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duirc, elles se produiront même plus énergiquement; enfin il peut se faire que même pendant le cours d’une affection chronique de la moelle, par suite de la formation d’éléments accidentels comme dans la sclérose, ou de l’apparition d’une hémorrhagie d’une tumeur, les tubes nerveux, qui avaient pu échapper à la première phase de malfidie, comprimés et excités par le développement des tissus nouveaux, amènent la rigidité de la verge, de même que quelquefois ils produisent une contracture des muscles après une paralysie plus ou moins prolongée.
Dans quelques états morbides, l’éréthisme des centres nerveux est tel que le satyriasis les accompagne souvent, c’est un phénomène assez commun dans certaines formes d’hallucinations, dans la rage, etc. Je me souviens d’un fait que j’ai vu en 1861, dans le. service de M. Trousseau à l’Hôlel-Dieu : c’était un hydrophobe qui, dans les derniers moments de sa vie, était tourmenté par des érections presque continuelles.
Celte courte énumération suffira, je pense, à montrer que les faits pathologiques sont d’accord avec les expériences que j’ai faites pour prouver que l'érection est due à une excitation et non à une paralysie de l’innervation ; du reste, sans entrer dans les détails, il est facile de s’apercevoir que toute paralysie momentanée ou permanente suspend les fonctions érectiles ; effrayez un dindon, vous voyez aussitôt sa tête pâlir; qu’une émotion quelconque vienne assaillir l’homme pendant l’érection, celle-ci cesse aussitôt.
On trouve encore une preuve de plus dans les effets produits par différentes substances. Quoique le mode d’action de la plupart des médicaments soit très-imparfaitement connu, on voit que la turgescence des Organes génitaux est favorisée par les substances qui excitent le système nerveux; mais existe-t-il un stimulant spécial des tissus érectiles? Je ne le crois pas; la plupart des aphrodisiaques sont des matières qui portent leur action sur tout le système nerveux, ou qui n’agissent qu’en produisant une lésion locale capable de susciter une action réflexe énergique.
Il est difficile, du reste, d’imaginer un poison qui, répandu dans l’économie, ne porterait pas son action sur tous les tissus
— Assemblables ; lel poison paralyse les fibres nerveuses motrices, mais on ne peut se figurer un poison qui paralyserait les fibres nerveuses motrices de telle ou telle partie du corps à l’exclusion des autres; malheureusement, la thérapeutique est encore loin du degré de perfection qui lui permettra de classer les substances d’après leur mode d’action sur des éléments semblables.
Si nous connaissions des matières dont l’effet se fît plus spécialement sentir sur le grand sympathique ou les fibres musculaires de la vie organique, on pourrait, par leur emploi, non pas provoquer l’érection dans tous les cas, mais du moins la faciliter à coup sûr; certes les excitants généraux stimulent le grand sympathique, mais pas exclusivement ; cependant l’un des plus violents excitants du système nerveux, la strychnine, amène parfois des érections, comme l’a observé M. Trousseau ; c’est sans doute de celle façon qu’agit aussi le phosphore, c’est-à-dire en stimulant d’abord les éléments nerveux qu’il ne tarde pas à altérer.
Je laisse de côté les aphrodisiaques dont l’action est incertaine, pour arriver à la cantharide dont on ne peut nier les effets; il est possible que cette substance soit un stimulant du système nerveux, mais ce qui est certain, c’est qu’elle agit surtout localement par suite de son élimination dans les urines; son passage dans la vessie et dans l’urèthre produit une véritable vésication qui suffit pour déterminer, par action réflexe, un afflux de sang dans la verge; il n’est pas nécessaire pour produire ce résultat que la cantharide soit absorbée, une injection de teinture de cantharides dans l’urèthre ou même une injection d’ammoniaque le produit tout aussi efficacement, comme je l’ai vu en expérimentant sur des chiens.
Il est un médicament qui semble exciter plus spécialement les fibres-cellules ou les nerfs qui s’y rendent, le seigle ergoté; j’en ai fait prendre pendant plusieurs jours à un rat et à un cochon d’Inde et j’ai remarqué chez ces animaux une salaciLé extraordinaire; est-ce une simple coïncidence ou l’effet de l’ergot? je ne puis l’affirmer.
Ou est un peu mieux renseigné sur l’action des substances LEGROS. * 7
capables de faire cesser ou d’empêcher la turgescence des tissus! érectiles; si nous éliminons plusieurs médicaments que nous connaissons mal, et qui, du reste, sont très-infidèles, comme la ciguë, le camphre, les semences froides, le nénuphar, le lupulin, nous trouvons deux matières Vraiment actives : l’opium et le bromure de potassium ; et remarquons que toutes deux semblent agir plus spécialement sur l’organisme en paralysant le grand sympathique.
Ainsi l’action de certains médicaments, les faits pathologiques, les expériences sur les animaux, tout nous montre que la congestion des tissus érectiles est due à une excitation directe ou réfléchie des centres nerveux; je crois, en outre, avoir démontré que ce phénomène est sous la dépendance du grand sympathique, qu’il ne diffère pas de la congestion active des autres tissus et qu’il doit être attribué à la contraction artérielle autonome qui joue un rôle important dans la circulation.
Vu bon à imprimer, le 17 décembre 1866 :
Ch. ROBIN.
Le Vice-Recteur de l’Académie ,
A. MOURIER