‹ Des troubles du langage chez les aliénés [electronic resource]Chapitre 6 sur 93 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

Trouble» du langage parlé résultant «le troubles intellectuels avec intégrité de la fonction langage (Dislogies).

Lorsque les troubles du langage parlé résultent de désordres intellectuels, bien souvent la fonction langage reste intacte et la parole ne fait que traduire au dehors, que révéler par ses modifications, les altérations intellectuelles fondamentales.

Ces dernières peuvent être extrêmement variées,, car elles comprennent les troubles de l'idéation, des sentiments, de la volonté; et de plus, ce ne sont pas seulement les perversions délirantes (idées délirantes, hallucinations, etc.) qui retentissent sur le langage, mais encore toutes les anomalies fonctionnelles, sans délire proprement dit : telles que les modifications de l'association des idées, de la mémoire, ded'imagination,

de l'attention volontaire, de l'émotivité, etc. Toutes ces manifestations psychopathiques si diverses se trouvent la plupart du temps réunies chez le même individu ; aussi sera-t-il souvent difficile de faire la part de chacune au point de vue des troubles consécutifs du langage, d'autant plus cpie plusieurs d'entre elles, bien que d'ordres différents, peuvent concourir aux mêmes effets.

Aussi, pour nous conformera l'observation, et rester en même temps le plus clair possible, nous étudierons, dans leur ensemble, les modifications du langage résultant des altérations intellectuelles en général, en ' exposant à la suite, pour chacune, les différentes causes qui peuvent concourir isolément ou simultanément à leur production.

On voit par le tableau qui précède, que nous distinguons dans ce cas quatre nouvelles subdivisions s'appliquant à la rapidité, à la forme, à la syntaxe, au contenu du discours. Gela peut à première vue paraître obscur, et l'on peut se demander quelle est la raison de ce classement. En fait, cela est très simple et il n'y a là qu'une analyse de l'appréciation que l'on peut faire à propos de tout discours que l'on entend.

Analysons brièvement la façon dont on peut formuler un jugement complet sur une personne qui vient de parler.

Quelqu'un dira, par exemple : M. X. parle correctement, sa pensée est juste, mais on a de la peine à le suivre; il parle trop vite ou bien si lentement, qu'on croirait qu'il cherche ses idées. Ici, c'est la rapidité qui est incriminée.

Dans un autre cas, le reproche ne sera plus le même, et l'on trouvera que l'orateur parle avec une rapidité

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convenable, mais que la prononciation des mots, l'accentuation du discours est défectueuse, que le ton et l'expression ne se maintiennent pas dans une juste mesure, en un mot, que la diction est négligée, monotone, triviale ou trop pathétique pour le sujet. Alors c'est la forme qui est en jeu.

A propos d'un autre, on pourra dire qu'il parle avec une juste mesure, qu'il a un débit convenable, que le fond de son discours paraît très raisonnable, mais quel malheur, ajoute-t-on, qu'il parle aussi mal sa langue ! N'est-ce pas ici des fautes de syntaxe qui ont fait porter ce jugement?

Enfin, on pourra dire aussi que l'orateur parle assez vite, que la forme de son discours est dans le ton voulu, que la construction des phrases est correcte; mais que le choix des expressions est singulier, que le discours est mal ordonné, confus, que tout cela cache un vide de pensées, et qu'il n'y a rien à en retirer au fond. C'est alors le contenu, il nous semble, que l'on vient de juger aussi sévèrement.

En récapitulant ces différents éléments de jugement, et en les rapportant à un cas unique, on voit que l'on a examiné dans le discours entendu, la rapidité, la formé, la syntaxe et le contenu. C'est cette analyse que nous appliquerons aux discours de nos aliénés.

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