‹ Des Troubles Ponctués: Sur la Face Postérieure de la CornéeChapitre 11 sur 14 · LL · texte numérisé non relu

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teur Trousseau fait de l’iritis séreuse une des manifestations oculaires de la syphilis constitutionnelle. M. Hutchinson (1) a trouvé fréquemment l’origine de l’aquo-capsulite dans une syphilis héréditaire. Et M. Terson, de Toulouse, a eu récemment l’occasion d'observer deux cas de kératite ponctuée chez des fil lettes de 9 à 10 ans, atteintes de syphilis héréditaire ; cette kératile ponctuée élait accompagnée d'iritis avec synéchie postérieure : ce sont ces deux cas dont nous avons déjà parlé et dont la forme lui a paru si désespérante à cause de la lenteur de l’évolution et de la fréquence des rechutes. Châtelot (2), dans sa thèse, donne quelques observations d’iritis séreuse d’origine syphilitique.

Sousletitre d’irido-choroïdite rhumatismale Brun(3), dans son travail inaugural, a montré que souvent Je rhumatisme peut être l’origine de ces affections oculaires qui ont des dépôts sur la membrane de Descemet, Les iritis et les irido-choroïditesse présentent fréquemment chez les rnumatisants et même chez les goutteux: le rnumatisme et la goutte résumant cet état de l’organisme désigné sous le nom générique d’arthritis. Nos malades des observations IL, IT, IV et VIT présentaient manifestement des antécédents rhumatismaux.

Toutefois l’irilis se produit rarement au moment des poussées articulaires ou des accès de goutte. Ce n'est

(1) Hutchinson. Etudes cliniques sur certaines maladies de l'œil.

(2) Châtelot. Thèse de Paris 1891.

(3) Brun. Thèse de Paris, 1880.

qu’en interrogeant les malades qu’on reconnaît leur tempérament arthritique. Quelques uns ne sont pas rhumatisants, ni goutteux par eux mêmes, mais ils ont des antécédents héréditaires, rhumatisants ou goutteux. Pour Hutchinson, l’iritis arthritique se produirait grâce à deux facteurs : l’un héréditaire, entrainant une modification spéciale des tissus, l’autre personne! : froid, humidité pour la forme rhumatismale, augmentation des quantités d’urates dans le sang et les tissus sous l'influence des écarts de régime,dans la forme goutteuse.

Une cause assez rare d'iritis séreuse, est la blennorrhagie : mais bon nombre d'auteurs en ont parlé ; Panas (1) en a fait le sujet d’une leçon à Lariboisière. Pour lui « l’aquo-capsulite qui survient chez les blennorrhagiques est rarement isolée; elle accompagne presque toujours lesautres manifestarions articulaires connues sous le nom de rhumatisme blennorrhagique. Aussi pourrait-on la désigner, dit-il, sous le nom de irido-kératite rhumatismale blennorrhagique. » Il n’en est pas moins vrai que la blennorrhagie est la cause prochaine de l’aquo-capsulite. Il existe un certain nombre d’oservations authentiques d'individus, qui à chacune de leur blennorrhagie,ont été pris d’ophtalmie et de rhumatisme. Et Panas remarque que ces cas ne se présentent que chez l’homme et dans la blennorrhagie uréthrale.

Quelles sont donc les relations entre l’inflammation

(1) Union médicale, 1875.

blennorrhagique de luréthre et l’inflammation dite sympathique de l'œil et des articulations? Voici l'hypothèse d2 Panas : « Il faut faire intervenir ici, dit-il, ce fait bien connu en uropathie : le retentissement morbide des lésions vésicales sur le rein. Ce retentissement aurait pour effet de diminuer l’excrétion de l’urée et de l'acide urique. L'’excès de ces produits accumulés dans le sang suffirait à provoquer l’inflammation des synoviales articulaires, de l'iris et de la cornée. »

Pour M. Despagnet (1) il faudrait expliquer la chose par une auto-intoxication qui aurait son point de départ dans l’urèthre et qui se ferait par les vaisseaux conducteurs des germes dans l’œil.

L'hydroméningite s’observe souvent à la suite des maladies infecticuses. Bouchard (2), depuis longtemps déjà,a signalé les cas d’iritis pendant la convalescence de la variole ou de la varioloïde, alors que la desquamation est en train de se faire et que les manifestations pustuleuses des paupières, de la conjonctive et de la cornée ont disparu.

Pennoff (3), cite des cas d'iritis séreuse occasionnés par la fièvre intermittente.

Reich (4) en a observés à la suite d’un typhus pétéchial.

L'influenza, vers ces derniers temps, en & fourni

quelques observations.

(4) Despagnet. Congrès ophtalmologique de Paris, 1887, in Bulletin médical.

(2) Bouchard. Comptes Rendus. Soc. biol., 1870.

(3) Jahresbericht für ophtalm., 1878.

(4) Jahresbericht für ophtalm., 1878.

Cette affection oculaire est fréquente dans la tuberculose et la lèpre.

Enfin un côté étiologique intéressant et qui vaudrait la peine d'être sérieusement étudié, c’est l'apparition des iritis séreuses sous l'influence des troubles digestifs. Krüger (1) cite un cas d’iritis séreuse chez une malade affectée de catarrhe de l’estomac : celle-ci, chaque fois qu’elle perdait l’appélit et que son affection gastrique s’aggravait, voyait son iritis s’aggraver également alors que dans les autres moments elle tendait à s'améliorer.

De Lapersonne (2), dans ses leçons cliniques sur l’étiologie des iritis, fait jouer un grand rôle aux troubles digestifs. Nous ne pouvons pas faire mieux que de citer exactement ce qu’il a écrit : « J’ai fréquemment remarqué, dit-il, la coexistence des troubles digestifs et des iritis; les malades sont souvent des dyspeptiques atteints de dilatation d'estomac. Un des faits qui m'ont le plus intéressé est celui d’une vieille dame présentant depuis plusieurs mois des poussés successives d’iridocyclite. On était frappé par la maigreur, l'aspect pour ainsi dire cachectique, le mauvais état des dents, la fétidité de l’haleine de cette malade. Elle avait des alternatives de constipations et de diarrhée etune dilatation très marquée de l’estomac sans aucun signe de néoplasme. Depuis, j'ai recherché systématiquement ces cas et j'ai été assez heureux d'arriver fréquemment à une amélioration de l’état des yeux par un traitement

(1) Sitz.-Ber. der Ophtal. Ges., 1879.

(2) De Lapersonne. Sur l’étiologie des iritis, 92. Bulletin médical,

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