‹ Des troubles du langage chez les aliénés [electronic resource]Chapitre 36 sur 93 · PU L A N GAGE · texte numérisé non relu

PU L A N GAGE

précédentes d'autre particularité distinctive, que de s'adresser au centre moteur d'une fonction différenciée,

celle du langage.

b. Hallucinations verbales psycho-motrices. — Parmi les éléments constitutifs du langage intérieur figurent les représentations mentales des mouvements d'articulation. Assez souvent effacées chez certains individus aux dépens des images auditives et visuelles,^ chez d'autres, au contraire, elles deviennent prépondérantes (Montaigne, Maine de Biran, Bain, Stacker); et les individus, pendant la réflexion, parlent alors mentalement leur pensée au lieu de la lire ou de l'entendre. Si la représentation mentale est plus vive, il arrive qu'au lieu d'une parole intérieure, la pensée soit articulée à voix plus ou moins haute. « Chez moi, dit M. Ballet1, comme chez la plupart des moteurs, quand je pense, la parole intérieure devient souvent assez vive pour que j'arrive h prononcer à voix basse les mots que dit mon langage intérieur. C'est Là notre forme d'images vives, à nous moteurs. » Il peut même arriver que la pensée soit formulée à voix haute, comme chez les personnes qmparlent toutes seules. L'image motrice d'articulation peut donc devenir assez vive pour provoquer l'articulation du mot, passant ainsi du langage intérieur au langage extérieur.

Dans les hallucinations que nous avons proposé d"appeler verbales psycho-motrices, l'on a affaire à des phénomènes identiques, sous le coup de l'état d'éréthisme fonctionnel du centre moteur d'articulation, et les malades qui disent avoir des voix de ce genre, ne les entendent plus par l'oreille à l'aide des images

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