CORPS ÉTRANGEUS DES MUSCLES
Les muscles, généralement aplatis ou d'un volume relativement peu gros, ne retiennent guère les corps étrangers. On n'a pas cité de cas de corps étrangers dans les muscles de la vie de relation.
Voici un fait de corps étranger enfermé dans la langue qui, par sa singularité, mérite d'être mentionné, et qui permet de juger comment les corps étrangers forment des tumeurs dans le tissu musculaire.
Une femme s'était présentée à M. le docteur Hébert de Tillières avec une tumeur ulcérée de la langue ayant les caractères d'un cancroïde. Le mal existait depuis trois mois et s'était développé à la suite de l'ouverture d'un petit bouton situé sur le côté de la langue. Il y avait uti ulcère à bords renversés et connue fbngueux, sur une base dure, et qui laissait écouler un li(juide ayant une mauvaise odeur.
Mais la malade disait s'être fait arracher, onze mois au(iaravant, une dent par un charlatan forain, qui avait blessé la langue en eUlevant une dent molaire. Le chirurgien a senti, par le toucher, un noyaU dur, et, à travers la fistule située au milieu de l'ulcère, il a introduit un stylet, et a perçu la sensation d'un choc contre un corps dur. Une incision a été faite et une couronne de dent molaire a été extraite du fond do la tumeur. La guérison a été rapide (i).
(1) Bulkliii de la Soc. de chir., 18oo, p. lUt
O fail montre lu difficulté qu'ont les corps olrangers à s'enkyster dans les muscles. En effet, les muscles (|u'il est impossible de cesser de mouvoir doivent entretenir une cause d'irritation qui gène la cicatrisation du tissu autour du corps étranger.
On voit encore comment il serait possible d'arriver au diagnostic, d'abord par la sensation d'un noyau dur dans le muscle et ensuite par le catliétérisrae d'une fistule à Paide d'un stylet.
Il y a des exemples de corps étrangers, tels que les aiguilles, qui traversent les muscles; mais ces corps ne produisent pas de désordres locaux et ne donnent pas lieu à des tumeurs. C'est ce qui a été vu chez la jeune Geneviève Pull, dont Sylvi a tracé Vhhloire dans \e Mercure de France, en 1721.