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De mêmè les dessins des faibles d'esprit, des déments, sont confus, niais et enfantins (fig. 14). De plus, ils manquent d'unitéj le malade commence un dessin avec une idée et le termine avec une autre. 11 y a eependanl certains déments ayant su dessiner autrefois et qui continuent à dessiner d'une façon correcte, en quelque sorte automatiquement, reproduisant souvent à l'infini le même dessin.
Les dessins des paralytiques généraux, bien qu'ambitieux, ne sont nullement en rapport avec leurs prétentions. Ce sont des traits informes, embrouillés, tracés d'une façon maladroite' et la composition révèle la pauvreté de leur intelligence. Un malade de Max Simon dessinait le plan d'un palais qu'il voulait faire construire. « Ce plan consistait en une série de lignes enfermant des parallélogrammes de dimensions et de proportions impossibles et des triangles plus ou moins réguliers. La distribution des diverses pièces de ce palais est des plus incohérente : volières, serres chaudes, sérail, église, théâtre, cirque. Toutes les pièces à destinations les [dus diverses s'y rencontrent dans la plus bizarre confusion. »
Un paralytique, voulant nous dessiner son palais, demande une grande feuille de papier, trace quatre lignes en forme de carré, puis deux autres clans un coin, c'est une fenêtre, et dans cette fenêtre il dessine d'une façon informe un chapeau.
Les imbéciles, les idiots se plaisent souvent à copier avec une véritable passion des modèles de dessins qu'ils reproduisent d'une façon plus ou moins correcte. Quelques-uns d'entre eux vont même jusqu'à essayer de dessiner d'imagination. Souvent leurs compositions sont obscènes et, d'ailleurs, le caractère érotique du
dessin peut se rencontrer fréquemment dans les productions des autres aliénés.
Il est à noter aussi que beaucoup d'hallucinés reproduisent leurs hallucinations dans leurs dessins. Tels étaient les sujets fantastiques dessinés ou peints par le peintre Blacke.
Il est enfin des dessins d'aliénés qui ne sont nullement en rapport avec des idées délirantes. Une aliénée internée à la Salpètrière, dessinait le personnel de service (fig. 15); une autre passe ses journées à dessiner à la plume des sujets variés, tout à fait en dehors de son délire : productions sans perspective, d'une exécution à la fois naïve et très minutieuse (fig. 16).