‹ Des Troubles Objectifs de la Sensibilité dans les PolynévritesChapitre 3 sur 15 · RATES · texte numérisé non relu

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tribution topographique de ces troubles, nous verrons leur mode de régression naturelle dans les cas dont nous avons suivi la graduelle amélioration. Nous rendrons compte ensuite des expériences que nous avons faites, relatives à l’action de divers agents esthésiogènes sur les territoires dysesthésiques.

Nous tirerons enfin de cet ensemble de constatations les conclusions qui nous paraissent s'imposer au point de vue de la nature des troubles névritiques envisagés, et de leur modification possible par les agents esthésiogènes.

Il nous paraît utile, avant d’entrer dans la particularité de notre sujet, de retracer rapidement l'historique de l’étude des troubles objectifs de la sensibilité dans diverses maladies et de l’action que peuvent avoir sur eux différents moyens physiques ou chimiques, appelés agents esthésio-

gènes. C’est ce que nous ferons dans un premier chapitre. -

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CITAPITRE PREMIER

- Historique.

Les troubles objectifs de la sensibilité ont été étudiés dans différentes maladies. Les anesthésies qui semblent avoir tout d'abord frappé les observateurs, et attiré leur attention, sont les anesthésies hystériques. Les variations spontanées des ‘territoires anesthésiques chez les hystériques ont été constatées depuis très longtemps. Les démonologistes des XVIe et XVIIe siècles parlent longuement des marques des sorcières. Toute cette étude historique est parfaitement rapportée dans le remarquable ouvrage de M. Pitres: « Leçons cliniques sur lhystérie et l’hypnotisme. ».

Mais si l'existence des anesthésies hystériques et leurs variations spontanées sont connues depuis fort longlemps, leurs variations expérimentales l’ont été beaucoup plus tard.

Briquet, en 1859, est le premier qui en fasse mention.

Il a soumis des. hystériques à la faradisation, et a constaté qu'il faisait ainsi souvent disparaître l’anesthésie cutanée. En 1885, Duchenne, de Boulogne, répète les mêmes expériences avec les mêmes succès.

En 1875 et 1876, Vulpian, Grasset, Bourceret, appliquent aussi la faradisation à l'étude des anesthésies hystériques, et publient des exemples de guérison.

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En 1876, également, Burq fit, dans le service de Charcot, à la Salpêtrière, de très intéressantes expériences de métallothérapie. Depuis, de nombreux auteurs ont appliqué cette méthode des contacts métalliques. Citons parmi eux, Regnard, Vigouroux, Aigre, Dumontpallier, Westphai, etc.

En 1879, Debove publie un mémoire sur les hémianesthésies et leur curabilité par les agents esthésiogènes.

Mais toutes ces études concernent des troubles nerveux chez des hystériques ou des hémiplégiques. Les troubles sensitifs des polynévrites ont été beaucoup moins décrits,

et surtout moins étudiés expérimentalement. Nous m'avons

trouvé aucune relation d'expériences qui aient été effectuées sur des anesthésies polynévritiques.

L'histoire des troubles de la sensibilité dans les polyné-

vrites est liée à celle des polynévrites en général. Un cerain nombre de cliniciens paraissent avoir observé ces troubles dans des paralysies diverses, et cela bien avant l’apparition même du nom de polynévrite. Mais, naturellement, l'interprétation des faits était tout à fait différente de ce qu’elle est aujourd’hui.

En 1848, Valleix rapporte des observations qui, par la. Symptomatologie et léliologie, paraissent bien’avoir trait à des polynévrites avec troubles de la sensibilité. Le terme de polynévrite n’était pas usité, et l’on désignait alors ces maladies sous le nom de névralgies générales. .

En 1864, Leudet fait une étude clinique des troubles ner-. veux périphériques, survenant au cours des maladies chroniques.

Il insiste sur ce qu’au cours de ces maladies, et spécialement de la tuberculose, on rencontre des troubles de la sen- Sibilité périphérique, soit sous forme de douleurs accusées par le malade, soit sous forme de perversion de la sensibilité ou d’engourdissement, de fourmillements, soit enfin sous forme de troubles de la sensibilité au contact. Mais il pense que ces troubles reconnaissent une origine vaso-motrice et doivent être produits par une anémie ou une con-

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gestion locales, dépendant elles-mêmes de modifications circulatoires dans l'axe spinal.

En 1867, le même auteur fait de nouveau une étude clinique sur la forme hypoesthésique de l'alcoolisme chronique et il publie quelques observations. Dans ses conclusions, il ajoute:

« 1° Les individus qui abusent de boissons alcooliques présentent à une époque de cette évolution morbide, que l’on désigne sous le nom d’alcoolisme chronique, un ensemble de phénomènes que l’on nomme forme hypoesthésique.

20 Les. accidents hypoesthésiques consistent en des douleurs d'intensité variable, le plus souvent profondes, quelquefois superficielles, et se manifestent parfois sous la forme d'une exaltation remarquable de la sensibilité de tout le tronc et des membres. Il existe en même temps souvent une rachialgie dans certains points de la peau, de l’analgésie ou de l’anesthésie, des troubles de la motilité, de l’aifaiblissement de la force musculaire, surtout aux membres inférieurs, des crampes et une exaltation marquée des actions réflexes ;

3° Ces accidents sont susceptibles de présenter des oscillations remarquables, de disparaître; le plus souvent, ils laissent à leur suite un état d’infériorité plus ou moins marquée ;

40 Les accidents décrits dépendent ut maladie de la moelle, mais elle présente certains caractères qui peuvent aider à résoudre ou du moins à soupçonner son origine - étiologique’ »

En 1886, Pitres et Vaillard publient une étude sur les névrites périphériques chez les tuberculeux ; ils écrivent: « Tantôt les troubles nerveux intéressent particulièrement la sensibilité, ils s’accusent par des phénomènes douloureux , de types et de sièges divers, par de l’anesthésie, par de l’analgésie, ele. Les nerfs sensitifs ou les fibres sensitives sont alors plus particulièrement atteintes et les névrites qui en résultent justifient la désignation de névrites douloureuses

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