‹ Des Troubadours aux félibresChapitre 33 sur 57 · Page Ml · texte numérisé non relu

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L'obscurité éclot déjà dans la plaîne, La chouette fait chou, les taons bourdonnent, La nature est en deuil et les ^las des cloches Font retentir les airs de leur balin balan.

On retrouve chez beaucoup de poètes méridionaux le goût des onomatopées imitatives ; chez eu^ on en rencontre à tout instant : cUqm-daqno , palafloou , cataclan, eto. Nous en citerons encore un exemple pris dans

( 3^3 ) une pièce en patois du département de la Drôme. par M. Roch Grivel de Crest (1856;.

Oouvé de tous coustas un eïssam de prie'ras : La calio àsoua bounour chanto soun kinkolia.

Ne serait-ce point parce qu'il était méridional que Salluste Du Bartas, né près d'Auch, et qui fit quelque vers gascons que l'on voit dans ses œuvres, a cherché si souvent à produire des beautés de ce genre :

Tout ainsi le milan dans son ongle crochue Le pépiant poulet ernport-e par la nue : Cependant que là-bas la c/ouclouquante voix En vain son ravi fils iaj»pplle mainte fois.

Judith, chant H.

La g-enlille alouette avec son tire-lire, Tire-lire a lire et tirelirant, tire Vers la voûte du ciel : |)uis son vers ce lieu Vire et désire dire: Dieu, adieu! adieu Dieu! Cinquième jour de la semaine.

Les onomatopées de Du Bartas ne lui ont guère survécu ; on peut donc supposer que celles des félibres ne par\'iendront point à envahir la langue française ; mais si nous avons cité Du Bartas. c'est afin de montrer encore une fois que beaucoup de choses que les /eV/ôrespeuvent considérer comme des beautés en roman, ont été rejetées par le français après qu'il les avait eues à sa disposition. Il en est des onomatopées comme de l'exagération des diminutifs.

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