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troubles menstruels que nous rencontrerons dans la tuberculose pulmonaire, il nous faut étudier comment surviennent ces troubles, à quelle période de la maladie, quelles sont les causes qui peuvent exercer une influence sur leur arrivée.
Le plus souvent ces troubles surviennent graduellement, d’une facon pour ainsi dire insidieuse; de plus, chaque malade nous présente un ensemble complexe de phénomènes qui s’ajoutent et paraissent quelquefois être la conséquence les uns des autres. Telle malade, par exemple, aura d’abord de la dysménorrhée, qui plus tard verra ses règles disparaître complètement ; telle autre restera deux ou trois mois sans être réglée; an bout de ce temps, la menstruation se rétablira, pour disparaître de nouveau à la prochaine poussée du côté des poumons. Plus rarement nous avons vu les règles se supprimer, puis revenir à plusieurs reprises, chaque retour . coïncidant avec un mieux sensible du côté de l’organe respiratoire. (Obs. I, VII, XI).
Ce fait se rencontre rarement dans les hôpitaux ; on aura plus souvent l’occasion de l'observer chez les malades riches des villes, qui peuvent s’entourer de tous les menus soins que nécessite leur état; quelquefois pourtant les règles ont reparu après le premier mois de séjour à l’hôpital, et c’est à la même cause que nous croyons devoir attribuer ce retour.En effet, ces dernières malades avaient trouvé, en entrant à l'hôpital, des soins et un bien-être qu’elles ne pouvaientse procurer au dehors. |
Pour résumer, nous dirons, avec la plupart des auteurs, que la suppression des règles est graduelle; qu’elle s’opère en raison directe de l’atrophie, qui porte sur les organes génitaux internes et en particulier sur les ovaires ; que, dans tous les cas, les règles qui avaient précédé les trou-
res bles avaient été moins abondantes, plus pâles, souvent accompagnées de leucorrhée, ‘et que, lorsque ces divers signes n'étaient pas réunis, nous en avons toujours constaté un ou deux à un degré assez marqué pour attirer l'attention.
fl est des exemples cependant où les malades assurent n'avoir rien remarqué d’anormal dans les règles qui avaient immédiatement précédé la suppression.
Il nous faut savoir maintenant à quel moment commencent les troubles menstruels ; ler marche ne nous offre pas un tableau constant.
Tantôt nous les voyons survenir au débutet précédant, pour ainsi dire, la maladie, ou tout au moins se montrer en même temps qu'apparaissent les premiers CURE (Obs. V, VIE, XIX, XXII, XXXI).
D'autres fois ils se montrent pendant le cours de la maladie, et cela à une période plus ou moins avancée (Obs.II, IX, XI, XV).
D’autres malades enfin n’éprouventaucun en de cette fonction jusqu’à la période ultime de la maladie, et quand les troubles surviennent, la fin est proche (Obs. XVII, XXXIUI, XXX VI).
En thèse générale, nous pouvons dire que ces troubles peuvent se rencontrer à toutes les périodes de la maladie, et qu'ils arrivent, comme vitesse, en raison directe des troubles généraux de nutrition.
Nous allons voir les diverses causes qui peuvent hâter ou retarder leur apparition.
En première ligne, nous plaçons la marche de la maladie et sa durée. Nous avons pu constater, comme l’indiquent nos observations, que chez toutes les tuberculeuses, la maladie n'évolue pas de la même facon et dans le même espace de temps.
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Si la maladie débute brusquement et amène rapidement un affaiblissement considérable, nous verronsles troubles de menstruation accompagner les premiers symptômes : car alors, dès le début, les forces de la malade ne sont pas suffisantes pour accomplir jusqu’au bout les fonctions de l'ovulation (Obs. V, VII, XIX, XII). Nous avons entendu bien des femmes attribuer à cette suppression la maladie dont elles souffrent. Chez d’autres malades, au coutraire, les phénomènes morbides s’établissent lentement et mettent plusieurs années à opérer leur œuvre destructive. Quelques-unes même ont de longues rémissions, que l'on prendrait volontiers pour un retour à la santé. Alors les troubles ne se montrent que tardivement et avec la même apparence de bénignité que la maladie qui les traine à sa suite. Mais, dans ce cas, les troubles antérieurs à l’aménorrhée sont de beaucoup plus longue durée, plus variés et surtout plus fréquents (Obs. IV, XIL, XIII, XIV, XXIV, XXV, XXX VII.
L'influence de la marche de Ja maladie est si vraie que quelques auteurs donnent le début de la fièvre comme le moment précis où s’arrête l'écoulement sanguin.
Il nous reste à connaître maintenant l’ influence qu’exerceront l’âge et l’hérédité.
Pour l’âge, deux cas sont à considérer : la puberté pour l'établissement des RES Ja Deonause pue la FRE pression.
La tuberculose pulmonaire exerce-t-elle une influence nuisible à l’établissement des règles sur une jeune fille arrivée à la puberté? Nous répondrons affirmativement (Obs. XXII), et nous citerons à l’appui de ce GIRES nous avancons l'opinion d’auteurs compétents.
