‹ Des Troubles Ponctués: Sur la Face Postérieure de la CornéeChapitre 12 sur 14 · ROUES · texte numérisé non relu

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approprié des voies digestives. Vous venez d'en voir un

exemple intéressant à la clinique chez un malade atteint d’épisclérite à répétition avec irido-choroïdite antérieure, C’est principalement dans ces formes insidieuses, récidivantes, que l’on peut noter l'influence des troubles digestifs. Avant même d’être interrogé le Malade nous a signalé l'alternance de ses périodes de diarrhée et des altérations oculaires, qu'il expliquait bien entendu à sa manière...

Ne pourrait-on pas admettre que, sous l'influence de ces altérations du tube digestif, des produits septiques (ptomaïnes ou toxalbumines) sont résorbés et vont produire l’irritation spéciale qui entraîne liritis ? C’est là une hypothèse qui est presque admise pour certaines inflammations de la peau, comme l’eczéma ou l’acné. Il nous semble rationnel d'admettre qu’elle peut être invoquée pour expliquer la production des iritis. »

Bref, tout ce qui est diathèse ou maladie infectieuse, toute affection qui peut avoir un retentissement sur l'état général de manière à mettre l'organisme en état d'infériorité, tout ce qui, par suite, peut occasionner une certainealtération des tissus sous l'influence d’une nutrition insuffisante ou défectueuse, et qui peut ameuer une viciation des liquides organiques : du sang, de la lymphe, des humeurs, des sécrétions glandulaires, tout cela pourra occasionner des troubles oculai res caractérisés par une inflammation de liris et du corps ciliaire, présentant comme manifestation ces taches ponctuées de la face postérieure de la cornée.

Nos malades avaient le teint pâli et présentaient au premier coup d'œil un état général peu florissant. Ce sont presque tous des épuisés, des anémiés, des débilités, des cachectiques ; et des influences très nombreuses et très diverses peuvent les avoir mis dans cet état. |

Si on examine le sang chez la plupart de ces malades, on trouvera presque toujours qu'il n’est pas absolument normal. Le plus souvent nous avons constaté nous-même une diminution du nombre des globules rouges. Et en effet presque toutes ces maladies citées plus haut sont très anémiantes : la dyspepsie, la tuberculose, les maladies utérines, la syphilis ont sur le sang une forte influence déglobulisante ; le rhumatisme, la fièvre intermittente, qui peut arriver à la cachexie paludéenne, sont caractérisés par un déglobulisation intense. De plus on a observé (1) que dans beaucoup de ces affections causes de l’inflammation des membranes internes de l'œil, le sang présentait des altérations particulières, charriait des substances cxcrémentitielles en abondance et, parfois même, des microbes.

Dans ces maladies générales le travail organique s'effectue avec plus d'intensité, la destruction des tissus se fait plus rapide et la quantité des déchets est plus considérable; les ptomaïnes et les leucomaïnes sont fabriquées en quantité anormale; les microbes sécrétent des toxines qui empoisonnent l’organisme tout entier ; les organes glandulaires laissent des rési-

(1) Hayem. Du sang et de ses altérations anatomiques. $

dus de leur travail défectueux; et alors des détritus organiques bons à éliminer, des toxines, des microbes mêmes sont charriés dans le torrent circulatoire, souillent les humeurs et irritent les tissus avec lesquels ils sont en contact.

L'organisme, pour se débarrasser des substances toxiques, utilise toutes ses voies d’excrétion. Rien d'étonnant donc que le tractus uvéal, cet émonctoire si important par son riche système lymphatique, puisse être altéré par le contact incessant de ces humeurs peccantes qui veulent être éliminées. Tous ces liquides viciés irritent vite cet organe de la vision déjà si sensible ; l’inflammation du tissu vasculaire du tractus uvéal, cet organe érectile, survient rapidement; une diapédèse trouble bientôt l'humeur aqueuse et dépose de la fibrine et des leucocytes sur la face postérieure de la cornée, tandis que cette humeur aqueuse altérée avec des substances nocives irrite par son contact la membrane de Descemet et la fait proliférer.

Traitement.

On ne peut guère instituer de traitement s'adressant directement aux taches ponctuées de la face postérieure de la cornée. Mais nous pouvons agir d’une façon indirecte sur ces lésions en traitant lesaffections oculaires dont elles sont un principal symptôme.

Avons-nous affaire à des dépôts causés par la présence d’une tumeur irienne, on les fera disparaître certainement en enlevant la tumeur.

