‹ Des Troubles de la Miction Chez l'EnfantChapitre 18 sur 19 · RARES · texte numérisé non relu

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de la cavité,et malgré les épreintes les plus violentes, quel-

ques gouttes seulement sont rendues. D’autres fois comme

nous le disions plus haut c'est un enclavement du calcul

dans le col amenant une incontinence permanente, l'urine

s’écoulantgoutte à goutte. Ces deux faits sont exceptionnels

et le plus souvent l'enfant est amené soit parce qu’il se. plaint de douleurs au niveau des organes génito-urinaires,

soit parce qu’il est atteint d’incontinence, soit parce qu'il . a pissé du sang. L'interrogatoire apprend que l'enfant se plaint parfois d’une vive douleur de la miction occasionnant quelquefois des désordres généraux, déterminant des efforts de défécation tels qu'il se produit un prolapsus du rectum, ou bien qu'il a eu une hématurie provoquée par la marche, un effort, une fatigue, ou bien que l’enfant est atteint d’incontinence., L'examen révèle souvent, surtout chez les filles, une irritation des organes génitaux avec un état inflammatoire et œdémateux des parties, quelquefois, chez les garçons un peu âgés un pénis d’une longueuret d’un développement insolites, probablement résultat du prurit au méat urinaire qui porte l’enfant à se gratter et à se masturber, quelquefois du prolapsus du rectum signe de guérison de grande valeur pour Henoch. On constate qu’il y a une fausse incontinence qui est caractérisée par des envies fréquentes et impérieuses d’uriner, et que cette incontinence est à la fois diurne et nocturne.

Aucun de ces signes n’est absolu, pas même l’interruption brusque du jet qui peut être due à un spasme, aussi faut-il explorer la vessie avec l'explorateur métallique, ce qui n’est pas toujours facile en raison de la mollesse et de

la dépressibilité des parois vésicales et de l'absence de bas- BICHON 6

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fond chez l’enfant. Il ne faut pas négliger le toucher rectal qui permet de percevoir quelquefois le calcul par une sorte de sensation de choc en retour et de combiner cette exploration avec le palper hypogastrique, qui par une sorte de palper bimanuel permet quelquefois de saisir le calcul.

L’incontinence, fausse il est vrai, peut être le résultat d'une cystite, exceptionnelle chez l'enfant en dehors d’un Cathétérisme septique, de la Propagation d'une vulvo-vaginite, et ne saurait dans ce cas être méconnue, elle peut encore être le fait d’une tuberculose ou d’une tumeur de la vessie, quelque rares que soient de tels accidents.

\La tuberculose de la vessie chez l'enfant est peu fréquente (on l'a constatée chez des enfants de 4 à 5 ans), mais elle existe et prend alors souvent une allure presque aiguë. Les envies d’uriner, fréquentes, sont plutôt nocturnes que diurnes, et ne sont guère calmées par le repos : cette fréquence pourrait être, chez les enfants en bas-äge, confondue avec une incontinence vraie: les urines sont presque toujours limpides, quelquefois teintes de Sang, l’hématurie pouvant se présenter comme signe prémonitoire, analogue à l’hémoptysie. Ces signes de même que la douleur qui peut être très vive ne sont pas pathognomoniques, le seul qui permet de poser le diagnostic d’une façon ferme est la présence du bacille dans l'urine ou le résultat positif d’une inoculation. Cependant la coexistence de lésions tuberculeuses du côté des testicules ou des vésicules séminales constatées au toucher rectal, le Spasme qui peut être spontané et produire l'interruption du jet ou produit par l'exploration, la vessie irritée se contractant douloureuse-

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mentsur le bec du cathéter, peuvent déterminer une quasicertitude.

Quant aux tumeurs de la vessie elles sont peu fréquentes, c'est surtout le sarcome qu’on observe et on a signalé un certain nombre de cas de sarcome avant 5 ans. Ce n'est pas toujours en effet des tumeurs malignes dont le résultat est de produire rarement l’hématurie, beaucoup plus fréquemment des troubles mictionnels. Le diagnostic est rarement posé : cependant chez les filles, il existe une physionomie toute spéciale, la tumeur dilatant rapidement l’urêthre et faisant saillie à travers la vulve. Chez les garçons, la vessie se dilate, paraît contenir beaucoup d'urine et quand on vient à pratiquer le cathétérisme, croyant à une rétention avec incontinence par regorgement, on trouve que la quantité d'urine qui est contenue dans la vessie est peu considérable. Le toucher rectal et surtout bimanuel permet de faire le diagnostic (Paocas, Congrès de Chirurgie, 1892).

Donc en dehors des diverses formes d’incontinence nocturne, c’est surtout à un calcul de la vessie qu'il faut penser dans les cas d’incontinence chez l'enfant. L’incontinence mécanique, rare, peut être produite exceptionnellement par une tumeur comprimant la vessie : hypertrophie de la rate dans le paludisme, kyste de l'ovaire (ROUTIER, Journal des Praticiens, 1895).

Enfin il ne faut pas oublier qu'il existe des faits tout à fait exceptionnels d’incontinence d'urine coexistant avec d’autres affections qui n’ont aucun rapport avec les voies urinaires : c'est ainsi que Kœrner {Revue des maludies de

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l'enfance, 1894) a guéri, par l’extirpation de végétations adénoïdes, deux petites filles atteintes d’incontinence d'urine. D’après lui ce serait une forme de l'incontinence d’ origine psychopathique, explicable par un sommeil visible agité de rêves effrayants. Il admet d’ailleurs qu'il y a là une prédisposition particulière du sujet, un certain degré de faiblesse du sphincter vésical coexistant avec cette lésion.

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