Racibroski dit : « La phtisie développée au moment de !a puberté empêche l'établissement des règles. »
196, = Grisolles (1) formule ainsi son opinion : «La phtisie, chez les jeunes filles, empêche complètement l'établissement des règles, et lorsque celles-ci se montrent par hasard, elles: ne font que paraître sans qu’il en résulte le plus souvent aucun bien pour la santé. » RE eo Quant à l’influence que peut avoir la tuberculose sur. la ménopause, en devance-t-elle l’époque ou en retarde-telle le moment? Nous hésitons à répondre, car nous. n'avons pas eu l'occasion d’observer de malades de ce genre. En outre, nous n'avons pas trouvé d'opinion bien tranchée chez aucun des auteurs que nous avons consultés. . Il est en effet difficile, lorsqu'une femme atteinte de tuberculose pulmonaire est arrivée à l’âge de 40 ans : environ, de savoir si l'on doit attribuer l’aménorrhée : qui survient chez elle à la ménopause ou à la maladie. Pourtant, étant donné l’état d’atrophie dans lequel se trouvent les ovaires des femmes tuberculeuses, nous serions porté à croire que la tuberculose hâte le moment de la ménopause; mais nous ne saurions formuler une opinion précise à ce sujet. $ Arrivons à l’hérédité. Nous nous trouvons ici dans le cas, dont nous parlions plus haut, de tuberculose à forme lente ; aussi les troubles que nous y rencontrerons peuvent entrer dans la même catégorie. Chez les malades à antécédents héréditaires, l’aménorrhée ne survient que très tard; mais, dès la puberté, nous constatons une certaine difficulté de la part de l'organisme, une résistance à l'établissement définitif de la fonction. Ki Sur six de nos malades où nous avons pu établir l’hérédité tuberculeuse, deux ont été réglées à 18 ans, une à 15 ans, une à 14 ans, les deux autres n’ont pas pu nous indiquer l'époque exacte de leurs premières règles.
(1) Grisolles. Traité de pathol. int., art. Phtisie pulmonaire.
gr OBs. 1. — Réglée à 18 ans; mère morte jeune de la poitrine. à) Eat OBs. xvir. — Réglée à 14 ans: mère morte de la poitrine à 30 ans; sœur morte de la poitrine à 23 ans. OBS. xx. — Réglée à 15 ans ; père et mère morts tuberculeux, le premier à 54 ans, la seconde à 27 ans ; plusieurs autres membres de la famille sont morts de la même maladie. | OBs. xxv. — Réglée à 18 ans ; père mort jeune ; mère morte de couches.
OBs. xxvI. — Père mort à 40 ans de pleurésie ; frère mort à 18 ans de la poitrine; sœur morte de pneumonie. OBs. xxIx. — Antécédents tuberculeux dans la famille.
Ce qui nous fait une moyenne de 16 ans pour les premières règles ; c’est, dans le Midi, un âge déjà avancé - pour la puberté. Il faut encore tenir compte de l'influence du milieu et du genre de vie de la malade, toutes causes qui peuvent amener une avance ou un retard de quelques mois dans l'apparition des premières règles, sans qu’on ‘puisse invoquer l'influence de l’hérédité.
‘Pour terminer ce chapitre, nous dirons quelques mots * de l’influence réciproque de l’hémoptysie et de la mens- truation. Nous avons pu remarquer, en interrogeant nos malades, que les hémoptysies avaient presque toujours eu lieu à l’époque menstruelle.
OBs. I. — Pendant cinq ans, hémoptysies à l’époque des règles ; la dernière hémoptysie, plus abondante que les précédentes, donne le signal de la suppression des règles.
OBs. vi. — Pendant quatre ans, suppression des règles et hémorrhagies mensuelles.
Ogs. x11. — Hémoptysies pendant cinq mois, avec suppression des règles.
OBs. xv. — À craché du sang plusieurs fois en dehors des époques menstruelles.
OBs. xx1. — À eu trois hémoptysies, mais ne se souvient pas si c’est au moment des règles.
OBs. xxix. — Hémoptysie depuis plusieurs années, coïncidant avec des intermittences des règles.
OBs. xxxI. — Hémoptysie très abondante au ou où les règles s'arrêtent ; la mort arrive très rapidement.
OBS. xXxXII. — Hémoptysie légère au moment de la suppression des règles.
Os. xxx1x. — Hémoptysies pendant deux mois pes la suppression des règles. |
O8s. xL. — Hémoptysies pendant trois mois, coïncidant avec une diminution considérable des règles.
Sur dix malades observées, huit ont eu des hémoptysies aux époques menstruelles ; quant aux deux autres, l’une n’a que des souvenirs très vagues, tandis que l’autre affirme avoir eu, non pas des hémoptysies, mais des crachements de sang en dehors du moment des règles.
D'autre part, nous avons pu constater, et c'est aussi l'opinion de MM. Pidoux (1), Guéneau (de Mussy) (2), Trastour (3), que lorsqu'il n’y avait pas d’hémorrhagies, il y. avait invariablement congestion pulmonaire, toux opiniâtre, douleurs pectorales, dyspnée, aux époques menstruelles, chaque fois qu’il y avait un commencement de travail du côté des ovaires.
(1) Pidoux. Etude sur la phtisie pulmonaire, p. 259. (2) Noël Guéneau (de Mussy). Clinique médicale, t. II, p. 42. (3) Trastour (de Nantes). Hémoptysies congestionnelles, p. 43.
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