TUMEURS DES MUSCLES FORMÉS PAR DES CYSTICERQUES
Une observation existe de cysticerque des muscles ayant causé une tumeur appréciable pendant la vie. Trois faits observés sur des cadavres montrent que les cysticerques peuvent former une tumeur musculaire.
Il y a un plus grand nombre de cas où les cysticerques étaient comme infiltrés dans les muscles à l'état de petites vésicules isolées, ainsi que cela se voit chez les porcs ladres. On compte déjà un assez grand nombre de cysticerques dans les muscles de l'homme depuis Stembuch, Loschge et Laennec, Florman, Mascagni, Grève, Demarquay et Gervais, M. Cruvelhier et Gerlac (1). Lobslein, au dire de M. Cruveilhier, aurait vu des cysticerques dans les muscles de l'épaule d'un jeune homme (2). Le cœur même a été le siège d'entozoaires, d'après les obser-
(1) Voy. Davaine, Traité des entosoaires, Paris, 1860.
(2) Cruveilhier, l. II, p. 367.
valions de Morgagni, Rudolphi, Andral, Fcwal etLeudel (1), et cela prouve que, comme les hydatides, les cysticerques vivent bien dans le tissu musculaire.
Le fait vu sur le vivant appartient à Chabert, qui a observé un cyslicerque formant une tumeur sous la langue d'un enfant, et que ce médecin fait enlever par Chaumontel (2). La tumeur était petite et sa nature n'avait pas été reconnue.
Trois autopsies montrent que des tumeurs attachées à des muscles formaient une tumeur assez volumineuse pour être susceptible d'être reconnue sur le vivant.
Uupuytren dit dans ses Leçons orales (3) avoir trouvé un Cysticercus finmis dans un kyste ovoïde, long d'environ 8 lignes, fortement adhérent aux fibres musculaires du long péronier. Le kyste était tapissé par une matière jaunâtre assez semblable à de la fibrine du sang. La membrane d'enveloppe élait comme fibreuse. Dupuytren a décrit l'animal, et il s'agissait bien d'un cyslicerque.
A la Société de biologie, en 1852, M. Follin a montré {h) un kyste contenant des cysticerques et attaché à la face postérieure du muscle droit antérieur de l'abdomen.
Béraud (5) a vu sur un cadavre en dissection et examiné un kyste ovoïde, du volume d'un gros pois, situé sur le bord du néchisseur sublime. La vésicule contenait un corps blanchâtre du volume d'une grosse tète d'épingle, pourvu d'une tête, de quatre ventouses et d'une double couronne de crochets. Ce corps, considéré comme une échinocoque par Béraud, esl, aux yeux de M. Davaine, un cyslicerque.
Les cysticerques, à part le cyslicerque de la langue dont parle Rudolphi, n'ont pas été vus sur le vivant. Il n'y a donc pas lieu de faire l'histoire des tumeurs causées par des cysticerques.
Mais si l'on considère que les kystes formes par les ento-
(1) Davaine, loc. cil.
(2) Rhadolphi, Enlojorum historia, t. II, p. 230.
(3) Dupuylrrn, Leçons orales, t. III, p. 369.
(i) Follin, Mémoires do la Société de biologie, 1852, p. (j (5) Béraud, Gas. des hûp., 1857.
zoaires subissent des modificalions, ainsi (jue cola se voit (laiis l'observation de Dupuylren, on pourrait se demander si certains kystes que nous avons étudiés plus haut ne sont pas des IransCormatioiis ultérieures de poches de cysticerquc altérées.
Le seul enseignement que nous puissions tirer des faits est que les tumeur? formées par des cysticerqucs enkystés sont toujours Irès-petiles, et qu'elles n'ont pas été jusqu'ici trouvées enfermées dans un muscle.