Jaffé, Arch, f. Psych
'J'ROUBI.KS
pour se désigner des périphrases, comme l'aliénée dont Leuret a rapporté l'observation. Lorsqu'on lui demandai! son nom, son âge, elle répondait toujours par la même formule: « La personne de moi-même n'a pas de nom ;. la personne de moi-même n'a pas d'âge. »
Il est aussi des aliénés qui changent le genre en parlant soit d'eux-mêmes, soit d'autres personnes. Leuret a rapporté des observations d'aliénés qui croyaient avoir changé de sexe. Une malade du service de M. Falret ne parle jamais d'une surveillante qu'en employant le masculin, il. Cette aliénée est uneper sécutée démente, ayant des hallucinations génitales, el se croyant violée par cette surveillante qui est pour elle un homme déguisé en femme.
Il y en a encore qui ne parlent que difficilement, avec force grimaces, et ne prononcent alors que des mots ou des phrases interrompues, hachées, incompréhensibles, incohérentes. Cette sorte de paraphasie est chez eux le résultat de l'idée qu'une puissance quelconque agit sur eux pour les empêcher de parler.
Tous ces faits, en apparence minutieux, sont cependant très importants à connaître, car ils peuvent mettre sur la voie d'idées délirantes spéciales, d'altérations de la personnalité, de phénomènes de dissociation psychique plus ou moins nette (possédés chroniques, déments, imbéciles, paralytiques généraux). En efl'et, si parfois ils sont volontaires et conscients, le plus souvent il n'y a là que la traduction automatique par le langage de troubles psychologiques profonds, inconscients pour le sujet *.
1. Klinke, Ueber Sprasiôrungen aus Hypochondrie, etc.. (Allg. Zeitschr. f. Psych., XLUI, 1, 2.)