DIAGNOSTIC
Le chapitre du diagnostic est assurément le plus obscur dans l’histoire des torsions épiploïques. Dans l'étude que nous venons de faire des symptômes de cette affection, ce que nous avons relevé, ce sont des signes plus ou moins complets, souvent intenses, parfois très attenués, d’étranglement herniaire. Mais il nous a été impossible de trouver aucun symptôme qui püt être considéré comme caractéristique. Et cela est si vrai que pas une fois parmi les cas qui ont été observés jusqu’à ce jour, le diagnostic exact n’a été porté. La plupart du temps on a fait le diagnostic d'étranglement herniaire, ou simplement d’engouement ; dans des cas moins aigus, Championnière pensa à une épiploïte et nous avons vu Lejars diagnostiquer une appendicite dans le cas très particulier que nous avons signalé.
Le diagnostic qui sera sans doute fait le plus souvent en présence des cas de ce genre est celui d’épiplocèle étranglée ou enflammée. En effet, le caractère de la tumeur herniaire, sa
dûreté, la matité qu’elle présente, permettront habituellement de mettre l'intestin hors de cause.
Dans les cas ordinaires, on pourra difficilement admettre autre chose — que dire alors des faits où la portion tordue est rentrée dans la cavité abdominale ? Hochenegg crut être en présence d'une réduction en masse avec persistance d’un étranglement interne ; Lejars a pensé à une appendicite parce que la masse occupait la fosse iliaque droite. Mais elle pourrait tout aussi bien siéger à gauche. On conçoit facilement la multiplicité des hypothèses qui peuvent alors venir à l'esprit et l'embarras très grand qui en résultera pour le clinicien.
Nous nous reconnaissons incapable de résoudre cette question, cependant si importante, du diagnostic, en l’état de nos connaissances actuelles. Ce que nous avons voulu, c’est montrer que la torsion de l’épiploon existe en tant que maladie propre, que c’est une complication assez fréquente de hernie.
Nous pensons qu'il était bon d'attirer l’attention sur cette affection et de montrer qu'on doit y songer quand on se trouve en présence d’un malade qui présente les signes d’une épiplocèle étranglée.