‹ Des troubles du langage chez les aliénés [electronic resource]Chapitre 13 sur 93 · Langlois, Ann. mcdic. psych., 6° série, t. VI, p · texte numérisé non relu

Langlois, Ann. mcdic. psych., 6° série, t. VI, p

disant: « G. est malade, il faut le descendre à l'infirmerie ; G. a été méchant, il a été mis en pénitence. »

Dans quelques cas, ils se désignent par leur prénom, par un qualificatif en rapport avec leur personnalité imaginaire ou par un surnom. Notre paralytique générale de tout à l'heure parle souvent d'elle ainsi : « Pauvre Yaya, être belle sur la terre ! »

Quelquefois des malades emploient la seconde personne. Tel ce paralytique général de M. Descourtis 1 disant à propos de lui-même : « Vous savez, Monsieur C . . . que l'on vous a placé dans cet établissement... du reste vous êtes bien ici, etc. »

D'autres, dans le même cas, usent du pluriel. Un malade de Jaffé3 qui se croyait double, employait le pronom nous : « Nous irons, disait-il ... Nous avons beaucoup marché. » Tout en employant le pluriel, d'autres se désignent par la seconde ou par la troisième personne'. « Ils ont faim » , disait par exemple en parlant de lui-même un dément sénile observé par Hunier. Sujet à de violentes quintes de toux, il disait après chaque paroxysme : « Je suis peiné de vous voir une toux si incommode et si fatigante. »

Il peut arriver que le malade n'emploie plus pour se désigner qu'un simple pronom démonstratif. Un soldat, observé par Foville, en parlant de lui-même, rie disait jamais moi, mais cela. Lorsqu'on lui demandait de ses nouvelles il répondait : « Le père Lambert n'est plus ;. ce que vous voyez là-bas n'est pas lui, c'est une mauvaise machine qu'ils ont faite à sa ressemblance. »

On rencontre également des malades qui emploient

1. Descourtis, Du fractionnement des opérations cérébrales, etc., 1884.

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