CONCLUSIONS
I. — En France, l'examen du lait n’a jamais, jusqu'ici, utilisé systématiquément les méthodes de l’analyse microbiologique.
II. — Aux Etats-Unis, au Canada, cette analyse comporte, comme celle de l’eau, des investigations de deux sortes :
1° Quantitatives;
2° Quahtatives.
Le lait étant un excellent milieu de culture pour la plupart des microbes qui le souillent, ils s’y multiplient beaucoup plus abondamment que dans l’eau.
De plus, la température du lait fraîchement trait et abandonné à lui-même s’abaisse très lentement, et, si l’on ne prend pas la précaution de refroidir le lait dès la traite avec des moyens appropriés, il reste pendant de longues heures à une température très favorable à la croissance de tous les germes. Du lait contaminé est donc, en raison de ces conditions, un véritable bouillon de culture où se développent en grande abondance les microorganismes qui l'ont ensemencé.
Par suite, la numération globale des microbes, plus encore pour le lait que pour l'eau, ne saurait avoir de valeur que pour les espèces non pathogènes. Pour les bactéries pathogènes ou indésirables, l’analyse qualitative prend une grande importance.
Les méthodes quantitatives, employées pour le lait, souffrent les mêmes reproches que lorsqu'elles s’adressent à l’eau. Dans ces conditions, la nécessité s'impose de les parfaire par la recherche de « fests » de conta-
minalion.
TI. — Les {ests choisis pour le lait sont :
1° La présence du colibacille (communément recherché dans l'eau);
2° Celle des sfreptocoques;
3° Celle de certains anaérobies.
1° Dans la recherche du B. coli, les méthodes colorimétriques basées sur la réduction du rouge neutre, utilisées pour l’eau, sont inapplicables au lait, car à côté du B. coli, se trouve une flore microbienne lactique abondante et variée, dont la plupart des individus réduisent aussi le rouge neutre (streptocoques), souvent même à 40 degrés.
Au sujet de cette action, nous avons montré que cerlaines moisissures susceptibles de se trouver dans le lait {Penicillium, Oidium aurantiacum, Rhizopus nigricans, Sterigmatocystis nigra, Aspergillus) font virer le rouge neutre, mais incomplètement et en dehors des limites de temps admises pour la réaction sous l'influence des microbes.
Les méthodes de culture en milieux phéniqués,
apphcables à la recherche du B. coli dans l’eau, sont plus longues pour le lait que pour l’eau, et moins satisfaisantes, certains hôtes habituels ou très fréquents du lait, notamment le B. lactis aerogenes et la “plupart des séreptocoques cultivant bien dans les milieux phéniqués à o gr. 85 pour 1000 (méthode Vincent).
2° La recherche des s{reptocoques donne des résultats plus rapides. Il est inutile d'essayer de différencier les espèces pathogènes des non pathogènes; le nombre et la grande diversité des espèces de s{reptocoques du lait, les variations et l’inconstance de leurs caractères morphologiques et biochimiques s’y opposent.
La numération approximative au microscope des streptocoques et la recherche des leucocytes seront habituellement suffisantes.
3° La recherche des germes anaérobies sera surtout intéressante dans l'examen des laits pasteurisés et stérilisés, qui, de plus, seront examinés au microscope selon la méthode de Kufferath. Elle permet de savoir si un lait contenait beaucoup de microbes avant le chauffage, et s'il s'en est développé depuis.
IV.— Les méthodes d'analyse microbiologique des laits qui nous paraissent les plus simples et les plus pratiques, en dehors de la méthode très indirecte de la ‘« réductase » qui ne saurait en aucune façon remplacer la numération microbienne, sont :
1° Les essais de fermentation (en aérobiose et en anaérobiose);
2° L'examen microscopique direct, fait immédia-
D tement après la traite ou dans les laits soumis au chauffage ;
3° Les méthodes d’enrichissement en bouillon lactosé, pour la recherche du colibacille et des streptocoques, suivies de l’examen microscopique du dépôt des tubes de culture positifs.
Vu :
LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, Vu : P. COURMONT