INTRODUCTION
Le nombre des accidents nerveux qui relèvent actuellement de la craniectomie est déjà très considérable. Celleci tend de plus en plus à empiéter sur le vaste domaine de la pathologie nerveuse et on verra que nos conclusions ne visent qu'à élargir encore le champ d'action de cette opération.
Ce senties accidents nerveux, qui se rattachent le plus directement à un traumatisme crânien, qui ont les premiers bénéficié de la craniectomie et pendant longtemps ils furent les seuls à en profiter.
Il en est parmi ces accidents qui n'apparaissent que longtemps après le traumatisme. Ce sont les accidents qualifiés de tardifs.
Ces accidents tardifs des traumatismes crâniens sont eux-mêmes des plus variables et leur classification métho-
dique n'est pas chose aisée, si on y veut comprendre tous les cas qui se présentent en clinique et ne rapprocher dans un même groupe que ceux qui sont superposables exactement de par leurs symptômes.
Dans ce travail de synthèse, en effet, c'est le point de vue clinique que nous devrions envisager, laissant au second plan l'anatomie pathologique, à cause de la moindre importance que nous sommes amené à lui attribuer sous le triple rapport de la pathogénie des accidents, des indications opératoires et du processus curatif.
Pour être précis, il faudrait dans cette classification multiplier outre mesure les groupes, encore n'arriverait on pas sans peine à faire valoir les différences de toutes ces formes cliniques, de beaucoup les plus nombreuses, où les manifestations morbides se réunissent d'après les règles en apparence les plus capricieuses et les plus compliquées.
Notre but n'étant pas de faire ici une étude systéma tique et complète de tous les accidents tardifs des trauraatismes crâniens, nous nous en tiendrons à celles des formes morbides que l'on rencontre le plus fréquemment dans la pratique.
Nous envisagerons successivement d'abord l'épilepsie localisée dite jacksonienne qui fera l'objet principal de cette étude, puis l'épilepsie dite essentielle, et l'idiotie (microcéphalique), ensuite le groupe des troubles d'ordre intellectuel.
Nous terminerons par quelques mots sur l'hystérie et la neurasthénie traumatique.
On voit que nous ne tenons guère compte de la division souvent adoptée des accidents nerveux post-traumatiques en troubles moteurs, sensitifs (sensoriels) et intellec tuels.
C'est que cette division, pour si rationnelle qu'elle paraisse, ne correspond nullement à la réalité clinique qui ne nous offre que bien rarement cette dissociation des symptômes. C'est leur association suivant des lois non encore complètement définies qui donne lieu aux diverses entités cliniques que le médecin a l'occasion d'observer ; nous ne retiendrons de ces diverses entités que celles qui doivent faire l'objet de considérations intéressantes sur le mode d'action de la craniectomie.
En outre, malgré sa simplicité réelle, la classification courante a le tort d'être incomplète. L'examen attentif de certains faits montre qu'aux troubles moteurs, sensitifs et intellectuels, il faut pour être complet, joindre encore des troubles trophiques et des troubles morphologiques, les uns et les autres pouvant dans certaines conditions, être la conséquence d'un traumatisme crânien, au même titre que les troubles d'ordre moteur, sensitif ou iatellectuel.