‹ Des troubles du langage chez les aliénés [electronic resource]Chapitre 72 sur 93 · J. Séglas et P. Bezanço.v, Ann. mcd. psych · texte numérisé non relu

J. Séglas et P. Bezanço.v, Ann. mcd. psych

relief dans d'autres circonstances par les fait d'agraphie consécutive à la surdité verbale.

Mais, d'après ce que nous avons pu observer, l'hallucination graphique semble être plus fréquemment' associée à une hallucination verbale motrice d'articulation, qu'à une hallucination verbale auditive, et cela, d'ailleurs, n'aurait rien qui puisse surprendre, car ce sont des phénomènes psychologiques de nature identique, symptômes d'une dissociation de la personnalité individuelle.

Il est une catégorie spéciale d'individus chez lesquels l'hallucination graphique sous toutes ses formes, et surtout l'écriture automatique, que nous étudierons tout à l'heure, est très fréquente. Ce sont les médiums dits écrfvains ou psychographes. Or, il en est parmi eux qui, en même temps qu'ils .sentent l'impulsion donnée à leur main, entendent la pensée suggérée par l'esprit. Ils n'entendent pas cette pensée par l'oreille, comme les médiums auditifs; ils l'entendent intérieurement. Ce sont les médiums écrivains intuitifs ou semimécaniques ; ils ont, en un mot, une hallucination motrice d'articulation qui semble précéder l'impulsion graphique.

Il ne serait pas, d'ailleurs, étonnant que l'hallucination verbale motrice d'articulation pût accompagner, plus fréquemment que les autres hallucinations verbales, l'hallucination graphique; car il s'agit là de phénomènes de môme nature, et à l'état normal par le fait même de l'éducation, il existe aussi entre les deux images motrices des associations préétablies.

Lorsqu'on regarde écrire un enfant qui apprend l'écriture ou un individu peu exercé, on les voit en même temps remuer les lèvres, la langue, souvent

même on les entend épeler. Ils font donc appel à L'image d'articulation, pour provoquer ou renforcer l'image graphique plus récente, moins solide que la première; Vivant ainsi entre ces deux images des associations telles qu'elles pourront se réveiller aisément l'une l'autre.

On en a la preuve par certains cas d'aphasie. M. Féré cite celui d'un individu, devenu agraphique par suite d'une lésion cérébrale, qui répétait un certain nombre de fois chaque syllabe du mot qu'il voulait écrire et finissait par y parvenir.

M. Déjérine a rapporté, d'un autre côté, plusieurs fa il s d'agraphic qui étaient sous la dépendance de l'aphasie motrice.

De plus, l'analyse de certains cas de « lapsus calami » peut encore montrer l'association souvent étroite des images motrices d'articulation et des images graphiques.

« J'étais, dit M. Féré, en train de rédiger un protocole d'autopsie* je voulais écrire « poumon droit », j'écrivis « poumon 3 ». Les mouvements de la main nécessaires pour figurer le chiffre « 3 », et pour écrire le mot « droit » n'ont aucune analogie; mais les mouvements nécessaires à l'articulation des mots « trois » et « droit », en ont une grande. Il semble donc que ce lapsus calami ait été un lapsus I impur qui s'est trouvé enregistre par l'écriture. Cette observation semble montrer que la représentation mentale d'un son articulé s'accompagne de mouvements des muscles spécialement adaptés à l'articulation, et que lorsqu'on veut représenter graphiquement un son, on l'écrit d'abord avec la langue. »

Celle association des deux images graphique et motrice d'articulation peut se faire, même lorsqu'on écrit sous la dictée; car on voit souvent certains

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