TRO U H L ES
service d'électrothérapie avait vu là des malades atteintes de chorée. A son retour, elle déclara ne plus vouloir y retourner parce que cela la rendait plus malade et lui donnait la danse de Saint-Guy dans le bras droit « qu'elle sentait remuer tout le temps ». Or, rien n'était plus faux ; ce bras ne remuait nullement et c'était là, de la part de la malade, une véritable hallucination de mouvements1.
Ces sensations de déplacement d'une partie du corps ou du corps tout entier, et qui ne sont que des hallucinations motrices, se rencontrent très souvent chez les persécutés qui se plaignent d'être bousculés dans leur lit, tiraillés, secoués comme par des décharges électriques; chez certains mélancoliques, chez les délirants à idée de possession, comme les démoniaques, les possédés d'autrefois qui affirmaient s'être rendus au sabbat en cheminant à travers l'espace sur un manche à balai. On les trouve aussi dans certaines intoxications, comme celles par le haschisch, ou même dansles rêves, alors qu'on se figure accomplir certains mouvements, courir, voler, tomber dans un précipice3.
Nous n'insisterons pas sur ces faits. Si nous les rapportons ici, c'est pour mieux faire comprendre la nature intime de ces hallucinations verbales spéciales que nous allons étudier, et qui ne présentent avec les