’imminence de son renouvellement paroxystique»

On a été fondé à dire en général , qu’il faut considérer avec soin , dans le traitement des fluxions ; si les humeurs se meuvent avec force et en abondance , ou peu à peu et doucement ; continuellement ou par intervalle : afin de régler sur ces différences , les révulsions ou les dérivations.

Y î. Troisième Principe .

Apres avoir fait précéder les révulsions et les dérivations qui sont indiquées , il faut souvent recourir à des attractions ou à des évacuations qu’on appelle locales , parce qu’elles se font dans les parties les plus voisines qu’il est possible de celle ou se termine la fluxion ; et ou elle est comme concentrée , l’affection forte de cette partie l’isolant en quelque manière de tout le reste du corps.

Il est encore souvent nécessaire , pour arrêter les progrès de la fluxion , lorsque l’organe qui en est le terme est le plus vivement affecté, d’employer ail ernativement des attractions ’et des évacuations locales, pendant qu’on fait usage de celles qui sont dérivatives, et même de celles qui sont révulsives.

V î I. Quatrième Principe .

Les principes précédens se rapportent aux cas où la fluxion qui se jette sur un organe, vient de diverses parties du corps qui ne sont connues que vaguement ; et où l’organe qui reçoit cette fluxion , est le seul Lien déterminé.

Mais dans les maladies où l’organe dont vient la fluxion , peut être assigné ou bien connu ; 1 affection de cet organe présente un autre ordre d’indications essentielles. Ce dernier cas est beaucoup plus commun dans les fluxions qui ont lieu dans les maladies chroniques.

Dans ce cas , il faut établir une dérivation constante , non auprès de l'organe où la fluxion se termine , quoiqu’il soit principalement affecté ; mais auprès de l’organe d’où cette fluxion prend son origine.

Je donnerai des développemens de ce quatrième principe, en traitant du choix de l’application des cautères , dans des divers cas de fluxions habituelles où ils peuvent être indiqués.

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