‹ Des Tumeurs Bénignes Du PlacentaChapitre 24 sur 26 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

4° L'évolution clinique des tumeurs bénignes du placenta est silencieuse, dit Briquel. Eu effet, ces tumeurs restent une curiosité anatomique plutôt qu’une maladie à manifestalions cliniques. Pourtant, l’hydramnios, par sa fréquence, mérite d’être retenu quoiqu'il ne puisse être rattaché à sa véritable cause qu'après l’examen du délivre.

Sans doute, dans les statistiques de Briquel, l’hydramnios n'est signalé que douze fois sur 52 cas ; mais il ne faut pas oublier que la plupart de ces observations n’ont été publiées qu’au point de vue anatomique, les antécédents et les manifestations cliniques pendant la grossesse restant inconnus. Dans les quinze observations d'auteurs français depuis 1906, l’hydramnios est signalé huit fois, c’està-dire dans un peu plus de la moilié des cas.

L’excès de liquide est de volume variable ; souvent très abondant (observations de Marduel, de Voron, de Funck Brentano, de Plauchu, de Lepage), il est d’autres fois plus léger (Guéniot, Brindeau, Trillat). Généralement cet hydramnios a une évolution chronique sans manifestations aiguës. Pourtant, dans

er pe quelques cas, il se développe rapidement, avec symptômes parfois alarmants (dyspnée, phénomènes douloureux par dislènsion exagérée) nécessitant la rupture artificielle des membranes (observations de Funck Brenlano, Plauchu, Fruchinsholz, Lepage).

L’hydramnios serait, pour la plupart, causé directement par la tumeur troublant mécaniquement la circulation placentaire ou indirectement soit par la distension des capillaires, soit par la torsion du pédicule de celte tumeur, ce qu'il est impossible de préciser.

Pour Plauchu et Savy, l'hydramnios est difficilement explicable par la seule existence de la tumeur. Au contraire, une infection syphilitique du placenta le fait mieux comprendre, d'autant plus qu'il est accompagné très souvent d’une hypertrophie placentaire que la présence de la tumeur ne suffit pas ellemême à expliquer. ;

En effet, le poids du placenta est supérieur à la normale dans la moitié des cas environ. Voici quelques poids relevés dans les observations plus récentes: 1 700 grammes (enfant 1.240) Dienst — 750 grammes (enfant 3.600) Brindeau — 800 grammes (enfant 1310) Funck Brentano — 340 grammes (enfant 1.560) Plauchu — 780 grammes (enfant 1.700) Fruhinsholz “et Hoche — 825 grammes (enfant 2.050) Lepage =— 700 grammes (enfant 3.030) Trillat.

Les faits rapportés semblent montrer qu'il y a des cas très nets où on n’a pas trouvé d’autres causes que la tumeur à la présence de l’hydramnios. Mais

souvent ce symptôme n’a pas la même valeur puisqu'en même lemps que la tumeur on trouve une autre cause qui peut être prépondérante. Il est intéressant de signaler trois cas de grossesse gémellaire avec présence d’une tumeur placentaire où l’hydramnios s’observait sur un des œufs seulement, celui dont le placenta’ portait la tumeur (Briquel).

Dans Ja conception de Plauchu, tumeurs et hydramnios seraient le résultat d’une infection syphililique du placenta.

2° Le pronostic peut être envisagé au point de vue : a) de l’évolution de la grossesse ; b) de l’accouchement ; c) de la mère; d) de l’enfant.

a) Malgré la présence d’une semblable tumeur la grossesse peut être conduite à terme, compliquée ou non d'hydramnios. Cependant la lecture des observations nous montre que l’accouchement prématuré est assez fréquent. Briquel relève onze cas où l’accouchement s’est fait prématurément, mais le rôle de la tumeur ne semble pas intervenir nettement dans tous ces cas. Plus récemment nous trouvons l’accouchement prématuré signalé au 7° mois par Funck Brentano, par Plauchu, par Lepage, au 8° mois par Fruhinsholz.

b) L'accouchement et la délivrance sont normaux dans la plupart des cas. Néanmoins, principalement dans les cas d’hÿdramnios aigu, il a été quelquefois nécessaire de provoquer l'accouchement. Des hémorragies, ont pu nécessiter la délivrance ariificielle. Dans l'observation d’Anderodias il y eût adhérence

Page 1