Sommes-nous en présence de troubles ponctués symptomatiques d’une iritis séreuse ou d’une iridochoroïdite de même nature, il sera rationnel d'agir localement si la cause de ces affections est locale : élimination du corps étranger introduit dans l'œil ou irritant celui-ci superficiellement, si c’est un corps étranger qui a occasionné le mal; énucléation de l'œil traumatisé, si nous sommes en présence d’une iridochoroïdite sympathique. Il faudra au contraire s’adresser à un traitement local et général si la maladie est due à un état général mauvais.

Localement d'abord, il faudra soustraire l’œil à une trop vive lumière et recommander le repos absolu de cet organe. Si le malade accuse de fortes douleurs cireumorbitaires on pourra contribuer à leur apaisement en employant des compresses chaudes.

Les instillations d'otropine diminueront aussi les douleurs parfois vives de l’iritis aiguë : on emploie des solutions de 5, 10 et même 15 c. c de sulfate d’atro-

pine pour 10 ou 15 gr. d'eau distillée. Mais les indications de l’atropine sont bien plus étendues. Elle prévient et combat les adhérences irido-capsulaires qui sont une entrave pour le libre exercice de la vision et de plus exposent l’œil à des récidives d’iritis et au glaucome consécutif. Il faut faire des instillations plu sieurs fois par jour tant que les adhérences ne sont pas rompues, et plus rarement quand elles ont dis. paru. Pour détacher encore plus facilement les adhérences, employer en même temps les frictions quotidiennes de pommade mercurielle autour de l'œil, qui auront un effet résolutif.

Si les adhérences résistent à l’atropine qu’on essaye de faire successivement des instillations d’ésérine et d’atropine.

Enfin sices moyens sont inefficaces, il est très indi-qué d’avoir recours en dernier ressort à l’iridectomie. Cette opération prévient en effet les désordres consécutifs aux adhérences capsulaires, c’est-à-dire l’impossi bilité de l'échange de liquide entre la chambre antérieure et la chambre postérieure, la perturbation de nutrition normale de la cristalloïde et l’opacification qui en est la conséquence (cataracte capsulaire), l’obstruction de l'ouverture pupillaire. De plus l’excision d’une partie de l’iris est suivie le plus souvent de la diminution et même de la cessation du processus inflammatoire cause de la maladie.

Si l’iridectomie ne paraissait pas nécessaire et si on était en présence de poussées glaucomateuses, il serait indiqué de faire la paracentèse de la chambre antérieure.

Pour diminuer l’inflammation oculaire on a conseillé lés révulsifs cutanés à la tempe ou à la nuque tels que ventouses scarifiées; vésicatoires, sétons filiformes, badigeonnages à la teinture d’iode. Mais à ces dérivatifs cutanés il faudrait peut-être préférer les actions dérivalives exercées sur les reins, sur la peau et sur l'intestin. Les infusions de salsepareille et de bois de gaïac par exemple augmenteront la sécrétion urinaire ; les tisanes chaudes, les injections de pilocarpine (20 cg. pour 2 g.) aideront à la transpiration ; les purgatifs salins exagèreront le flux de sécrétion intestinale.

Mais la guérison se fera difficilement sion ne combat pas directement la maladie générale, cause de l'affection oculaire, si on n’associe pas à ce traitement local le traitement général. Et d’abord la plupart de ces malades étant des débilités, des anémiés, caractérisés par une profonde misère physiologique, il sera nécessaire de faireusage des toniques sous toutes leurs formes : on emploiera le fer, le quinquina, l’arsenic, l'huile de foie de morue, la viande crue; une bonne hygiène, la vie au grand air, et le séjour à la campagne complèteront les indications thérapeutiques utiles en pareil cas.

Enfin, suivant la diathèse et la maladie générale dont est affecté le sujet, on emploiera les médicaments appropriés. Si on à affaire à un syphilitique, on ordonnera à l’intérieur le mercure et l’iodure de potassium ; si c’est un rhumatisant, le salicylate de soude sera indiqué; si c'est un paludique, nous aurons recours au sulfate de quinine ; en présence des trou-

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bles utérins, on ne les négligera pas et on les soignera suivant les indications particulières que chaque cas comportera ; si ce sont les voies digestives qui sont malades, on pourra obtenir d'excellents résultats par la révulsion intestinale en usant du calomel comme les Angla's ; en même temps onsoumettra ces malades à un régime spécial et on leur administrera à l’intérieur des antiseptiques comme le salol, le naphtol, etc...

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