‹ Des Troubadours aux félibresChapitre 36 sur 57 · Page · texte numérisé non relu

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Elle est donc morte la tourterelle — Que tu aimais tant, ô pauvre ami ! — La tourterelle qui à toute heure , — • Autour de toi venait gémir.

Pauvre tourterelle . en te voyant , — Tu me faisais quasi croire — Que c'est Anacréon notre devancier fréïre, aïeul, reire , en arrière) — Qui t'avait envoyée en cadeau.

Pourquoi faut-il qu'une mauvaise heure — Vienne assombrir le plus beau jour . — Que les amours se flétrissent , — Que les fleurs et les tourterelles meurent l

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Plainte sur pbinte, douleur sur douleur ; — Parce que Ciel et terre ont perdu leur Seigneur. — Et moi. mon fils, le soleil sa clarté. — Car sans raison , Tout tué les Juifs traîtres.. — Dieu! quelle mortelle douleur!

Le deuil me perce le ç<Kur , homme ne peut apprécier — Que le Seigneur ont fait les Juifs navrer — Sus en la Croix , et puis fait abreuver — De vin myrrhe mêlé au fiel amer. — Dieu !

M. Rouard, dans sa Xotice sur la Bibliothèque d'Àix, dont il est le bibliothécaire , donne en outre en leur entier les Planchs de Sant Estève. Nous citerons le premier couplet d'après lequel on peut voir qu'il serait presque aussi facile de traduire le roman du vieux temps avec du français qu'avec le patois actuel :

Sezes, Senhors et aïas pas, So que direni ben escoutas :

Car la lisson es de vertat ; Xon hya mot de faisptat.

Cf^ersion de 1 3 1 8) .

Ausez, Messus et aysi pax Ce que diren ben escoutas En la lissoun de veritat Non l'y a moût de faussetat.

^Version de i655.) Sie'^ez, Seigneurs et ayez paix Ce que dirons bien écoutez:

Car la leçon est de vérité Non y a mot de fausseté.

( Version française des Planchs de i3i8 , par M. Roitard.

( 317 ) On peut en dire autant de ce fragment d'un poëme sur la Trauslaiian de S. Trophimc, comro?é. d'après Anibert qui le reproduit, en 4 152. f Mémoires historiques sur lancitnne république d'Ârks, 3« partie).

Cant los Papas 'sant Peir, sant Paul, Ajiirn >Hcrat sant Trufèine cors sant,' Els il deron que fos Papa secons En i.itas las Proensas que son deçà los inons. Tôt aque5t grand poder sant Tiolètne gaidet Ajtatit que fon Evesque ni visquet, E puejs devenc que la sîcntat defalhî, Entro que l'Empiador Costantin la hasti.

Quand les Papes Saint Pierre et Saint Paul — Eurent sacré Saint Trophime corps saint, — Ils lui donnèrent pouvoir qu'il fût Pape second — En toutes les provinces qui sont deçà les monts .—Tout ce grand pouvoir Saint Trophime garda— Autant qu'il fut évêque et vécut. — Et puis advint que la cité défaillit (pour tomba en décadence) -- Jusqu'à ce que l'empereur Constantin la bâtit.

( Ve rs io n fra n ça is'J

Quand li Papo Sant Peyre et Sant Paul — Agueroun ^acra Sant Trouphimo (prononciation ailésienni Tié-humo) corps sant — Eleis li dounéroun pouder que furuesse Papo secound — En touti li prouvince que soun deçai il mount. — Tout aquéou grand pouder Sant Trouphime gardé — Autant que fugué Evesque et visqué. —Et piei devengué que la cioutat défalhigué — Entio que l'Empé rour Constantin la bastigué.

{Version en provençal actuel) ^

C^est une chose digne de remarque que les chants religieux faits en ces temps reculés pour ru'=;age du peuple, semblent beaucoup plus faciles à rendre soit en français, soit en patois actuel , que la plupart de«: chan t^ des Troubadours. Ceux-ci n'auraiant-ils pa^- u'^é d'une langue arrangée par eux. façonnée un peu a' tificiellement. assez notablement distincte du langage universellement pa lé, empruntant davantage des éléments étrangers et se rapprochant moins du langage du Nord ?

Ce que je puis dire , c'e^t qu'étant peu versé dans la langue romane des Troubadours , il ma répuïne peu de faire un aveu qu'a déjà fait Rochegude , l'éditeur du Parnasse Occitanirn, j'éprouve une ce taine di.TicuUé à traduire les œuvres des Troubadours, mais je n'en ai aucune à comprendre soit les Planchs de Sant Esfèrr , soit la vie de Sainte Enimie, l'Evangile de VEnfavcp, et les autres poëmes de ce genre dont Raynoua d a do; né des fragments. L'Eglise ne s'adressait pas à des femmes savantes et à de hauts barons ; elle se mett.ait pi ut-ètre un peu plus k la portée de tous : la recherche, l'élégance auxquelles auraimt visé les Troubadours , n'auraientelles pas contribué durant d>' longs siècle^, à faire délaisser leurs œuvres privées de la fojularitéque naguère des savants ont cherché à leur donner?

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