‹ Des tubercules de la mamelleChapitre 11 sur 21 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Traitement.

Le traitement des tubercules disséminés devra être purement palliatif. Protéger le sein, le mettre dans des conditions à n'être ni froissé ni contusionné, sera la principale indication à remplir.

Les tubercules confluents réclament une intervention plus active. La mamelle est ordinairement gonflée, tuméfiée dans toute son étendue. Une compression méthodiquement disposée, en amenant la résorption des exsudats pourra rendre des services. Les pommades iodées, les vésicatoires sont d'une utilité douteuse. Dès que la fluctuation sera reconnue, il sera indiqué de donner issue au pus. L'incision sera suffisamment large pour que les liquides puissent sortir librement. Si l'on constatait des phénomènes de stagnation dans le foyer, il faudrait y placer un drain. Les injections detersives, les injections modificatrices iodées seront utilisées, mais on n'en espérera pas trop de résultats.

Le plus souvent, malgré cette médication rationnelle, aucune amélioration notable n'est obtenue. Les fistules continuent à donner passage au pus grumeleux pendant des mois, le gonflement de la glande ne se modirie pas. Si l'état général de la malade n'est pas

trop grave, si les lésions pulmonaires ne sont pas trop avancées, il f'.iudr.i recourir à l'amputation de l'organe. L'ablation totale de la glande est indispensable. Nous avons vu en effet qu'il existait assez loin des parois des cavités centrales, des noyaux tuberculeux en voie de développement. Si l'on ne pratiquait qu'une amputation partielle, la maladie se reproduirait au bout d'un temps plus ou muins long. L'opération se fera dans les meilleures conditions antiseptiques, les bords de la solution de continuité devront être rapprochés de manière à obtenir le plus vite possible la cicatrisation et à diminuer la longueur de la suppuration . Dans les deux cas où cette amputation a été pratiquée, la plaie a marché régulièrement vers la guérison; dans l'observation I les lésions pulmonaires ont paru rester stationnaires, et en tous cas ne se sont pas aggravées. On est donc parfaitement autorisé à agir de même si des malades se présentaient dans de semblables conditions.

Les bubons tuberculeux de l'aisselle seront ouverts de bonne heure et pansés avec soin. Il n'y aura pas lieu de les enlever pendant l'extirpation du sein, parce que les altérations mammaires supprimées, les ganglions de l'aisselle diminuent et les orifices (istuleux se cicatrisent.

En toute circonstance, un traitement général sera institué. Les tondues et les reconstituants généraux, l'huile de foie de morue et les préparations iodées en constitueront la base.

Page 1